Au G8, Bush et Poutine en désaccord sur certains sujets
Démocratie, Proche-Orient, OMC :
délicate rencontre Bush-Poutine avant le G8
Le président américain George W. Bush est arrivé vendredi à Saint-Pétersbourg pour une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine dominée par la crise au Proche-Orient, l'adhésion de Moscou à l'OMC et un dialogue difficile sur la démocratie.
M. Bush, accompagné de son épouse Laura, a atterri en début d'après-midi dans l'ancienne capitale des tsars à bord d'Air Force One, en provenance d'Allemagne où il a rencontré la chancelière Angela Merkel.
Cette rencontre bilatérale survient à la veille du premier sommet du G8 présidé par la Russie, dans un contexte alourdi par les affrontements au Liban et dans la bande de Gaza.
Le président russe a appelé "toutes les parties impliquées" dans l'escalade de violence au Proche-Orient à "arrêter immédiatement les hostilités", quelques instants avant l'arrivée de M. Bush.
Washington et Moscou ont toutefois exprimé des visions différentes au cours des derniers jours, les Etats-Unis s'affichant comme le principal soutien d'Israël tandis que la Russie a fermement condamné l'offensive israélienne au Liban.
Les entretiens dans le cadre impérial du palais Konstantin, le "Versailles russe" à une quinzaine de kilomètres de Saint-Pétersbourg, risquent aussi d'être délicats sur la question de la démocratie.
M. Bush a indiqué jeudi qu'il demanderait "fermement" au président russe de mener des réformes démocratiques, un sujet de frictions régulières avec Moscou.
"Je serai ferme sur ma croyance dans certains institutions démocratiques. Je serai ferme sur ma conviction qu'une société civile active est nécessaire là-bas", a-t-il déclaré.
M. Bush a été fréquemment accusé dans le passé par ses adversaires de faire preuve de complaisance ou de naïveté face à l'autoritarisme du chef du Kremlin.
M. Poutine de son côté présente M. Bush comme un "ami personnel", mais a multiplié les déclarations pour balayer les appels des Occidentaux à la démocratisation, y voyant des "clichés" datant de la guerre froide.
Le président américain pourrait notamment aborder la question sensible du statut des organisations non-gouvernementales (ONG), dont une loi récente limite fortement la liberté d'action en Russie. Plusieurs ONG russes ont annoncé qu'elles rencontreraient M. Bush vendredi après-midi à la résidence du consul américain.
M. Bush et Poutine devraient également aborder la question épineuse de l'entrée de la Russie dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC), vivement souhaitée par Moscou mais bloquée par des objections américaines.
Des déclarations optimistes récentes ont laissé entrevoir une issue positive lors de la visite de M. Bush. Le porte-parole de la représentante américaine pour le commerce Susan Schwab, a toutefois déclaré vendredi matin que "des questions importantes étaient encore sur la table". D'intenses tractations devaient toutefois se poursuivre vendredi.
Les questions énergétiques -un thème central du sommet qui s'ouvre samedi- pourraient être aussi abordées en avance, sur fond de flambée des cours du pétrole en raison des tensions géopolitiques.
Sur le dossier iranien, Moscou a fait mercredi un pas en direction des Américains en acceptant que ce dossier revienne devant le Conseil de sécurité de l'Onu, mais le ralliement russe à des sanctions fermes contre Téhéran reste encore hypothétique.
Les deux pays s'opposent également sur l'imposition de sanctions onusiennes à la Corée du nord après les essais de missiles du régime de Pyongyang. Les Japon, allié aux Etats-Unis dans ce dossier, vient toutefois d'évoquer un possible compromis avec la ligne défendue par Moscou et Pékin.
Ssources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt