L'Iran ne cèdera pas aux menaces et pots de vin
La réaction de l'Iran était bien sûr à prévoir. Et les propos de l'ayatollah Khamenei laissent même entrevoir que les USA et leurs quatre ou cinq alliés ont le reste du monde contre eux y compris les Européens qui font bonne figure par devant mais n'en pensent pas moins par derrière.
Nucléaire: l'Iran ne doit pas céder face aux menaces et pots-de-vin selon Khamenei
TEHERAN (AFP) - Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a rejeté implicitement dimanche l'offre des grandes puissances visant à ce que l'Iran suspende l'enrichissement d'uranium, jugeant que Téhéran ne devait pas céder sur ses "avancées scientifiques" face aux "menaces" et "pots-de-vin".
"Nous avons accompli de nombreuses avancées scientifiques (...) et nous ne devrions pas céder cette ressource précieuse face aux menaces des ennemis et ne devrions pas être dupés par les pots-de-vin de l'ennemi", a dit la plus haute autorité de l'Etat, dans un discours retransmis par la télévision.
Il a de nouveau brandi une possible utilisation de l'arme du pétrole en représailles à une éventuelle action américaine contre son pays.
"Si vous faites une seule erreur au sujet de l'Iran, l'approvisionnement en énergie sera certainement en danger sérieux", a déclaré l'ayatollah.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a minimisé le danger, estimant "qu'il ne faut pas trop donner d'importance à ce type de menace (...) car après tout l'Iran est aussi très dépendant des revenus pétroliers", dans des déclarations à la chaîne américaine Fox News.
Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne se sont accordés jeudi sur une offre à l'Iran, visant à le convaincre de suspendre son enrichissement d'uranium.
Cette offre, dont le contenu n'a pas été rendu public, doit être transmise en personne à la direction iranienne par le Haut représentant de l'Union européenne (UE) pour la politique extérieure, Javier Solana.
Ce dernier est en visite en Israël et dans les territoires palestiniens à partir de dimanche soir jusqu'à mardi.
Mais dès samedi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que la question de l'enrichissement d'uranium n'était pas négociable, même si Téhéran restait prêt à examiner les propositions des grandes puissances.
Mme Rice a là encore minimisé cette réaction, ainsi que celle de l'ayatollah Khamenei.
"Nous comprenons qu'il faudra un peu de temps à l'Iran pour évaluer la situation", a-t-elle dit, ajoutant cependant que "nous ne permettrons pas à l'Iran de faire traîner les choses".
L'offre des grandes puissances contiendrait des mesures incitatives, mais aussi des mesures ultérieures contraignantes du Conseil de sécurité de l'ONU en cas de rejet par les Iraniens.
L'ayatollah Khamenei a semblé y faire référence en parlant des "pots-de-vin" et des "menaces".
Evoquant cette dernière perspective, il a averti que "quiconque menace nos intérêts constatera la dureté de notre colère".
Il a aussi mis en doute l'unité de la communauté internationale pour contraindre l'Iran à suspendre ses activités sensibles.
"Il n'y a pas de consensus contre l'Iran", selon lui, car la pression sur la République islamique est le fait "seulement des Américains et leurs alliés".
L'Iran peut compter sur le soutien du mouvement des non-alignés et des pays de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), a-t-il assuré.
A ce sujet, il a fait référence aux Européens, en expliquant que "même ceux qui agissent en médiateurs et reprennent sous la pression les positions américaines nous disent en secret qu'ils ne croient pas à cette existence" d'un consensus.
L'Iran semble encore parier sur des divergences d'intérêts entre les Etats-Unis d'une part, et les Européens et les Russes d'autre part.
"Nous avons de bonnes et saines relations avec l'Europe, et dans un futur proche, parce qu'ils ont besoin de notre gaz, ces relations seront encore meilleures", a-t-il estimé.
Quant à la Russie, il a jugé que l'Iran partageait avec elle "des intérêts communs", notamment dans son opposition aux Américains.
Sources : Yahoo fr
Posté par Adriana Evangelizt