Infiltration des services de renseignements américains

Publié le par Adriana Evangelizt

Alors voilà deux articles intéressants sur l'infiltration des services de renseignement américains... ce qui entraîne automatiquement l'échec des services de renseignements. Car il y a quelqu'un qui subtilise les informations importantes -ou les dossiers- notamment sur les risques d'attentats à venir. On en a l'exemple type pour le 11 septembre et -comme vous le verrez dans le second article- pour le destroyer USS Cole. Deux exemples parmi tant d'autres. Or celui qui fait passer à l'as les renseignements à l'intérieur des services secrets travaille bien pour quelqu'un qui est à l'extérieur. Et plus précisément, il travaille pour celui qui commandite les attentats. Son rôle à lui consiste à kidnapper tout ce qui pourrait dévoiler le "plan". Car il est bien évident que surveillés comme nous le sommes, les agences de renseignement du monde entier coopèrent notamment pour le terrorisme. Ainsi pour le 11 septembre plusieurs services secrets étrangers avaient prévenu les USA, y compris la France. Or, comme par hasard, nul n'en a tenu compte ou les renseignements se sont "égarés". Ce que nous ne comprenons pas c'est pourquoi les services secrets ne se posent pas les questions que nous nous posons ? Pourquoi est-il impossible d'infiltrer Al Qaïda ?  Comme le fait remarquer Monsieur Cécile, "la pénétration des cellules d’action d’al-Qaeda par les services de renseignement occidentaux se révèle être une autre paire de manches". Les cerveau de la "nébuleuse" sont-ils donc intelligents que ça ? Si bien outillés ? Et s'ils le sont tant que ça, ne peut-on penser que ce sont de super agents secrets qui se trouvent derrière ? Et qui travaillent pour un pays qui visent à incriminer encore et toujours les mausulmans.

Sous-traitance et infiltration des services de renseignement

par Jean-Jacques Cécile

Directeur de recherche en charge des questions de renseignement militaire
et des opérations spéciales

Les sociétés sous-traitantes au profit de l’US Department of Defense se retrouvent au cœur de la « guerre contre le terrorisme » et ce, pas toujours pour les meilleures raisons : leurs pratiques laxistes en matière de recrutement font planer le spectre de l’infiltration des services de sécurité américain. Le cas de BIB Consultants Incoporated est à ce titre emblématique : ayant décroché auprès du Special Operations Forces Language Office en septembre 2002 un contrat couvrant l’ensemble des services d’apprentissage linguistique des unités spéciales américaines, la société employait trois immigrants illégaux qui viennent d’être arrêtés. Utilisant de faux papiers, Nurkis Qadariah et Sayt Rimal, tous deux de nationalité indonésienne, ainsi que le Sénégalais Ousmane Moreau dispensaient leur enseignement au sein du Joint Special Operations Command Center de Fort Bragg, la Mecque des forces spéciales US. Or, ce n’est pas la première fois que cette garnison semble susciter l’intérêt de la part de gens peu recommandables ainsi qu’en témoigne le cas d’Ali Mohammed. Ex-major des forces spéciales égyptiennes acquis aux thèses extrémistes, celui-ci y avait fait un stage dans le cadre de la coopération militaire avant d'être recruté en 1985 par l'United States Special Operations Command (USSOCOM, état-major des forces spéciales américaines) qui en fit un instructeur en matière de culture arabe à Fort Bragg. Actuellement, le doute subsiste encore : était-il une taupe des services américains au sein d’al-Qaeda, une taupe d’al-Qaeda au sein des services américains ou un agent double ?

Une autre affaire souligne l’importance du problème : la recrudescence d’attentats perpétrés par des terroristes ayant réussi à pénétrer à Bagdad à l’intérieur de la « Green Zone » est étrangement concomitante à la mise en examen de Thomas Nelson Barnes, employé de DynCorp International accusé d’avoir, en Irak, complaisamment distribué des badges d’accès à la zone dont un à une Irakienne qu’il rencontrait régulièrement. Quoi qu’il en soit, découvrir la présence de travailleurs illégaux au sein des sous-traitants de la défense US devient une routine : 7 employés de Nutek Construction à la base aérienne de Mountain Home, 48 illégaux à la base aérienne Seymour Johnson et 9 illégaux travaillant dans une installation de Winston-Salem assurant l’entretien des P-3 Orion, les avions-espions de l’US Navy, ont été respectivement arrêtés en octobre, juillet et mai de cette année. Et la guerre de l’infiltration ne semble pas devoir s’arrêter faute de combattants : un site Internet présenté outre-Manche comme affilié à al-Qaeda a récemment publié des « offres d’emploi » afin d’attirer des candidats dévots parlant et écrivant correctement la langue anglaise. En revanche, la pénétration des cellules d’action d’al-Qaeda par les services de renseignement occidentaux se révèle être une autre paire de manches, ce dont se sont récemment plaint plusieurs officiers de sécurité turques, eux qui peuvent pourtant mettre à profit la population nationale de confession islamique.

Sources :  Centre Français de recherche sur le Renseignement

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L'affaire de l'USS Cole : un échec des services de renseignement ?

par Jean-Jacques Cécile

Directeur de recherche en charge des questions de renseignement militaire
et des opérations spéciales

La réussite de l'attentat ayant endommagé le navire USS Cole et causé la mort de 17 marins américains au Yémen en octobre 2000 peut-elle être évaluée comme ayant été une conséquence de lacunes propres aux services de renseignement américains ? A tout le moins, la question mérite d'être posée ; tentons d’y répondre.


Faisons tout d'abord observer qu’à l’époque, la réaction des autorités américaines prit l’apparence d’un « consensus mou » : le mot « responsabilité » fut rarement prononcé tant par les militaires que par les décideurs politiques. D'emblée, au cours des premiers jours ayant suivi l’attentat survenu le 12 octobre 2000, l'US Defense Secretary William Cohen monta au créneau, affirmant qu'il était « très difficile, voire impossible, de se protéger contre ce type d'incident ». Les déclarations du général William Crouch - l'un des deux officiers ayant rédigé l'USS Cole Commission Report - prirent quant à elles la forme d'un satisfecit : « Depuis les événements de Khobar, le Department of Defense s'est très fortement préoccupé et a énormément amélioré la protection des forces ». Le commandant du navire ? Absous. Il n'ordonna certes pas de prendre toutes les mesures de protection réglementaires relatives à la posture Threat Condition Bravo mais il se trouva quelqu'un pour déclarer que, s'il l'avait fait, cela n'aurait pas changé grand-chose : l'US Navy a de toute éternité négligé de prendre en compte les menaces venant de la mer dès lors que le navire est à quai. Bref, l'ensemble donne l'impression que l'on a voulu, au crépuscule d'une administration sortante, diluer les responsabilités pour ne pas faire de vagues, situation que William Cohen, dans une conférence de presse tenue le 19 janvier 2001 alors qu'il était en instance de départ, résuma ainsi : « nous avons (...) identifié des responsabilités tout au long de la chaîne de commandement (...) depuis NAVCENT, le commandant des forces navales de la région centre, jusqu'au chef des opérations navales, au secrétaire d'Etat à la marine, au président du comité des chefs d'état-major et à moi-même ». Voilà pour le discours officiel ; allons maintenant un peu plus loin.


Pas très loin, du reste : lors de la conférence évoquée ci-dessus, le Secretary of the Navy admit lesdites lacunes : « mon point de vue est qu'il y a un problème en matière de renseignement. Nous avons un événement, une attaque, qui a impliqué une douzaine de personnes sur une période de 18 mois ainsi qu'une tentative ayant auparavant avorté contre un autre navire ». Puis, comme effrayé par sa propre audace, il crût bon de préciser juste après : « Je n'ai aucune raison de penser que les responsables de nos services de renseignement sur place, à Aden, aient travaillé de manière inadéquate. Mais mon sentiment est que notre effort en matière de renseignement s'agissant des menaces potentielles pour ce port n'était pas au niveau de ce qu'il aurait dû être (...) et que nous devrions faire mieux ». Mais cet aveu vint tard, tellement tard qu'il en apparût être la conséquence d'une pression médiatique plus que celle d'une réelle volonté de transparence. Dès le 25 octobre en effet - rappelons que l'attentat avait eu lieu le 12 du même mois -, ABC News, faisant référence à des sources américaines participant à l'enquête sur place, révéla que l'attaque avait été précédée d'une longue planification. A la même date, le Washington Times initia une polémique. Reprenant diverses déclarations parfois contradictoires entre elles, un article 1 du quotidien affirma que la National Security Agency avait, le jour même de l’attaque contre le navire, diffusé un rapport classifié affirmant que des terroristes avaient pour projet de perpétrer un attentat dans la région. Suite à la publication de cet article, ce fut un Kenneth Bacon aux abois qui fut commis à l’allumage du contre-feu gouvernemental, affirmant dès le lendemain lors d'une conférence de presse qu'en fait, c’étaient deux rapports qui avaient été diffusés le jour précédent l'attaque pour le premier et une douzaine d'heures après pour le second. Ce faisant, le porte-parole du DoD chercha à minimiser l'affaire, affirmant qu'aucune information alors en possession des services de renseignement ne permettait de déterminer ni le lieu précis ni l'imminence d'une attaque. Pour ledit haut fonctionnaire en effet, « Ces rapports étaient en tous points semblables à des dizaines d'autres qui sont reçus de manière routinière au cours d'une semaine ou d'un mois normaux en ce qu'ils contenaient quelques informations mais sans indication précise. (...) Les deux rapports contenaient le mot « Yémen » mais mentionnaient tout aussi bien de nombreuses autres localisations ». En l'occurrence, il aurait donc fallu qu'un analyste particulièrement pointilleux puisse avoir le temps et les moyens de vérifier lesdites informations. Justement, un de ces virtuose du recoupement démissionna de son poste au sein de la Defense Intelligence Agency le lendemain de l'attentat après avoir déclaré à l'amiral Thomas Wilson, le directeur, entretenir « quelque inquiétude à propos de la manière dont l'agence utilisait ses [propres] travaux analytiques » 2. Selon l'officier démissionnaire, un rapport rédigé par ses soins et qui concluait à une menace sérieuse d'attentat terroriste au Yémen avait été purement et simplement soustrait par des responsables de haut niveau au sein de la DIA.


Même l'aveu officiel du 19 janvier ne mit nullement un point final aux révélations témoignant d'une certaine impuissance des services de renseignement américains. Ce climat délétère fut par exemple entretenu par une dépêche de l'agence Reuters datée du 31 janvier 2001 et qui affirmait que « Le FBI avait, par l'intermédiaire d'un suspect arrêté peu après l'attentat contre les deux ambassades américaines en Afrique de l'est, eu vent d'un complot visant à perpétrer un acte terroriste contre un navire US au Yémen en 1998 ». En l'occurrence, l'information fut correctement exploitée et disséminée puisque qu'elle eut pour conséquence l'annulation de l'escale prévue. Enfin, correctement disséminée, peut-être pas : il apparaît en effet que les services du Pentagone la reçurent mais pas la CIA qui semble cependant avoir été sur la liste des destinataires. Enfin, la presse locale mêla sa voix au concert par le truchement du périodique militaire September 26. Reprenant des informations diffusées par celui-ci, une dépêche de l'United Press International datée du 1 er février 2001 était ainsi rédigée : « il a fallu plus de trois ans pour planifier l'attentat [dont la préparation] débuta précisément en 1997 lorsque l'un des suspects, identifié comme étant Hassan Saeed Awad al-Khamiri, obtint une carte d'identité sous un faux nom, laquelle carte avait été établie par le service d'état civil du district de Lahj, à 30 kilomètres au nord d'Aden ».


Résumons-nous. Un attentat qui demande trois ans de préparation. Un dispositif de renseignement humain américain en déclin continuel depuis la fin de la Guerre froide, lequel déclin a conduit à un désengagement des pays d'importance jugée secondaire. Des moyens d'exploitation ainsi que de dissémination de l’information déficients. N'avons-nous pas là tous les ingrédients de ce qu'il faut bien se résoudre à appeler un échec des services de renseignement ? Et pourtant, il s'avère que ce genre de menace était bel et bien pris au sérieux ainsi qu'en témoigne l'organisation, en mai 2000 - rappelons que l'attentat contre le Cole a eu lieu en octobre de la même année, soit 5 mois plus tard -, d'une conférence intitulée Small Boat Threat Workshop, expression traduisible par « atelier de travail sur la menace que font peser les petites embarcations ». Classifiée Secret-US, cette conférence vit deux jours durant plancher sur le sujet de nombreux responsables des principaux organismes suivants : Naval Research Laboratory, Office of Naval Intelligence, Naval Surface Weapons Laboratory, Joint Non Lethal Weapons Directorate et... Science Applications International Corporation (SAIC). Parmi les interventions, celle de Wayne Hughes, membre de la Naval Post Graduate School, intitulée « Prendre la menace des petites embarcations au sérieux »... C'est en tout cas ce que les Américains auraient du, doivent et devront faire si l'on en croit la publication britannique Jane's Intelligence Review. Dans le cadre de deux articles publiés en mars 20013, celle-ci s'étendit en effet sur les tactiques maritimes du faible au fort mises en œuvre par les Sea Tigers, branche navale des tigres tamouls sri lankais. Les textes en question sont complétés par des clichés très explicites révélant à l'évidence que les embarcations rapides de faibles dimensions utilisées par les rebelles sont maintenant construites selon des technologies furtives les rendant très difficiles à détecter. Parallèlement, rappelons que les forces d'opérations spéciales nord-coréennes mettent en œuvre nombre de ces embarcations rapides. Au rang de celles-ci, le « navire » intercepté par la marine sud-coréenne en date du 17 décembre 1998. Submersible - il atteint 40 à 50 nœuds (74 à 93 Km/h) en surface et à 4 à 6 nœuds (7,4 à 11 Km/h) en plongée -, cette version modernisée de la vedette rapide furtive baptisée du nom de code Cluster Osprey a été conçue pour avoir une silhouette très basse peu repérable au radar ; sa coque serait en particulier constituée de résine polyester.


La nécessité est donc impérieuse mais ne signifie pas pour autant que la tâche soit facile. D'où ce constat du contre-amiral Rick Porterfield4 soulignant que de telles menaces « constituent quelque chose de très difficile à prévoir ». Pourquoi ? Parce que la plupart des organisations terroristes « sont très bien équipées et structurées. Les mesures de sécurité opérationnelle qu'elles mettent en œuvre sont excellentes et il est très difficile d'obtenir des informations à leur sujet »5. Voilà un constat qui, à moins d’une dizaine de mois du cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, prend une valeur particulière.

Sources : Centre Français de recherche sur le Renseignement

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans CIA

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