Pour qui donc Moscou est une ville trop chère ?
Et encore de la désinformation. Car il est clair et net que Moscou n'est pas une des villes les plus chères du monde comme on tend à nous le faire accroire. Vu les salaires en Russie comment la vie pourrait-elle y être plus presque plus chère qu'aux USA ou qu'en France ? C'est impossible. Les logements à petit prix y sont certainement assez rares mais n'en est-il pas de même dans toutes les capitales du monde occidental ?
Pour qui donc Moscou est une ville trop chère ?
La compagnie américaine Mercer Human Resource Consulting (MHR) a publié la liste des mégalopoles les plus chères au monde. Selon le classement établi en mars 2006, Moscou occupe la première place avec 124 points.
Il y a un an Tokyo était premier tandis que la capitale russe se trouvait en quatrième position. "Depuis cinq ans nous avons relevé des changements substantiels dans le coût de la vie, changements reflétant l'évolution du marché global. Aujourd'hui pour beaucoup de sociétés il est désormais plus onéreux d'envoyer des collaborateurs travailler en Russie ou en République de Corée que dans des villes japonaises ou suisses qui étaient considérées comme les plus chères", commente Rebecca Powers, consultante senior de Mercer.
Les enquêteurs ont pris pour prix de référence ceux de la ville de New York avec l'indice 100.
Pour établir le classement il a été tenu compte du prix des boissons alcoolisées et du tabac, des vêtements et des chaussures, du coût moyen d'un repas pris à domicile et au restaurant, des dépenses d'entretien corporel et ménager, de transport et aussi de loyer. Selon les experts, ce dernier point a été déterminant dans la désignation de Moscou comme la ville la plus chère au monde. En un an le prix de la location d'un appartement spacieux a augmenté approximativement de 50%.
Les fluctuations du cours des monnaies ont elles aussi eu un fort impact. De l'avis de Rebecca Powers, l'affermissement du dollar est aussi l'une des raisons essentielles des changements intervenus dans le classement.
"Je pense que l'étude réalisée par les enquêteurs reflète fidèlement la réalité, annonce dans le quotidien Novye Izvestia l'économiste et politologue Mikhaïl Deliaguine, directeur de l'Institut de la mondialisation. Dans leurs calculs ils ont inclus les prix sur le marché de l'immobilier, et ceux-ci ne cessent de grimper à Moscou. Le renforcement du rouble lui aussi s'est fait sentir. Cependant, on pourrait évoquer le mauvais rendement de l'économie russe. Une partie réduite de la population détient de grosses quantités d'argent. Et comme la législation ne restreint en rien le monopole, les producteurs relèvent en catimini les prix jusqu'au niveau de solvabilité de ces nantis représentant 5% de la population".
Mais il ne s'agit pas seulement de cela. Compte tenu que ce classement a été établi pour les responsables de société définissant le salaire requis pour un collaborateur partant travailler à l'étranger, un maximum de données y figurent. De plus, ces dernières sont fournies précisément pour les étrangers et concernent, entre autres, les dépenses de taxi et d'hôtel, les prix en vigueur dans les restaurants haut de gamme, les magasins coûteux et les supermarchés. Par exemple, selon MHR la location d'un deux pièces vide à Moscou revient en moyenne à près de 2.500 euros. Dans un quartier dortoir les prix pour la location d'un deux pièces débutent à 800 euros.
Se loger à l'hôtel est encore plus onéreux: "Actuellement une nuitée dans un bon hôtel moscovite peut coûter aussi cher qu'un séjour d'une semaine à Chypre, sans déjà parler de la Turquie, dit Irina Tiourina, attachée de presse de l'Union russe de l'industrie touristique. Je pense que les données de cette enquête correspondent pleinement à la réalité".
Gazeta.ru relève "que de nombreux habitants de la capitale réussissent ce tour de force de subsister dans la ville la plus chère au monde version MHR avec des revenus qui ne suffiraient pas pour vivre dans de nombreuses villes figurant dans le classement. A Moscou le panier de la ménagère (niveau minimum de subsistance) calculé sur la base de produits et de services de première nécessité est d'environ 4.600 roubles (près de 140 euros), et ce alors qu'une partie de la population est composée de retraités, d'handicapés et de fonctionnaires non qualifiés dont les revenus sont même inférieurs à cette somme. Cela situe bien le niveau de vie à Moscou et montre aussi que dans la capitale on peut acheter des produits très bon marché à l'aune occidentale. Moscou se distingue uniquement par la cherté disproportionnée des articles et des services "exclusifs".
A titre de comparaison prenons les tarifs des transports: à Moscou un ticket de métro ou d'autobus coûte 15 roubles (environ 0,45 euro) alors qu'un voyage revient à 3,66 dollars à Londres, à 1,83 dollar à Dublin et à 1,76 dollar à Paris, des prix que les habitants de ces villes jugent modérés. Ce qui ne serait pas le cas pour une personne arrivant de Russie.
Pour calculer les revenus indispensables pour mener une existence normale à Moscou il faut tenir compte du loyer (à partir de 800 euros), des dépenses de transport (environ 20 euros pour une carte de métro mensuelle) et du panier de la ménagère, soit près de 140 euro. Par conséquent pour le niveau de vie moyen, compte non tenu de l'achat de vêtements, de chaussures et du budget loisirs, une personne arrivant à Moscou doit pouvoir disposer de pas moins de 960 euros par mois.
En attendant, les statistiques indiquent que les revenus moyens d'un Russe sur deux ne sont pas supérieurs à 100-125 dollars par mois. Et qu'à Moscou, une ville "chère", les revenus moyens d'une famille varient de 500 à 1.000 dollars par mois.
La municipalité de Moscou n'est pas du tout d'accord avec l'enquête réalisée par les Européens, écrivent les Novye Izvestia. "L'étude ne correspond pas à la réalité, Moscou n'est pas du tout la ville la plus chère, ni pour ses habitants, ni pour les étrangers! s'insurge le porte-parole du maire de la capitale, Sergueï Tsoï. Dans bien d'autres villes le prix du mètre carré de l'immobilier est plus élevé que dans la capitale russe. D'autre part, dans beaucoup de villes, notamment en République de Corée, les appartements sont plus petits que chez nous. A Moscou la qualité des services et de la vie est sensiblement plus élevée. Je suis rentré récemment de Pékin. C'est une ville remarquable, mais pour la qualité de la vie elle le cède à Moscou. Dans la capitale chinoise après une certaine heure le soir si vous voulez manger quelque chose il y a le McDonald's et rien d'autre. Moscou est une ville qui vit vingt-quatre sur vingt-quatre, les gens y consomment davantage de biens". Pour résumer, Sergueï Tsoï invite les étrangers pour qui la vie à Moscou est onéreuse à réduire leurs besoins. "Parce que vous avez des gens qui viennent ici, louent des bureaux et des appartements et disent que c'est cher. Cependant ils viennent quand même parce que pour le business Moscou est un morceau de roi", relève le porte-parole du maire de la capitale.
En attendant, dans le classement annuel des villes du monde où la qualité de la vie est la plus élevée, Saint-Pétersbourg et Moscou occupent respectivement les 163e et 173 places. Les plus proches voisines de la capitale russe sur cette liste sont Mumbai (anciennement Bombay) (172e) et Abidjan (174e), la capitale de la Côte d'Ivoire (Afrique occidentale). Aux trois premières places du hit parade de la qualité de la vie on trouve Zurich, Genève et Vancouver.
D'autre part, en ce qui concerne la sécurité dans les villes du monde, Moscou se situe à la 198e place sur 215. Dans ce classement la capitale a pour voisine la capitale du Togo, Lomé.
Dossier préparé par la rédaction du site Internet www.rian.ru sur la base de dépêches de RIA Novosti et à partir d'autres sources.
Sources : Ria Novosti
Posté par Adriana Evangelizt