L'Alliance atlantique, le bras armé des Etats-Unis
Encore un article de 1999 mais qui garde toute sa fraîcheur d'actualité et qui permet surtout de comprendre dans quel piège nous ont enferré ceux qui nous gouvernent. Le premier test pour l'OTAN fut donc la Yougoslavie. Et ce malgré l'opposition de la Chine et de la Russie... ce qui nous permet d'envisager ce qu'il en sera pour l'Iran s'il refuse de se conformer aux exigences surtout étatsuniennes. Il nous est même permis de penser que son installation en Afghanistan n'est pas fortuite car une des frontières iraniennes est commune à ce pays. On installe donc d'abord la machinerie en faisant croire que l'on veut se débarrasser des talibans mais... on voit beaucoup plus loin. D'autant que le temps presse...
L'Alliance Atllantique, cadre de l'hégémonie américaine
par Paul Marie de la Gorce
CONDAMNÉE par la Russie et la Chine, menée en dehors du cadre des Nations unies, la guerre contre la Serbie déclenchée par l’OTAN a confirmé le nouveau rôle que joue désormais l’Alliance atlantique. Pour la première fois de son histoire, l’organisation intervient directement dans les affaires intérieures d’un pays souverain, au moment même où elle s’élargit à l’Est. Plus que jamais, l’Alliance atlantique, qui a survécu à sa mission première - faire face à la « menace soviétique » - reste l’instrument de l’hégémonie américaine en Europe.
Que l’on puisse célébrer, en ce mois d’avril 1999, le cinquantième anniversaire de l’Alliance atlantique - ainsi que de son organisation politique et militaire, l’OTAN - suffirait à caractériser le cours actuel des relations internationales. Conçue pour faire face à la menace, réelle ou supposée, de l’Union soviétique et du camp de l’Est, elle a, de manière inattendue, survécu à leur disparition, comme si l’exceptionnel changement historique intervenu entre 1989 et 1991, ainsi que la fin de la guerre froide n’enlevaient rien à sa nécessité.
Instrument privilégié de prépondérance des Etats-Unis au sein du camp occidental, l’alliance a été préservée et la politique américaine a fait en sorte de la conserver tout en l’adaptant.
Aucune objection au maintien de l’OTAN n’est apparue du côté européen, si ce n’est quelques voix isolées en France, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles n’ont pas été écoutées. Au contraire, les courants politiques prépondérants sur le Vieux Continent furent unanimement favorables à la pérennité du système atlantique. Quant aux Etats-Unis, personne n’y remit en cause l’obligation de préserver le leadership américain ni l’importance que l’organisation garderait pour l’assurer dans l’avenir comme dans le passé.
L’un des textes les plus significatifs à cet égard fut celui adopté dès le sommet des pays membres de l’OTAN à Rome, les 7 et 8 novembre 1991, qui évoquait les deux conclusions à tirer de l’effondrement du pacte de Varsovie. « La première est que la nouveauté de cet environnement n’affecte ni l’objet ni les fonctions de sécurité de l’Alliance, mais en fait ressortir la permanente validité. La seconde est que ce nouvel environnement offre en revanche à l’Alliance de nouvelles occasions d’inscrire sa stratégie dans le cadre d’une conception élargie de la sécurité. » Dès lors, on pouvait prévoir que l’avenir du système atlantique ainsi que la place qu’y occuperait l’Europe dépendraient d’abord des conceptions stratégiques adoptées par les Etats-Unis.
La volonté commune des responsables américains, après la fin de la guerre froide, sous l’administration du président George Bush comme sous celle du président William Clinton, était d’assurer le maintien des Etats-Unis à leur rang de superpuissance unique et d’empêcher la résurgence d’une puissance rivale analogue à ce que l’Union soviétique avait été après la seconde guerre mondiale. Ils pouvaient exclure un retour à une confrontation Est-Ouest mais, en revanche, ils devaient prendre en compte l’apparition de vastes zones d’insécurité et d’instabilité. Le bouleversement des frontières et la chute des régimes établis dans toute la partie du monde s’étendant de l’Adriatique jusqu’aux frontières de Chine laissaient entrevoir d’innombrables crises, ou même des conflits armés, sans que l’on en connaisse à l’avance les dimensions ni s’il faudrait y intervenir.
La réflexion stratégique américaine a donc conduit d’abord à modifier les hypothèses retenues auparavant : après être passé du concept de « deux conflits et demi » - une guerre contre l’URSS, une guerre contre la Chine et un conflit régional - à celui de « une guerre et demie » au temps du gouvernement de Richard Nixon - une guerre contre l’URSS ou la Chine et un conflit régional -, on en est venu à une gamme nouvelle de missions à remplir (1). Elles sont au nombre de quatre : l’éventualité de deux conflits régionaux d’une dimension comparable à celle de la guerre du Golfe ; une opération dite « humanitaire » de grande envergure ; le pré-positionnement nécessaire de moyens militaires suffisants dans les zones de crise ou pouvant être projetés à grande distance ; l’emploi permanent de moyens de renseignement et d’observation correspondant à la multiplication probable des crises, y compris celles suscitées par des actions dites « subversives » ou « terroristes ».
De ces choix résulta une « révision de fond en comble » - bottom-up-review, suivant l’expression américaine - de la répartition des forces sur les différents théâtres d’opération éventuels et sur les nouveaux axes de l’effort militaire des Etats-Unis. Simultanément, les états-majors américains adoptaient le principe d’une « révolution dans les affaires militaires » qui, au prix de l’exagération du vocabulaire et moyennant une part d’utopie ou, au moins, de futurisme, voulait intégrer dans la nouvelle génération des armements les progrès faits en matière de communication, d’observation, d’information et de précision des armes conventionnelles (2).
Mis à part l’arsenal nucléaire stratégique destiné à dissuader tout éventuel agresseur menaçant les intérêts vitaux des Etats-Unis - la Russie n’étant plus désignée d’avance comme ennemie -, les forces américaines ont été, dès lors, réparties entre :
- une « force Atlantique » déployée à partir des bases de Norfolk jusque sur le théâtre européen, en Méditerranée, au Proche-Orient et dans le Golfe ;
- une « force Pacifique » concentrée sur le Japon et la Corée et dont la mission est d’équilibrer la puissance conventionnelle et nucléaire chinoise, de compenser les limitations de la puissance militaire japonaise, de surveiller les crises éventuelles de l’Extrême-Orient russe et de faire échec à d’éventuelles entreprises militaires - y compris balistiques et nucléaires - de la Corée du Nord ;
- et enfin une « force d’urgence » susceptible d’intervenir sur l’un ou l’autre des théâtres d’opération que la stratégie américaine a désormais privilégiés.
Ce sont ces conceptions qui ont inspiré les changements intervenus dans les concepts stratégiques et la structure des forces de l’OTAN. Tous les scénarios de conflit avec l’Union soviétique et ses alliés, prévoyant l’emploi éventuel d’armes nucléaires tactiques en renfort ou en complément des forces conventionnelles, conformément à la stratégie de « riposte graduée », ont été abandonnés. De même le concept de following on forces attack, imaginé par le général Bernard Rogers au temps où il était commandant suprême des forces alliées en Europe (1979-1987) - et qui prévoyait des frappes avancées et des contre-offensives terrestres sur toute la profondeur du théâtre d’opération ennemi, a été abandonné au profit de celui de joint precision interdiction mis au point par le général John R. Galvin, son successeur, qui envisage des actions plus précises et plus concentrées sur des théâtres plus diversifiés.
Tout, au fond, a été fait pour privilégier l’hypothèse d’opérations extérieures, qui supposait une autre structure des forces de l’OTAN. Elles devaient comporter désormais, d’une part, une force de réaction rapide de 100 000 hommes beaucoup plus étroitement intégrée - au niveau de la brigade pour les contingents européens -, et dont la couverture aérienne est entièrement américaine, et, d’autre part, une force de défense principale composée de sept corps blindés et, au total, de 500 000 hommes venant de tous les pays membres de l’OTAN, et de renforts issus des réserves américaines. L’essentiel est, ici, la capacité de projection vers l’extérieur mais aussi l’intégration accentuée de ces forces, comme l’avait prévu le sommet de Rome de novembre 1991, dont la déclaration finale annonçait que « le dispositif de défense collective [de l’Alliance] reposera de plus en plus sur la formation d’unités multinationales ».
Les mêmes préoccupations de cohésion de l’OTAN et de prépondérance des Etats-Unis ont conduit Washington à éviter que se constitue un système européen de défense indépendant de l’organisation. Le président François Mitterrand avait suggéré que les Etats européens membres de l’Alliance mettent sur pied une organisation de défense dont ils seraient seuls responsables mais qui resterait associée à l’OTAN. Sa proposition, soutenue avec réserve par l’Allemagne, fut rejetée par tous les autres partenaires européens de la France à la conférence de Rome. Mais le projet ne fut pas abandonné : il s’inscrivait dans la perspective ouverte par le traité de Maastricht qui, dans son titre V, prévoit, sans en fixer l’échéance ni en définir les modalités, un système européen de défense dont il est dit qu’il devra être « compatible » avec les exigences de l’organisation militaire atlantique et de sa stratégie.
Pour y parvenir, le président Jacques Chirac accepta que ce système soit situé au sein de l’OTAN. Mais il apparut qu’ainsi le système européen de défense allait dépendre étroitement des mécanismes de l’organisation militaire atlantique, d’autant plus que les partenaires de la France ne souhaitaient nullement s’en éloigner. En juin 1996, à Berlin, on se mit donc d’accord sur la formation de groupements de forces multinationaux (GFIM) au sein de l’OTAN, qui seraient sous commandement européen, pourraient être rattachés à l’Union européenne occidentale (UEO) et agir sans participation américaine. Mais ces GFIM européens ne pourront être employés que moyennant l’accord préalable des instances de l’OTAN, c’est-à-dire en pratique de Washington. Par ailleurs, ils utiliseront ses infrastructures et sa logistique et dépendront par conséquent de l’aide qu’elle voudra bien leur donner. On peut en conclure que ces forces européennes n’agiront que si les Etats-Unis le veulent et quand ils souhaiteront ne pas intervenir eux-mêmes.
DU reste, la spécificité de la France au sein de l’Alliance atlantique, dont elle avait quitté toute les structures militaires en 1966, s’est beaucoup réduite. Sans que ses forces soient en permanence intégrées dans l’OTAN, ses représentants ont néanmoins fait retour au conseil des ministres de la défense et au comité des chefs d’état-major à partir de 1994, quand on commença à envisager l’emploi des forces françaises de Bosnie dans le cadre de l’OTAN. Elle était prête à une réintégration complète, dans le sens des nouvelles options du président Chirac, si elle avait obtenu l’attribution à un Européen - Italien, Espagnol ou Français - du commandement sud de l’OTAN : les Etats-Unis s’y sont refusés, voulant garder pour eux-mêmes le contrôle direct d’une zone d’opérations dont l’importance est vitale pour leurs communications avec le théâtre d’opération du Proche-Orient et du Golfe.
Mais l’esprit dans lequel Paris conçoit désormais sa politique de défense - en dehors de sa stratégie de dissuasion nucléaire, demeurée inchangée - s’est clairement exprimé dans la déclaration adoptée le 9 décembre 1996 à Nuremberg par le président Jacques Chirac et le chancelier Helmut Kohl sur un « concept commun franco-allemand en matière de sécurité et de défense ». Il y est question de « placer le partenariat transatlantique avec les Etats d’Amérique du Nord sur une base solide et nouvelle » et de la pérennité indéfinie de l’Alliance comme « garantie indispensable pour la stabilité et la sécurité de l’Europe (3) ».
La logique des choix politiques et stratégiques de Washington au lendemain de la guerre froide conduisait à l’extension de l’aire géographique où pouvait agir l’OTAN. Depuis longtemps, la politique américaine visait à étendre le champ d’application du traité de l’Atlantique nord. Mais elle s’était heurtée jusque-là à l’opposition des gouvernements européens les plus attentifs à ne pas se laisser entraîner dans des crises ou des conflits où ils ne souhaitaient pas s’impliquer. Un premier pas fut accompli à l’occasion de la guerre du Golfe quand on évoqua l’hypothèse, pourtant invraisemblable, d’une attaque de l’Irak contre la Turquie pour décider que plusieurs pays membres de l’OTAN - l’Allemagne, l’Italie, la Belgique - enverraient des détachements aériens sur le territoire turc où les Etats-Unis utilisaient déjà des aérodromes militaires pour leurs opérations en territoire irakien.
A partir de ce moment, le gouvernement allemand renonça à invoquer les motifs constitutionnels qui le détournaient jusque-là d’utiliser ses forces au-delà des limites géographiques de l’Alliance atlantique, et le gouvernement français parut oublier qu’il distinguait naguère sa participation à l’Alliance et la politique qu’il menait dans toutes les régions du monde qu’elle ne concernait pas. Après la dislocation du pacte de Varsovie, il fut acquis que l’organisation atlantique avait désormais compétence pour traiter de la « sécurité » de l’ensemble des pays de l’Est, sans limites précises.
D’autant que plusieurs Etats ayant appartenu au pacte de Varsovie avaient fait savoir qu’ils souhaitaient entrer en relations avec l’OTAN et, si possible, y adhérer. Ils cherchaient alors à se prémunir contre une éventuelle tentation de la Russie de rétablir sa zone d’influence à l’est de l’Europe. La plupart des gouvernements des Etats membres de l’OTAN réagirent avec beaucoup de réserve, ou très négativement : ils ne voulaient pas se laisser impliquer dans des crises ou des conflits qu’ils auraient mal contrôlés. Probablement les Etats-Unis s’étaient-ils déjà décidés à surmonter ces réticences, mais ils avaient encore, durant ces années 1991-1992, à convaincre leurs partenaires européens et à ménager les réactions du président Boris Eltsine. Une première étape fut franchie vers l’extension de l’aire géographique de l’OTAN avec la création du Conseil de coopération Nord-Atlantique (CCNA).
Son objectif officiel était d’assurer la sécurité sur tout le continent européen, et sa composition fut rapidement étendue à la plupart des pays de l’Est pour atteindre, au total, trente-huit membres. A en juger par les textes fondateurs, ses compétences l’amenaient à traiter de la Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, des autres crises pouvant se produire dans l’ancienne Yougoslavie, des conflits du Caucase - Abkhazie, Ossétie et Ingouchie -, de la Moldavie et même de la guerre civile au Tadjikistan, comme le reconnaissait la déclaration finale de sa réunion du 18 décembre 1992, tenue à dessein au siège de l’OTAN à Bruxelles.
La volonté américaine d’élargir le champ de l’OTAN elle-même, par l’adhésion directe de nouveaux membres, n’avait pourtant pas désarmé. Mais si les objections européennes faiblissaient peu à peu, l’hostilité russe persistait. Le président Boris Eltsine lui- même y voyait une marque de défiance : alors qu’il avait fait d’un alignement presque général de la politique étrangère russe sur les orientations principales de la politique américaine sa règle de conduite, le report plus à l’est des lignes de démarcation de la guerre froide lui semblait un défi à tout ce qu’il avait essayé de faire. Aussi sa réaction fut-elle infiniment plus vive qu’à propos, par exemple, de l’effondrement des anciennes positions soviétiques au Proche-Orient, en Amérique centrale ou en Afrique.
Washington voulut, par un geste, réduire son opposition. Ce fut l’objet de l’acte fondateur du 27 mai 1997, à Paris, instaurant un conseil conjoint permanent entre l’OTAN et la Russie qui permettait à celle-ci de prendre part, en principe, aux délibérations des membres de l’Alliance. Malgré la solennité conférée à l’événement, il s’agissait d’un faux semblant : en cas de crise et pour toutes les décisions majeures, il était prévu que les pays membres de l’OTAN pourraient délibérer à part et agir de leur côté sans que la Russie puisse s’y opposer et, le cas échéant, sans tenir compte de ses positions ou de ses intérêts. Et si l’on excluait le déploiement de « forces étrangères », c’est-à-dire occidentales, sur le territoire des futurs membres de l’OTAN, rien n’empêchait l’Alliance de remanier son dispositif militaire en Europe orientale en cas de crise.
L’étape suivante de l’élargissement fut franchie quand l’OTAN accepta d’admettre de nouveaux membres, se réservant de les trier et d’échelonner leur adhésion. C’était s’engager dans un engrenage dont les conséquences ne furent peut-être pas mesurées partout. Si l’intégrité de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque n’était mise en cause par personne, leur intégration dans l’OTAN créait inévitablement un précédent. Celle d’autres Etats dont le statut politique et territorial n’est pas aussi stable pouvait suivre. C’est le cas, par exemple, des Etats baltes, dont deux, l’Estonie et la Lettonie, sont en grande partie peuplés de Russes et qui ont affiché leur désir d’être incorporés dans l’OTAN par une déclaration publiée dès le 27 mai 1997, à Tallin, alors même que les présidents polonais et ukrainien étaient présents.
C’est une autre phase de l’histoire de l’Alliance qui commence. Elle est en passe de devenir un instrument permanent d’intervention dans les crises et les conflits, trouvant ainsi une justification nouvelle de son existence et de sa pérennité. La crise yougoslave en fut l’occasion, et plus tard on dira peut-être que ce fut là son rôle historique. C’est à propos de la Bosnie que la diplomatie américaine a obtenu une concession inimaginable jusque-là : le Conseil de sécurité des Nations unies a confié à l’OTAN la tâche de faire appliquer, grâce à ses moyens militaires, les résolutions qu’il avait votées et la mise en application des accords conclus. L’OTAN devenait ainsi le « bras armé » de l’ONU. Elle venait donc de se faire conférer le rôle de garant de l’ordre international dans une partie du monde située hors de l’aire à laquelle s’appliquait à l’origine le traité de l’Atlantique Nord. Par la suite, l’OTAN se substitua totalement aux Nations unies dans la crise bosniaque.
Un pas de plus a été franchi avec la crise du Kosovo et la guerre de l’OTAN contre la Serbie, dont les Nations unies sont totalement exclues. En intervenant pour la première fois directement dans les affaires intérieures d’un pays souverain, en dehors même de tout mandat de l’ONU, et malgré l’opposition de la Russie et de la Chine, l’OTAN s’octroie un rôle de puissance protectrice et tutrice en Europe - sans que nul puisse oublier que les Etats-Unis en assument la direction. Il était difficile d’imaginer plus éclatante célébration de son anniversaire.
(1) Le Monde diplomatique, novembre 1993. Sam Nunn , A New Military Strategy, Center for Strategic International Studies (CSIS), volume XII, no 5, Washington.
(2) Amiral Jeremiah : discours du 16 février 1993, United States Information Service (USIS), no 4, 1er mars 1993, Washington.
(3) Le Monde, 30 janvier 1997.
Sources : Le Monde Diplomatique
Posté par Adriana Evangelizt