Le renouveau Al Qaïda

Publié le par Adriana Evangelizt

Nous n'adhérons pas du tout à la théorie de Ria Novosti qui semble ne toujours pas avoir saisi qu'Al Qaïda est manipulé par divers services secrets, à savoir la CIA et le Mossad... tout comme ils accréditent la thèse du complot terroriste de Londres alors que là aussi, c'est signé...

Le renouveau d'Al Qaïda

Il y a peu encore, on espérait pouvoir enterrer Al-Qaida, et on avait tout lieu d’y croire. Le 2 septembre 2004, lors d’un congrès du Parti républicain, le président américain George W. Bush déclarait que "plus de trois quarts des membres phares d’Al-Qaida et de leurs complices" avaient été "arrêtés ou tués". On croyait qu’éliminer le dernier quart était une question de temps, voire de peu de temps.

Tout récemment, dans son rapport présenté en juin dernier au Sénat américain, le coordinateur de l’unité antiterroriste du département d’Etat, Henry Crampton, évoquait le sort d’Al-Qaida avec toute l’arrogance d’un vainqueur. "Il y a des témoignages, déclarait-il, confirmant que les chefs du mouvement, notamment Oussama Ben Laden et Ayman Al-Zawahiri, sont désespérés faute de pouvoir contrôler directement le réseau". Et c’est la persévérance des Etats-Unis, laissait entendre Henry Crampton, qui a réduit la nébuleuse terroriste à un état lamentable.

Mais vient le onzième jour du mois, privilégié par les terroristes, cette fois-ci le 11 août, et le monde se trouve bouleversé par la nouvelle d’un complot de 22 Britanniques d’origine pakistanaise qui ont failli faire exploser une bonne dizaine d’avions quittant la Grande-Bretagne à destination des Etats-Unis. Seul un miracle a permis d’éviter des centaines de victimes humaines, et il est peu probable que ce miracle soit dû uniquement à la vigilance des services secrets britanniques, pakistanais et américains.

Une vérité peu agréable vient renforcer l’impression : en dépit des tentatives pour minimiser la menace que représente le réseau d’Oussama Ben Laden, tel un croquemitaine appartenant au passé, ce dernier reste capable d’organiser des attentats de dimension internationale. Selon le directeur du FBI, Robert Mueller, le plan des terroristes britanniques présente tous les signes de la participation d’Al-Qaida.

Beaucoup d’éléments le laissent supposer en effet. L’idée même d’un attentat massif avec plusieurs avions rappelle fortement la tragédie du 11-septembre, à laquelle s’ajoutent les voyages fréquents des futurs terroristes au Pakistan où Ben Laden et son entourage se cacheraient des GI’s à la frontière afghane, et l’arrestation dans cette région de Rashid Rauf, étroitement lié à la haute hiérarchie d’Al-Qaida, soupçonné d’être l’auteur du complot de Londres.

Toutefois, le lien direct tracé entre Al-Qaida et les événements en Grande-Bretagne pourrait nous cacher d’autres métamorphoses, plus inquiétantes, que subit le réseau terroriste international.

Les spécialistes du terrorisme estiment, avec beaucoup de vraisemblance, que le noyau originel d’Al-Qaida aurait passé le relais à un réseau mondial de cellules radicales de tout bord qui ne sont pas liées les unes aux autres. Sous le drapeau d’Al-Qaida se seraient réunis des groupes islamistes qui combattaient les gouvernements de leurs pays au nom du séparatisme et d’autres objectifs d’importance locale. Aujourd’hui, ils viseraient une cible internationale, neuve et plus prestigieuse, inspirée par Oussama Ben Laden : les Etats-Unis et, plus généralement, les intérêts occidentaux.

Il semble qu’Al-Qaida n’existe plus en tant qu’entité indivisible avec un centre de commandement unique. Ce mouvement serait devenu une sorte de label, à l’instar de Coca-Cola, ou mieux encore une idéologie de vengeance face à un univers de richards infidèles capable de recruter une multitude de partisans et de les pousser à commettre toutes sortes d’attentats.

Ben Laden ne sait sûrement pas manipuler flacons de laboratoire et produits chimiques pour perfectionner la recette d’un explosif liquide. Tout porte à croire qu’il n’a aucune idée de ce qui doit arriver et comment. Il n’a qu’à faire son boulot, celui de servir de source d’inspiration puissante à une foule de fanatiques islamistes qui rêvent de nous faire vivre dans un autre monde, un monde de violence, de suspicion et de peur quotidiennes.

Dans cette optique, force est de reconnaître que les terroristes sont partiellement parvenus à leurs fins, même si le complot britannique a été démantelé. Nous nous sommes replongés dans le cauchemar du 11-septembre qu’on croyait oublié. Nous sommes à nouveau comme saisis d’un spasme d’horreur qui semble devoir continuer encore longtemps à nous tourmenter.

Quelle que soit l’idée que nous nous faisons d’Al-Qaida, celle d’un mouvement en train de s’essouffler ou celle d’un symbole spirituel du terrorisme, il serait curieux de savoir ce qui le réanime aujourd’hui.

Pour répondre à cette question, il suffit de tourner quelques pages d’histoire. On se souvient que Ben Laden a été sur un pied d’amitié avec Washington quand ce dernier l’aidait à combattre l’armée soviétique en Afghanistan. Les premières diatribes antiaméricaines du futur chef d’Al-Qaida remontent à 1982, année de la première incursion israélienne au Liban ouvertement soutenue par les Etats-Unis.

"Quand j’ai vu des tours détruites du Liban, raconte Oussama Ben Laden, cité par le spécialiste américain de l’histoire du terrorisme international Lawrence Wright, l’idée m’est venue à l’esprit que nous devions punir l’oppresseur dans les actes". De la tragédie libanaise commence une chaîne idéologique d’événements expliquant aux radicaux musulmans que le complot américano-israélien serait à l’origine de leurs maux et que le devoir individuel de tout musulman serait de tuer les Américains et leurs alliés.

Les événements au Liban et le conflit israélo-palestinien ont toujours alimenté la haine des jeunes Arabes et Pakistanais envers les "oppresseurs" maudits par la fatwa de 1998 que l’on attribue à Ayman Al-Zawahiri.

Plus de deux décennies se sont écoulées depuis 1982. Aujourd’hui, on trouve un poste de télévision jusque dans les cafés les plus pauvres des villes du Proche-Orient et d’Asie. Les images horribles d’un Liban en ruines ne pouvaient que raviver la vieille haine. Et les premiers litres d’explosifs liquides furent versés dans des bouteilles en plastique de Fanta...

Sources : Armées com

Posté par Adriana Evangelizt

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