Bush danse sur le volcan afghan
Voilà quelques bribes du discours que Bush a prononcé en Afghanistan : « Dans le monde entier, les gens regardent l’expérience qui se déroule ici... Vous êtes une source d’inspiration pour d’autres et cette inspiration en poussera d’autres à réclamer leur liberté, et, en devenant plus libre, le monde deviendra aussi plus sûr » Alors quand on lit ça et que l'on sait exactement dans quel état se trouve l'Afghanistan -à peu près comme l'Irak- on hésite entre deux solutions. Soit il n'est au courant de rien et il répète ce qu'on lui a dit de dire... soit il sait très bien mais il prend les gens pour des imbéciles. A notre avis, il y a un peu des deux. Il sait quelques vérités mais pas les principales mais dans tous les cas, il la joue bonhomme, l'Amérique est un exemple de démocratie dont il est le président et son rêve c'est de l'exporter. Que deux cent millions d'Américains soient fliqués n'est pas une atteinte à la démocratie mais pour protéger le Peuple... grave. Très grave.
Bush danse sur la volcan afghan
par Dominique Bari
L'Humanité
Afghanistan . Le président américain a joué les illusionnistes en vantant l’émergence de la démocratie afghane. Mais à Bagram, on torture comme à Guantanamo.
Sur la route de New Delhi, George Bush a fait mercredi une escale de cinq heures en Afghanistan, y effectuant une première visite depuis le renversement du régime taliban en novembre 2001. Officiellement, cette halte n’était pas prévue au programme. Selon le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, « elle est l’occasion de montrer notre soutien à un allié et ami, à une démocratie émergente ». Face au fiasco irakien, Washington tente toujours de présenter la normalisation afghane comme un franc succès de sa politique. Sur le terrain le tableau est moins idyllique.
500 détenus à Bagram
Le régime de Hamid Karzaï, proche allié de Bush, est toujours confronté à une guérilla talibane qui a fait 1 500 morts depuis le début de l’année dernière et se nourrit des ratés des forces américaines. En janvier dernier, une attaque aérienne dans un village pakistanais de la région tribale frontalière du Waziristan s’est soldée par la mort de 18 civils. La semaine dernière, le New York Times publiait une longue enquête sur la prison de la base américaine de Bagram à plus de 60 km de Kaboul. « Il y a désormais pire endroit que Guantanamo », écrivait le quotidien. Environ 500 personnes suspectées de terrorisme, des Afghans pour la plupart, y sont détenues, dans des conditions pires que celles des prisonniers de Guantanamo.
Le journal cite des militaires qui, sous couvert d’anonymat, décrivent un lieu très dur. Des hommes sont détenus par douzaines dans des cages grillagées, dormant par terre, sur des matelas en mousse. Jusqu’à il y a un an, ils devaient faire leurs besoins dans des cuvettes et ils ne voyaient que très rarement la lumière du jour. Les prisonniers de Bagram ne peuvent pas contester les conditions de leur détention devant les tribunaux américains et n’ont accès à aucun avocat. Ils n’ont pas le droit d’entendre les accusations dont ils font l’objet. La liste de leur nom n’est pas rendue publique. La presse et les élus américains ne peuvent pas visiter la base. Seule la Croix-Rouge internationale peut y accéder.
Discrétion sur le rôle de l’OTAN
Tout cela n’a pas empêché Bush de se rendre hier à Bagram pour féliciter personnellement les forces américaines à l’oeuvre dans le pays, puis de louer devant ses hôtes « les progrès réalisés » par l’Afghanistan. « Dans le monde entier, les gens regardent l’expérience qui se déroule ici... Vous êtes une source d’inspiration pour d’autres et cette inspiration en poussera d’autres à réclamer leur liberté, et, en devenant plus libre, le monde deviendra aussi plus sûr », a-t-il proclamé. Cependant, Bush est resté très discret sur le rôle qu’il entend faire jouer à l’OTAN dans le futur immédiat du pays. Or l’Alliance atlantique a été appelée en Afghanistan pour épauler les forces américaines dont le nombre sera réduit au cours de 2006. Une mission que le général canadien Ray Hénault, président du conseil militaire de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) voit durer dans le temps : « L’OTAN a la volonté politique et les capacités militaires adéquates pour rétablir la stabilité en Afghanistan, même s’il lui fallait dix ans ou plus pour y arriver. » « Les pays de la coalition ont promis des milliards de dollars et des milliers de troupes et d’experts en reconstruction pour la remise en état du pays », précise le général.
Si l’Afghanistan est vu par Bush comme une expérience, il est surtout perçu comme « un champ d’expérimentation pour l’évolution de l’OTAN », note Jacques Boyon, de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques). Outre une mission de sécurité, la FIAS se verra confier dans un concept nouveau des « opérations civilo-militaires », telles qu’avaient déjà voulu les engager les forces américaines.
Sources : Stop Usa
Posté par Adriana Evangelizt