General Motors et Ford pourvoyeurs des nazis

Publié le par Adriana Evangelizt

Merci donc  aux USA et plus particulièrement aux entreprises américaines tel que Ford et Général Motors d'avoir fourni les véhicules et l'armement à l'Allemagne nazie... sans cette aide précieuse, Hitler n'aurait jamais pu envahir l'Europe... oui merci aux USA pour tous nos parents et ascendants résistants qui ont fini en camp. Nous ne sommes pas comme les sionistes, nous ! Nous n'avons pas la mémoire courte.

Quand General Motors et Ford alimentaient la machine de guerre nazie

par Michael Dobbs


The Washington Post

Dans le sillage de l'affaire des banques suisses, un groupe d'avocats américains s'apprêtent à attaquer les deux constructeurs pour la collaboration de leurs filiales allemandes avec le régime nazi. Voici l'article très remarqué dans lequel le "Washington Post" fait état des soupçons qui pèsent sur ces deux entreprises.

Trois ans après le déclenchement du scandale sur les banques suisses et leurs tractations financières avec l'Allemagne nazie, c'est au tour des grands constructeurs automobiles américains de se trouver au coeur d'un débat semblable. Comme les banques suisses, les constructeurs américains nient avec vigueur avoir alimenté la machine de guerre nazie. Ils réfutent aussi l'idée qu'ils aient pu profiter amplement de la main-d'oeuvre déportée dans leurs filiales allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais les historiens et les avocats qui préparent des actions en justice au nom d'anciens prisonniers de guerre font tout pour recueillir des preuves de la collaboration entre ces entreprises et les nazis.

 
Pour les constructeurs, l'affaire dépasse de loin les sommes que leur coûtera le règlement de ces procès. Pendant la guerre, ils avaient acquis la réputation d'être "l'arsenal de la démocratie" en transformant leurs chaînes de montage pour produire des avions, des chars et des camions pour les armées qui ont vaincu Adolf Hitler. Ils nient que leurs énormes intérêts commerciaux en Allemagne nazie les aient, volontairement ou non, amenés à devenir aussi "l'arsenal du fascisme". Ford a mobilisé des dizaines d'historiens, de juristes et de chercheurs pour se battre contre des avocats de Washington et de New York spécialisés dans l'obtention de compensations substantielles de la part de banques et de compagnies d'assurances accusées d'avoir floué des victimes de l'Holocauste. En outre, un livre dont la publication est prévue pour l'an prochain accuse General Motors (GM) d'avoir joué un rôle capital dans l'invasion par Hitler de la Pologne, puis de l'Union soviétique. "General Motors a été nettement plus important pour la machine de guerre nazie que la Suisse", déclare Bradford Snell, qui a passé vingt ans à étudier l'histoire du plus grand constructeur automobile du monde. "La Suisse ne servait qu'à déposer le butin des pillages. Tandis que GM faisait partie intégrante de l'effort de guerre allemand. Les nazis auraient pu envahir la Pologne et la Russie sans la Suisse, mais pas sans GM."

GM et Ford contrôlaient 70 % du marché automobile allemand

General Motors et Ford assurent qu'ils ont peu de responsabilité, ou même aucune, dans les opérations effectuées par leurs filiales allemandes, qui contrôlaient 70 % du marché automobile allemand quand la guerre a éclaté, en 1939, et se sont rapidement métamorphosées en fournisseurs de matériel de guerre de l'armée allemande. Mais les documents découverts dans les archives allemandes et américaines donnent une image nettement plus complexe. Dans certains cas, les patrons américains de GM et de Ford ont donné leur accord à la conversion militaire de leurs usines allemandes alors qu'au même moment ils refusaient encore d'accéder à la demande de l'administration Roosevelt d'augmenter la production militaire dans leurs usines américaines.


En 1974, certaines des accusations contre GM et Ford avaient déjà été évoquées lors des auditions au Congrès sur les pratiques monopolistiques du secteur automobile. Mais les grands groupes américains avaient réussi à dissimuler l'essentiel de leurs connexions avec l'Allemagne nazie. Comme dans le cas de la Suisse, leurs détracteurs retournent aujourd'hui contre eux l'image lisse de patriotisme qu'ils avaient su faire passer.
Ford et GM ont refusé de donner libre accès à leurs archives de l'époque de la guerre. John Spellich, porte-parole de Ford, a défendu la décision de son entreprise de maintenir ses liens commerciaux avec l'Allemagne de Hitler en arguant du fait que le gouvernement américain avait continué à entretenir des relations diplomatiques avec Berlin jusqu'à Pearl Harbor, en décembre 1941. John Mueller, représentant de GM, a quant à lui déclaré que sa société avait perdu tout contrôle sur le fonctionnement au jour le jour des usines allemandes dès septembre 1939 et qu'elle "n'avait aidé les nazis en aucune façon pendant la Seconde Guerre mondiale".


Une stratégie consciente des relations commerciales avec les nazis

Quand les troupes américaines ont débarqué en Europe, en juin 1944, ce fut à bord de Jeep, de camions et de chars fabriqués par les trois grands constructeurs de Detroit dans le cadre du plus gigantesque programme de militarisation de l'industrie jamais lancé. Il leur fut particulièrement désagréable de s'apercevoir que l'ennemi aussi conduisait des camions produits par Ford et Adam Opel AG, filiale détenue à 100 % par GM, et volait dans des avions motorisés par Opel. Chrysler, en revanche, a joué un rôle nettement moindre dans le réarmement allemand.

Quand l'armée américaine s'est emparée des usines Ford à Cologne, les soldats ont libéré de malheureux travailleurs étrangers déportés, détenus dans des camps ceinturés de barbelés. Ils ont également trouvé des documents du groupe vantant le "génie du Führer", à en croire les rapports des hommes qui les ont trouvés. Henry Schneider, par exemple, a remis un rapport daté du 5 septembre 1945 accusant la branche allemande de Ford d'avoir servi d'"arsenal du nazisme, au moins pour les véhicules militaires", avec le "consentement" de la société mère du Michigan.


M. Spellich considère que le rapport Schneider donne "une représentation fausse" des activités de la société mère américaine et signale que les Allemands tenaient souvent leurs supérieurs américains dans l'ignorance de ce qui se passait à Cologne. Les relations de Ford et GM avec l'Allemagne nazie remontent aux années 20 et 30, quand les géants de l'automobile s'étaient affrontés pour accéder au juteux marché allemand. Leur rôle ne s'est pas cantonné à la production de camions pour l'armée allemande. Le rapport Schneider, que les historiens peuvent désormais consulter aux Archives nationales, affirme que la maison mère de Ford avait accepté un accord de troc alambiqué permettant au Reich de recevoir des matières premières stratégiques en grandes quantités, en particulier du caoutchouc. Bradford Snell, l'historien de l'automobile américaine, raconte que le patron de l'armement nazi, Albert Speer, lui aurait dit en 1977 que Hitler "n'aurait jamais envisagé d'envahir la Pologne" sans la technologie des carburants de synthèse fournie par GM.


La guerre approchant, les groupes américains comme GM et Ford ont éprouvé de plus en plus de difficultés à travailler en Allemagne sans collaborer étroitement avec le programme de réarmement nazi. Selon certains documents, les sociétés mères ont appliqué une stratégie consciente de relations commerciales avec les nazis plutôt que de perdre leurs actifs en Allemagne. Moins de trois semaines après l'occupation de la Tchécoslovaquie par les Allemands, en mars 1939, Alfred P. Sloan, président de GM, défendait sa stratégie comme étant saine sur le plan commercial, étant donné que les opérations de sa société en Allemagne étaient "hautement rentables". "La direction de General Motors ne doit pas se soucier" de la politique intérieure de l'Allemagne nazie, écrivait-il le 6 avril 1939 à un actionnaire inquiet. Dans ce pays, "nous devons nous comporter comme une entreprise allemande".

Sources : Courrier International

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Un pouvoir fasciste

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