Comment Al Qaïda a préparé l'attentat contre Massoud
Là aussi, il y a beaucoup de zones d'ombres. Les pseudo-journalistes qui n'étaient en fait que des tueurs programmés pour l'assassinat de Massoud venaient on ne sait d'où avec une lettre de recommandation d'une organisation musulmane de Londres... et l'assassinat eut lieu deux jours avant le 11 septembre, comme par hasard. On voit franchement mal Ben Laden ordonner un tel crime alors qu'il se servait des talibans parce qu'il en avait besoin en Afghanistan mais qu'il était loin d'adhérer à leur idéologie extrêmiste...
Comment Al Qaida a préparé l'attentat contre Massoud
Munis de leur caméra piégée en provenance du Pakistan, les deux Arabes imberbes qui devaient se faire passer pour des journalistes ont rencontré Oussama ben Laden avant de partir pour leur mission: assassiner le commandant anti-talibans Ahmad Shah Massoud.
Cinq ans après la mort du chef de guerre afghan, un ancien responsable la milice fondamentaliste alors au pouvoir en Afghanistan a décrit à l'Associated Press comment Al-Qaida avait planifié son assassinat dans l'espoir de porter un coup fatal à l'Alliance du Nord, deux jours avant le 11-Septembre.
Selon Wahid Mozhah, qui était directeur chargé du Moyen-Orient et de l'Afrique au ministère des Affaires étrangères sous les talibans, Oussama ben Laden a fait sa première allusion à un plan pour éliminer le "Lion du Panchir" dès 2000, au cours d'une rencontre avec le ministre taliban de l'Information Amir Khan Muttaqi.
Alors que le ministre se plaignait de la pression internationale exercée sur le régime en raison de la présence d'Al-QaJida en Afghanistan et du conflit contre l'Alliance du Nord de Massoud, Ben Laden avait réfléchi un instant et répondu: "Je connais vos difficultés. Je suis en train de chercher comment résoudre votre problème", a rapporté Wahid Mozhah, citant un traducteur qui assistait à la rencontre.
Quelques mois plus tard, au printemps 2001, un paquet contenant une caméra d'allure plutôt ancienne arrivait dans les locaux d'un média officiel de Kandahar, utilisé par les talibans et Al-QaJida. La caméra a surpris le technicien informatique qui l'a réceptionnée et elle a été récupérée dès le lendemain par un responsable d'Al-QaJida accompagné de deux hommes rasés, une autre curiosité dans l'Afghanistan d'alors, où tous les hommes étaient barbus.
Les deux Arabes, que Wahid Mozhah ne connaissait que par leurs prénoms, Karim et Arbet, ont ensuite tourné une interview du ministre taliban des Affaires étrangères Abdoul Wakil Mutawakil, sans jamais fournir la cassette de l'entretien qu'il avait réclamée. Ils ont ensuite rencontré Ben Laden et son bras droit Ayman al-Zawahri, qui les ont salué chaleureusement avant leur départ pour Kaboul puis le nord du pays tenu par les troupes de Massoud.
Les deux faux journalistes ont obtenu du ministère des Affaires étrangères taliban un sauf-conduit leur permettant de franchir la ligne de front. Une lettre de recommandation émanant d'une organisation musulmane de Londres leur a permis de rencontrer le commandant de l'Alliance Abdoul Rasoul Sayyaf, qui leur a ensuite facilité l'arrivée au Panchir.
Là, ils ont réussi à obtenir un entretien avec le commandant Massoud dans son fief de Khodja Bahauddin, le 9 septembre 2001. Ils venaient de poser leur première question ("Quelle est la situation en Afghanistan?") quand leur caméra piégée a explosé, tuant le plus emblématique des chefs de la résistance au régime taliban. Un des faux journalistes a aussi péri dns lma déflagration, tandis que l'autre a été tué par les gardes du corps déchaînés.
"Nous ne soupçonnions jamais les journalistes. Nos dirigeants ne faisaient pas assez attention...", se lamente l'actuel ambassadeur afghan en Turquie Khalili Massoud, grièvement blessé alors qu'il traduisait la première question à son chef. Son dernier souvenir de ce jour funeste: le visage ensanglanté du "Lion du Panchir" dans l'hélicoptère qui les évacuait d'urgence vers un hôpital au Tadjikistan.
Sources : Matinet
Posté par Adriana Evangelizt