Partenariat stratégique Russie - USA révolu
Les Russes sont très lucides sur la situation...
L'époque du partenariat stratégique Etats-Unis-Russie est révolue
Rossiskaïa gazeta
A l'échelle globale il n'y a pas d'hostilité entre les Etats-Unis et la Russie. La guerre froide est effectivement terminée. Mais, d'un autre côté, les propos tenus à Vilnius (Lituanie) par le vice-président américain, Richard Cheney, dans le cadre du sommet des chefs des Etats de la région de la Baltique et de la mer Noire indiquent que les relations américano-russes sont dépourvues de toute amitié. L'époque du partenariat stratégique et de la coalition Etats-Unis-Russie face au terrorisme international appartient bel et bien au passé, estime Alexandre Rar, expert du Comité allemand pour la politique étrangère.
Les dirigeants américains sont très soupçonneux à l'égard de la volonté de Moscou de redonner à la Russie son titre de superpuissance énergétique, parce qu'ils sont conscients qu'en cette qualité celle-ci serait fort capable de modifier le champ géopolitique en Europe et en Asie.
Washington a une hantise, celle de voir la Russie jouer un rôle de premier plan dans le règlement diplomatique des conflits régionaux concernant l'Iran ou les pays du Proche-Orient.
En outre, on voit poindre à l'horizon une nouvelle rivalité entre la Russie et les Etats-Unis dans l'espace post-soviétique. L'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est briguée maintenant par l'Ukraine, la Géorgie, la Moldavie et, peut-être, par l'Azerbaïdjan. La Russie ne peut pas percevoir cette évolution des événements autrement que comme son éviction de la région. Qui plus est, cela se produit justement à un moment où Washington devrait plutôt coopérer avec Moscou dans la lutte contre le terrorisme, ce qui est aujourd'hui bien plus important.
Le fait que l'élite politique russe se soit fixé pour objectif numéro un de renforcer l'Etat, de prévenir son délabrement et de créer des conditions de vie décentes et une économie de marché compétitive suscite des inquiétudes en Occident. Aujourd'hui en Russie ces idées sont désormais considérées comme prioritaires sur la liberté et la démocratie.
En ce qui concerne les conséquences concrètes du sommet de Vilnius, on peut dire sans grand risque de se tromper qu'il n'y aura pas de remake de la guerre froide. Tout d'abord parce que la Russie n'a pas renoncé à une coopération étroite et même à une intégration partielle avec le monde occidental, seulement à ses conditions et compte tenu de ses intérêts nationaux.
Sources : RIA NOVOSTI
Posté par Adriana Evangelizt