Qui sont les Moudjahidines ?
Qui sont les Moudjahidines
par Al Haq [Groupe Réflexion Indépendant]
http://www.mauriweb.com/star/editorialmain.asp
L’incident de Heathrow relance le débat sur le rapprochement automatique que l’on a tendance à faire entre le terrorisme et l’Islam. Il faut savoir que les plus grands terroristes de la planète ne sont pas musulmans et que parallèlement avec les luttes menées en des terres musulmanes contre des envahisseurs, occupants étrangers et des oppresseurs, il y a d’autres guerres se déroulant sur d’autres territoires qui n’ont rien d’islamique. Mais on parle très peu des autres «terroristes» du passé et du présent. On est intéressé seulement à inonder le monde à travers les médias contrôlés par les sionistres avec des propagandes anti-musulmanes basées sur le moindre incident associé au terrorisme. Il y a pire que ça. George Bush vient de provoquer un autre scandale en se référant à la situation au Liban et Heathrow comme une nécessité de lutter contre ce qu’il appelle «Islamic Fascism». Les musulmans et les Américains éclairés ont exprimé leur désaccord tout en s’attendant à des excuses. Le Président a préféré répéter ce qu’il a dit et insiste à présenter chacune de ses initiatives comme «a step further towards freedom». La vérité est tout contre. Concernant le Liban, voici les dernières révélations rapportées par l’AFP: (RF Le magazine ‘The New Yorker’): «Le gouvernement américain a participé de près à la planification des opérations militaires israéliennes contre le Hezbollah, avant même l’enlèvement de deux soldats israéliens le 12 juillet. Selon le journaliste américain Seymour Hersh (Lauréat de Prix Pulitzer), le Président George Bush et le vice-Président Dick Cheney étaient convaincus qu’une campagne israélienne contre le Hezbollah diminuerait les préoccupations sécuritaires de l’Etat hébreu et constituerait un prélude à une éventuelle attaque préventive des Américains contre les installations nucléaires de l’Iran». M. Hersh cite un expert du Moyen Orient, informé des vues de Washington et Jérusalem, qui explique qu’Israël avait un plan pour attaquer le Hezbollah bien avant les enlèvements du 12 juillet, et avait fait part de ses intentions à des hauts dirigeants du gouvernement américain. Avant l’incident, des responsables israéliens s’étaient rendus à Washington pour «obtenir un feu vert» à une campagne de bombardements qui ferait suite à une provocation du Hezbollah et savoir jusqu’où Israël pourrait aller. Le même consultant raconte: «Les Israéliens nous ont dit que ce serait une guerre peu coûteuse et avec de nombreux bénéfices. Pourquoi s’y opposer ? Nous pourrions traquer et bombarder des missiles, des tunnels et des bunkers depuis les aires. Ce serait une démonstration pour l’Iran». Un ancien haut responsable des services de renseignement a déclaré à M. Hersh que des membres du commandement militaire craignaient fortement que Washington ne dresse un bilan beaucoup plus positif qu’on ne devrait de la campagne de bombardements. «Lorsque la fumée sera dissipée, ils (la Maison Blanche) diront que cela a été un succès, et ils en tireront profit pour renforcer leurs projets d’attaque contre l’Iran».
Il n’y a aucun doute qu’il s’agissait d’un grand complot. Les évènement précédents l’attaque le confirme: la pression sur le Hamas et le bulldozage de Gaza ; l’assassinat de Hariri et le départ forcé des Syriens, l’arrestation et l’emprisonnement de près d’un millier de Palestiniens y compris des femmes et des enfants, l’arrestation de 64 députés du Hamas y compris 8 ministres et le Président du Parlement; l’enlèvement de deux citoyens libanais (censés proches du Hezbollah) par les Services secrets israéliens en guise de provocation et l’accord sur la vente des armes nocives devrant être fournies par les Américains. Cet accord était «on hold» mais le Pentagon a profité de la situation au Liban pour livrer des bombes à fragmentation, des bombes à munitions et des bombes au phosphore toutes interdites contre les civils et dans les zones urbaines mais qu’Israël a utilisées contre ces même cibles. Ces bombes ont été transportées en transit sur l’Angleterre et le Human Rights Watch parle de «crimes de guerre». Tony Blair comme toujours a été un grand complice de toute cette mascarade qui a pour la énième fois provoqué une démission ministérielle de son gouvernement. Tout avait été préparé bien à l’avance. C’est pour cette raison que l’Amérique a délibérément retardé le cessez-le-feu afin de permettre aux Israéliens de «cause the maximum damages possible» dans l’espoir de neutraliser le Hezbollah même si les bombardements allaient détruire des cibles d’ordre civil et tuer un millier de personnes dont la majorité a été des femmes et des enfants. Le bilan provisoire des dégâts est estimé à 6 milliards de dollars (Rs 180 milliards). Mais Bush se fiche pas mal du Liban. Il préfère parler de «the victory of our ally the Israelis and the disgrace and defeat of the Hezbollah». Comme disait le Consultant cité plus haut, maintenant ils vont se préparer «to take on Iran». La prochaine cible est donc connue. Cependant, les images du massacre ont été diffusées à travers le monde et des peuples entiers sont outragés alors que les musulmans partout sont en colère. Il faut donc trouver quelque chose pour renverser les opinions négatives et dévier l’attention de la tragédie libanaise. C’est là que l’incident de Heathrow devient «meaningful».
La vérité sur l’incident de Heathrow
La première chose à savoir sur cette affaire est que ce n’est pas les Services de sécurité britanniques qui ont découvert le soi-disant complot mais ce sont les Services pakistanais qui ont refilé des informations aux Britanniques et Américains. Au Pakistan, la chose était traitée de manière très discrète mais en Angleterre elle a pris l’allure d’un apocalypse sans précédent. Qui a décidé de «blow up the information into an unprecedented catastrophe in the making»? Les services Anglo-américains ont donné à cette affaire une dimension totalement disproportionnée dans le même style que la réplique israélienne contre l’enlèvement des deux soldats au Liban. Pourquoi ?
Quelle est l’origine de cette histoire et quels sont les faits ? Tout commence avec l’arrestation d’un certain Rashid Rauf le 4 août dans la ville de Bahawalpur au Pakistan après une demande de surveillance émanant des Services de renseignement britanniques. Rashid Rauf est un citoyen britannique d’origine pakistanaise recherché au Royaume Uni pour le meurtre de son oncle Mohammed Saeed poignardé en avril 2002 à Birmingham. Donc, c’est au cours de l’interrogatoire de ce présumé meurtrier qui a duré 4 jours que les Services pakistanais ont obtenu l’information selon laquelle un complot terroriste se tramait à Heathrow visant des vols destinés pour l’Amérique. Cette information fut expédiée aux autorités britanniques qui, par leur façon d’agir, en firent un gros scandale, comme si une grande catastrophe venait de se produire. En réalité, il n’y a eu ni attentat, ni tentative comme telle. On n’a trouvé aucune arme, ni d’objet dangereux sur qui ce soit. Aucun des suspects (arrêtés par la suite dans leurs maisons) n’était à l’aéroport de Heathrow ou en instance de voyage. Aucun billet n’a été trouvé ni aucun bagage appartenant à l’un ou l’autre des personnes arrêtées. On a parlé d’un complot visant à faire sauter plusieurs avions à partir de Heathrow utilisant des explosifs à base de liquide activés par un détonateur ultra-léger. Mais aucune trace de ces soi-disant «explosifs à base de liquide» n’ayant été trouvée, on se livre à toutes sortes d’hypothèses dont la spéculation suivante venant de l’expert Michael Chertoff qui dit qu’il «pourrait s’agir de la nitroglycérine, liquide huileux et jaunâtre, explosif à effet de souffle, utilisée sur les chantiers ou les carrières».
Dans le cadre de l’affaire, 7 personnes (dont deux Britanniques d’origine pakistanaise) ont été arrêtées au Pakistan et 23 en Angleterre (âgées entre 17 et 35 ans dont deux sont des convertis et l’un est le frère du présumé meurtrier Rashid Rauf répondant au nom de Tayib Rauf (22 ans). Les révélations des Services pakistanais ont provoqué un vent de panique dans plusieurs pays (l’Allemagne, l’Italie, l’Inde, l’Amérique). Il est connu dans les milieux policiers qu’un criminel traqué pourrait raconter n’importe quoi sous pression au cours d’un interrogatoire épuisant. Certains ont voulu établir une relation entre Rashid Rauf et Mati-ur-Rahman (29 ans) «l’homme le plus recherché du Pakistan» car il est soupçonné d’être le chef d’Al-Qaïda au Pakistan et qui est recherché pour tentative d’assassinat contre Parvez Musharraf mais les autorités pakistanaises ont vite fait de la démentir. Le Pakistan ne veut pas être perçu comme vouloir se venger et insiste à donner autant de crédibilité possible aux renseignements fournis à ses alliés dont il espère bénéficier quelques considérations car il est lui-même confronté à une rébellion permanente au Waziristan sans mentionner l’opposition grandissante au style autocratique et corrompu du régime en place. D’où la déclaration de la porte-parole pakistanaise Tasrim Aslam: «Le Pakistan a joué un rôle clef dans la découverte des projets terroristes aux côtés des Etats-Unis et du Royaume-Uni». Aussi, il ne faut pas s’étonner d’apprendre la nouvelle suivante transmise par l’AFP : «Le Premier ministre britannique en vacances à la Barbade a remercié vendredi par téléphone le Président pakistanais Parvez Musharraf, pour le rôle de son pays dans la mise en échec du projet d’attentat, selon Downing Street».
Alors maintenant les choses doivent être claires: Tous les régimes obsédés à sauver leurs propres peaux et les intérêts de leurs semblables se retrouvent unis dans une sorte de grande cabale pour exterminer ce qu’ils considèrent comme un mal commun : le «terrorisme islamique» ou, comme Bush vient de le rebaptiser, «Islamic Fascism». Mais tout le monde n’est pas du même avis. La presse britannique elle-même reste sceptique. Les profils des suspects provoquent des doutes quant à l’ampleur du danger qu’on veut leur faire incarner. Voici ce qui est exprimé dans les colonnes du journal britannique, ‘The Independant’ : «S’il s’avérait que ces hommes ont réellement fomenté une attaque, alors ce sont des petits artisans de la terreur loin de ces complots à l’échelle industrielle que nous étions habitués à redouter. Il ne faut pas aliéner encore plus les jeunes musulmans par des politiques répressives à l’excès». De l’autre côté, le Guardian mettait en cause la politique étrangère de Tony Blair pour expliquer ces tentatives d’attentat sur le sol anglais.
Il existe donc un courant d’opinion respectable parmi les peuples et les médias occidentaux qui ne sont pas prêts à avaler la théorie stupide du duo Bush-Blair quant à l’association automatique entre le terrorisme et l’Islam. Les hommes intelligents savent que ce ne sont pas seulement les musulmans qui ont recours aux méthodes qualifiées de «terrorisme» dans la lutte qu’ils mènent à travers le monde. Chacun de leurs combats est motivé par des raisons solides et justes. D’autres le font pour des motifs moins nobles, pas les musulmans.
Les mouvements terroristes.
Le terrorisme n’est pas nouveau et ne se limite pas aux combattants musulmans. En 1881, des anarchistes tuèrent l’empereur russe Alexandre II et 21 civils innocents dans un attentat. En 1901, des anarchistes tuèrent le Président américain Mc Kinley ainsi que le Roi Humbert I de l’Italie. La Première Guerre Mondiale, en passant fut provoquée par l’assassinat de l’Archiduc Ferdinand d’Autriche. Aucun de ces terroristes n’était musulman. Par contre, en Inde lors de la lutte contre les Britanniques, ces derniers qualifiaient tous les combattants (Hindous, sikhs et musulmans) de terroristes. Donc, les grands patriotes comme le fameux Bhagat Singh ou Chandrasekhar Azad étaient considèrés comme des terroristes. Mao Ise Dong, Ho Chi Minh et Castro ont tous tué des milliers de civils dans leurs combats contre les oppresseurs et ont tous été traités de terroristes à un certain moment. Les juifs furent qualifiés de terroristes quand ils se révoltèrent contre les Britanniques après la Deuxième Guerre au sein des mouvements menés par Menachem Begin, Moshe Dayan, Yitzak Rabin, Golda Meir et Ariel Sharon (tous devenus par la suite Premiers ministres). Dans les années 60, il y avait le Baadar-Meinhif Gang en Allemagne; le groupe bouddhiste Aum Shinrikyo au Japon; les Red. Brigades en Italie; l’IRA en Irlande; en France et en Espagne, les Basques de l’ETA sont qualifiés de terroristes; en Afrique, les mouvements de libération contre les pouvoirs coloniaux ont tous étaient obligés d’avoir recours à des méthodes de guérilla, ou terrorisme, par exemple, en Afrique du Sud durant l’Apartheid; au Congo contre les Belges; en Angola et Mozambique contre les Portugais; en Rhodésie ancienne (Zambie, Zimbabwe, etc.) contre le régime illégal de Smith faisant ainsi des Lumumba, Mandela, Samora Machel Neto et autres «Freedom fighters» du continent noir des «chefs terroristes». Aucun d’eux n’est musulman!
En Inde, il y a d’autres mouvements de violence à part le Lashkar-E-Tayye’ba, etc., du Cachemire. La liste est longue: les militants du Punjab menés par Bhindranwale (sikh). La United Liberation Front d’Assam (hindou); plusieurs groupes ont opéré à Tripura et les Bodo en Assam sont réputés pour leur agressivité; les rebelles chrétiens Mizos et les Nagas (chrétiens aussi) existent depuis des décennies menant une lutte violente; les groupes maoïstes opèrent non seulement au Népal mais son présents dans 150 districts de l’Inde et ils créent les mêmes problèmes d’insécurité partout. Tous ces mouvements sont qualifiés de terroristes mais seul l’attentat de Bombay occupe l’actualité car il est automatiquement associé aux musulmans! De même les Tamil Tigers (responsables de la mort de Rajiv Gandhi) existent depuis plusieurs années déstabilisant totalement le Sri Lanka mais c’est des Talibans, Saddam, Hamas et Hezbollah que l’Amérique et ses laquais se préoccupent; la Corée du Nord lance des missiles «longue-portée» visant l’Amérique mais c’est l’Iran que Bush se prépare à attaquer!
Pourtant, partout où les musulmans ont recours à la violence, ils se battent pour leurs droits, leurs terres, leurs familles, leur honneur, leur dignité. Ils ont une cause juste et ils ne revendiquent rien auquel ils n’ont pas droit. Tous les mouvements qui luttent contre les injustes et les oppresseurs sont qualifiés de terroristes mais l’attention reste braquée sur les musulmans. Certains régimes qui se proclament «musulmans» sont devenus les alliés et les complices des oppresseurs anti-musulmans parce qu’ils sont obsédés par le pouvoir politique et les gains matériels. Ils s’acharnant contre les soi-disant «terroristes musulmans» avec la même hargne que les forces anti-musulmanes. Ce qui permet aux véritables oppresseurs tels que Israël et l’Amérique (des Etats terroristes) à pratiquer librement «le terrorisme d’Etat» contre les musulmans luttant pour leurs droits. Qui sont les «Freedom Fighters» ?
Sources : Convergence des causes
Posté par Adriana Evangelizt