Cheney, lobbyiste courroucé
Energie: Cheney, lobbyiste courroucé
Nezavissimaïa gazeta - L'intérêt que les sociétés américaines portent aux matières premières russes fait corps avec les intérêts nationaux des Etats-Unis, ceux du Parti républicain et les préférences personnelles du vice-président Dick Cheney.
Faudrait-il s'étonner qu'il réagisse de façon aussi agressive à l'évolution de la situation politique en Russie? Peut-être l'élite dirigeante américaine n'est-elle pas indifférente au sort de la démocratie en Russie mais la colère de Cheney est tout d'abord celle d'un lobbyiste courroucé, écrit Dmitri Orlov, directeur général de l'Agence des communications politiques et économiques.
La stratégie énergétique russe jusqu'en 2020 a été élaborée en régime de "dialogue énergétique approfondi" entre Cheney et l'ancien premier ministre russe Mikhaïl Kassianov en septembre 2002. Les années passées n'ont pas changé les positions des négociateurs. Aujourd'hui comme avant, Kassianov trouve que 20 dollars le baril est un prix équitable pour la Russie tandis que Leonid Nevzline s'écrie avec emphase: "La Russie n'a qu'une chance de rester une grande puissance, c'est de devenir un partenaire à part entière des Etats-Unis et d'adopter l'échelle des valeurs américaine".
C'est sous l'influence de Cheney qu'a été mis au point le projet de Système d'oléoducs de Mourmansk pour lequel il n'y avait notoirement pas assez de pétrole ni de pétroliers de gros tonnage. En ce qui concerne le projet de Consortium d'oléoducs de la Caspienne (KTK) dont Cheney a également assuré le suivi, George Bush a déclaré lui-même: "Le projet KTK favorise la réalisation de la stratégie énergétique nationale de mon administration en développant le réseau des nombreuses canalisations caspiennes. Ces projets aideront à diversifier l'approvisionnement en énergie des Etats-Unis". L'apothéose du "dialogue énergétique approfondi" a été l'accord du gouvernement russe pour vendre en automne 2003 la minorité de blocage de l'alliance Ioukos-Sibneft au groupe américain Exxon Mobil.
Cette politique ne pouvait pas durer sans conduire à la perte de la souveraineté économique nationale de la Russie. Aujourd'hui, les principaux projets de transport de pétrole (Sibérie orientale - Pacifique, Khariaga-Indiga et Système d'oléoducs de la Baltique) sont contrôlés par l'Etat. La politique énergétique de la Russie diffère de façon radicale de celle de la période 2001-2003. Mais elle n'est pas fondée sur l'intimidation et le chantage, comme l'affirme Cheney, mais sur les intérêts économiques réels de la Russie. Il en est ainsi sur le marché intérieur, dans l'espace de la CEI et dans le reste du monde.
Sources : Ria Novosti
Posté par Adriana Evangelizt