Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad

Publié le par Adriana Evangelizt

Comme vous pourrez le constater, les pouvoirs de Mahmoud Amadinejad sont très limités. Alors bien sûr, il parle, il lance des polémiques, il stigmatise Israël mais il ne peut pas faire grand-chose de plus et, en tout cas, ce n'est pas lui qui possède la possibilité d'appuyer sur le bouton comme Chirac, en France, par exemple...

Le pouvoir de Mahmoud Amadinejad

par Jean-Philippe Miginiac

 

Les paroles incendiaires et définitives du Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, font depuis bientôt un an la une de la presse internationale et leur rhétorique rythme les comptes-rendus journalistiques et académiques des confrontations Iran-Europe et Iran-Etats-Unis sur le dossier nucléaire. Mahmoud Ahmadinejad n’est pourtant pas en charge des politiques étrangères, de sécurité et nucléaire de l’Iran et ses paroles extrêmes ne doivent pas masquer les positions plus nuancées des véritables pouvoirs encore en charge à Téhéran.

C’est en effet le " Guide suprême " iranien, l’Ayatollah Ali Khameini, qui prends les décisions ultimes en matière de sécurité et de politique étrangère, incluant la politique nucléaire iranienne, étant toutefois lié au consensus du " Conseil Suprême de Sécurité Nationale " qui détermine les politiques de sécurité et de défense nationale dans le cadre fixé par le Guide Suprême et dont le Secrétaire, Ali Larijani, est nommé par le Guide Suprême et ne réponds qu’à lui. C’est d’ailleurs Ali Larijani qui est en charge des négociations avec la communauté internationale concernant le dossier nucléaire, et non Mahmoud Ahmadinejad, et ce dernier ne dispose pas de la majorité des voix des douze membres du Conseil de Sécurité iranien.

Ali Akbar Rafsandjani, numéro deux du régime, Ali Larijani, tout comme le Dr Hasan Rowhani, autre membre du Conseil de Sécurité iranien également nommé par l’Ayatollah Ali Khameini, ou Javad Zarif, représentant iranien à l'ONU, ont récemment multiplié les signaux indiquant que l’Ayatollah Ali Khameini souhaitait des négociations directes avec
Washington sur le dossier nucléaire. Le Président " élu " Mahmoud Ahmadinejad n’a donc certainement pas les pouvoirs de ses menaces et il n’est, pour s’en convaincre, que de rappeler que le système institutionnel iranien combine les éléments d’une théocratie islamique, dont n’est pas Mahmoud Ahmadinejad, avec un semblant de démocratie. Un réseau d’institutions non-élues, dominé par le pouvoir tout puissant d’un " Guide Suprême " est contrebalancé par un Président et un Parlement élus par le peuple mais dont les pouvoirs sont fortement limités.

A la tête de l’Etat est en effet le " Guide suprême ", membre premier de la théocratie islamique et des institutions élues ou non élues qui dirigent l’Iran. Son rôle constitutionnel est fondé sur les idées de l’Ayatollah Khomeini qui l’a placé au sommet de la structure du pouvoir. Le Guide Suprême, actuellement l’Ayatollah Ali Khameini, désigne et nomme les membres du " Conseil chargé de la sauvegarde des intérêts supérieurs du régime " (appelé aussi le Conseil de discernement ou Expediency Council), la tête du " Pouvoir Judiciaire ", six des membres du très puissant " Conseil des Gardiens ", le Secrétaire du " Conseil Suprême de Sécurité Nationale ", les Commandants de l’ensemble des " Forces Armées ", les Chefs de la Prière du Vendredi et les Dirigeants de la Radio et de la Télévision. Il confirme également le Président élu. Le Guide Suprême est choisi par le " Conseil des Experts " parmi ses membres...

La version complète de cette analyse est accessible sur Stratégic Road moyennant 5,90 euros.

Sources : Stratégie Road

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité

Publié dans IRAN

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article