Les Américains jubilent
Alors quoi de neuf docteur ? Rien. Hormis que pour complaire aux Russes et aux Chinois, les USA ont exclus les frappes militaires contre l'Iran... mais quand on connait leur sens de l'honneur et la valeur de leur parole donnée, on se dit qu'il vaut mieux rester vigilant. Tel qu'on connait ses saints, on les honore...
Nucléaire : les Américains forts du front uni des Grands face aux Iraniens
L'Iran devra suspendre l'enrichissement d'uranium ou choisir la voie de la confrontation avec les Européens, les Américains, les Russes et les Chinois, qui ont décidé jeudi soir de lui opposer un front uni.
Les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) et l'Allemagne ont exclu à Vienne "le recours à la force militaire" contre l'Iran "quelles que soient les circonstances", a toutefois assuré vendredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.
Ces derniers mois, le président George W. Bush a refusé d'écarter l'option militaire s'il s'agit d'empêcher l'Iran d'avoir la bombe et de protéger les alliés des Etats-Unis.
Les Etats-Unis ont exprimé leur satisfaction. Ils avaient donné une dynamique nouvelle à la crise en proposant mercredi un dialogue direct aux côtés des Européens à l'Iran, pays jusqu'ici honni par l'administration Bush, mais après un retour au moratoire sur l'enrichissement.
Il s'agit d'une condition "non négociable", a souligné vendredi le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow.
Selon lui, les Européens présenteront "dans les prochains jours" le contenu des propositions incitatives et dissuasives.
Cette offre des grandes puissances doit d'abord être transmise aux Iraniens.
Toutefois, selon M. Lavrov, qui presse Téhéran à négocier, elles concernent trois volets : programme nucléaire iranien, coopération économique et garanties de sécurité
Les Américains ont maintenu leur offre de discussions directes sous conditions, bien que le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, l'ait apparemment rejetée.
"Ce qui compte vraiment", c'est que Téhéran "ne réagisse pas de façon définitive avant d'avoir vu l'ensemble de mesures", a déclaré un haut responsable.
La brève déclaration commune de Vienne, peaufinée pendant plusieurs heures, manie la carotte et le bâton.
Elle offre "une série de propositions de grande portée" et "des négociations si l'Iran en revient à la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement".
Sinon, "d'autres mesures devront être entreprises au Conseil de sécurité", a déclaré au nom des Six la ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett.
Elle faisait ainsi allusion à des sanctions, mais sans employer ce mot qui déplait aux Russes et au Chinois.
"Fondamentalement rien n'a changé à Vienne jeudi" et "nous restons dans le monde de l'ambiguité", a cependant estimé, sceptique, le politologue Dominique Moïsi, jugeant "les risques d'intervention militaire à terme peut-être aussi grands qu'hier".
"C'est une victoire diplomatique pour les Américains", affaiblis, qui veulent démontrer au monde leur volonté de négocier, et "une satisfaction symbolique pour les Iraniens", a déclaré à l'AFP ce responsable de l'Institut français des relations internationales (IFRI),
Mais, selon M. Moïsi, "les Iraniens considèrent qu'ils ont absolument droit à une arme nucléaire que possèdent les Pakistanais, les Israéliens" et se pensent "irrésistibles avec le prix du pétrole, l'Irak (...) plus ce qu'ils ressentent comme une division très forte de la communauté internationale".
Le pouvoir iranien n'avait pas encore réagi officiellement vendredi à l'accord de Vienne.
Mais, selon un dignitaire religieux, l'hodjatoleslam Ahmad Khatami, l'Iran est prêt "à payer le prix fort pour défendre" ses droits en matière nucléaire.
L'Iran pourrait disposer de l'arme nucléaire dès 2010, a affirmé vendredi le directeur du renseignement américain John Negroponte à la BBC, mettant en garde contre un pays qui selon lui reste "le principal Etat parrain du terrorisme dans le monde".
Le projet préparé par l'UE3 pour la réunion de Vienne prévoyait d'offrir à l'Iran une coopération commerciale, technologique et sécuritaire - dont l'aide à l'acquisition d'un réacteur à eau légère, mais aussi des sanctions, allant d'un embargo sur les armes à un gel des avoirs de personnalités et d'organisations liées au régime islamique.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt