Un émissaire américain à Pékin
Un négociateur américain s'est rendu à Pékin pour obtenir l'appui d'une résolution à laquelle se refuse tant la Chine que Moscou. On ne sent pas quand même Bush vindicatif sur ce sujet. Effectivement, on voit mal les Etats-Unis ouvrir un nouveau front guerrier sur la frontière chinoise alors qu'ils ont encore sur les bras le chaos de l'Irak et de l'Afghanistan.
Corée du Nord: un émissaire américain à Pékin pour demander plus de fermeté
Le principal négociateur américain sur la Corée du Nord était vendredi à Pékin dans l'espoir de vaincre les réticences de ce fidèle allié du Nord à une résolution de l'Onu menaçant Pyongyang de sanctions après la salve de missiles que le régime a tirée mercredi.
Parallèlement, la Corée du Sud, autre importante alliée du Nord, a suspendu un dialogue militaire avec Pyongyang qui tente depuis plusieurs années de réduire les tensions à la frontière intercoréenne surmilitarisée.
Pyongyang a de son côté poursuivi sur le même ton de défiance face aux condamnations internationales, exigeant l'arrêt des sanctions japonaises prises dès les tirs d'essai de sept missiles, sous peine de riposte "plus forte", a rapporté une délégation de journalistes nippons en visite à Pyongyang.
Arrivé vendredi matin à Pékin, le secrétaire d'Etat américain adjoint aux Affaires asiatiques, Christopher Hill, a notamment rencontré le ministre adjoint des Affaires étrangères Wu Dawei, négociateur en chef chinois aux pourparlers multilatéraux qui tentent depuis près de trois ans de convaincre la Corée du Nord de renoncer à ses programmes nucléaires.
M. Hill avait appelé mercredi la Chine à se montrer "très, très ferme" avec la Corée du Nord, rappelant que Pékin est le pays hôte de ces pourparlers à six (les Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie) et que Pyongyang est son "allié de longue date".
Wu Dawei doit se rendre la semaine prochaine à Pyongyang.
Cette visite intervient après l'échec d'une nouvelle réunion, jeudi à New York, du Conseil de sécurité des Nations unies durant laquelle chacun a campé sur ses positions. Le Conseil doit reprendre les débats vendredi à 9H30 (13H30 GMT).
Les Etats-Unis soutiennent un projet de résolution déposée par le Japon, qui condamne les sept tirs de mercredi, appelle la Corée du Nord à reprendre les négociations sur ses programmes nucléaires et la menace de mesures punitives.
Mais Pékin préférerait une déclaration présidentielle, moins contraignante, tout comme Moscou où devait se rendre également M. Hill à la suite de sa tournée asiatique, selon son programme préliminaire non confirmé vendredi.
La Chine a une nouvelle fois refusé jeudi de condamner les tirs d'essai nord-coréens, se disant simplement "préoccupée". Elle a refusé implicitement de s'associer à d'éventuelles sanctions internationales, disant privilégier "le dialogue et la consultation".
Moscou a lui aussi clairement dit son opposition à des "menaces (qui) ne mèneront qu'à des menaces en retour de la Corée du Nord", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.
Le même jour à Washington, le président américain George W. Bush, a averti que le "problème ne sera pas réglé du jour au lendemain", soulignant la nécessité de parler d'"une seule voix".
M. Hill devait décoller de Pékin pour Séoul dans la soirée de vendredi avant de gagner Tokyo ce week-end.
Séoul a menacé de suspendre son aide humanitaire vitale au Nord et d'annuler une rencontre ministérielle intercoréenne prévue la semaine prochaine. Seule mesure de rétorsion concrète pour l'instant, le Sud a pour la première fois refusé de tenir une réunion militaire avec le Nord qui s'inscrivait dans le cadre d'une politique de rapprochement entre les deux pays.
Le ministre sud-coréen de la Défense, Yoon Kwang-Ung, a réaffirmé que le Nord allait à procéder à un deuxième tir d'essai de Taepodong-2, après le lancement d'un premier engin mercredi qui s'était abîmé en mer 42 secondes seulement après son décollage.
Le tir ne semble cependant pas imminent, ont précisé des responsables sud-coréens et américains. Séoul a néanmoins demandé à ses compagnies aériennes d'éviter l'espace aérien près du Nord jusqu'à mardi.
Sourrces AFP
Posté par Adriana Evangelizt