Bush dans les cordes

Publié le par Adriana Evangelizt

Bush dans les cordes

par Jocelyn Coulon

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Lundi soir, sur toutes les chaînes de télévision, le président américain George W. Bush a lancé un vibrant appel au règlement de l’explosive question de la réforme de l’immigration. À cette occasion, il a prononcé un discours émouvant, affirmant la nécessité et de faire respecter les lois et de tendre la main aux millions d’immigrants illégaux afin de les accueillir au sein de la famille américaine. Sur un sujet où la démagogie l’emporte trop souvent sur la raison, le président a fait preuve de modération et d’ouverture. C’est tout à son honneur. Toutefois, si Bush espère avec ce discours redorer sa présidence, il est trop tard. Et il en porte une partie de la responsabilité.

Depuis quarante ans, ni les gouvernements, ni les élus au Congrès n’ont fait quoi que ce soit pour mettre en oeuvre les lois existantes afin d’exercer un contrôle plus strict sur l’immigration. Tous les plans visant à renforcer la frontière avec le Mexique, à augmenter le nombre de patrouilleurs, à émettre des documents à l’épreuve de la contrefaçon, à punir les employeurs trop heureux d’engager des travailleurs à bas salaires, ont échoué. Malgré cela, l’immigration illégale ne soulevait guère de passions. Tous y trouvaient leur compte.

Le 11 septembre- eh oui, encore lui- a changé les choses. La sécurité du territoire et des Américains est devenue la priorité numéro un de l’administration, et celle-ci ne s’est pas gênée pour entretenir la peur et l’hystérie sur la question. Dans ce climat délétère, l’étranger fait figure de suspect, la frontière retrouve son statut de première ligne de défense du pays. Il n’en fallait pas plus pour que la droite ultraconservatrice, certains citoyens effrayés et des animateurs de télévision excités se saisissent de la question de l’immigration et transforment les illégaux en criminels, en voleurs d’emplois et, parfois, en terroristes potentiels. L’administration Bush a laissé filer ce train à vive allure sans s’assurer d’en contrôler les freins. Résultat : la Maison-Blanche se retrouve plongée dans une crise dont elle est en grande partie responsable.

Une série de bévues

Le président a perdu le contrôle des forces qu’il a déchaînées, et l’atmosphère qu’il a créée dans le pays au lendemain des attaques terroristes ne se prête pas au compromis et à l’accommodement. En effet, à quelques mois des élections législatives, les républicains craignent la débâcle et sont prêts à torpiller un président, devenu le plus impopulaire et le plus détesté depuis Richard Nixon. La droite la plus dure, celle sur laquelle le Parti républicain compte pour remporter les élections siège par siège, État par État, promet déjà une bataille épique contre les propositions présidentielles. Chacun veut sauver sa peau, et personne n’écoute, même lorsque l’autre a quelque chose d’intelligent à dire.

Le président est déjà un canard boiteux, et l’immigration n’est pas la seule question qui lui a fait perdre pied. On est souvent responsable de son propre malheur, et Bush plus que d’autres. Ce président, élu sur la promesse d’instaurer la sincérité, la compassion et la transparence à Washington, a fait tout le contraire. La guerre contre l’Irak est devenue le symbole du mensonge, de la duplicité et des coups fourrés. Les Américains ne croient plus aux bulletins lénifiants produits par les officines de propagande de la Maison-Blanche sur l’amélioration de la situation en Irak.

Ils voient plutôt leurs soldats s’enfoncer dans une guerre civile, niée par le président, mais bien réelle : pour le seul mois d’avril, et pour la seule ville de Bagdad, les autorités irakiennes ont ramassé 1000 cadavres d’Irakiens froidement exécutés par des milices. Ils sont révoltés par l’incurie du gouvernement à porter secours aux plus déshérités de la Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina. Ils sont de plus en plus mal à l’aise face aux différents programmes d’écoute électronique censés lutter contre le terrorisme, mais dont les mécanismes peuvent aussi servir à espionner des citoyens en colère contre la guerre en Irak ou des journalistes un peu trop curieux. On a vu ce genre de dérives lors de la guerre du Vietnam.

Les porte-parole de l’administration peuvent bien vanter les aspects positifs du gouvernement Bush, le président lui-même peut bien s’époumoner sur toutes les tribunes afin de défendre ses réalisations, rien n’y fait. L’électorat est, à tort ou à raison, furieux. Il considère le président malhonnête et ne lui fait plus confiance pour exercer un leadership adéquat sur des questions aussi essentielles que la dépendance du pays envers le pétrole du Proche-Orient, la réforme de la sécurité sociale, la guerre en Irak et contre le terrorisme, l’énorme déficit budgétaire, la corruption au sein de son parti.

Le discours sur l’immigration ne changera pas la donne. En fait, il sera bientôt relégué aux oubliettes lorsque la saison des ouragans fera sentir ses effets sur les côtes du pays et lorsque le naufrage en Irak retrouvera la première place des manchettes. Dans ces circonstances, on voit mal comment les républicains pourront éviter une défaite aux élections législatives de novembre prochain.

Sources : Cerium

Posté par Adriana Evangelizt

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M
Rejouissons nous de cette défaite annoncée des néocons américains aux prochaines élections qu'ils méritent largement et espérons qu'elle servira de bandes annonces aux apprentis néocons français (la bande à Sarkozy, etc ....) et autres européens notament de l'est qui voudraient eux aussi nous entraîner dans les voies de l'ultra-libéralisme et de l'illégalité internationale (soutien aux forces sionistes et bellicistes de l'Otan, etc ...),, imposition des OGM comme hier des farines animales, etc...<br />  <br /> Il faut espérer que ce retour du balancier entraînera nos apprentis sorciers européens  dans le même échec que l'équipe néocons de Bush, mais encore faudra-t il probablement compter avec la réaction des grands  banquiers internationaux (les vrais boss !) qui n'ont probablement pas encore dit leur dernier mot !
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