Affaire Hariri : Brammertz a remis son rapport à Annan
Quand on lit le nouveau rapport de Brammertz, le remplaçant de Mehlis, on a doucement envie de rire. On nous noie dans des expressions nébuleuses qui veulent tout dire et rien du tout mais plutot rien que tout, voyez le genre... il faudra, dans l'immédiat, se contenter de "l’assassinat a été motivé par des considérations non seulement politiques, mais également économiques et financières", le flou artistique complet. Ils en sont encore à chercher si l'explosion était ou non souterraine, allant même jusqu'à supputer que la charge aurait pu être largué "du ciel"... un drone ? Il y a quand même un lien entre les 14 autres attentats perpétrés précédemment. Et le Mossad dans tout ça ? Bien évidemment, ON noit le poisson dans l'eau pour ne pas incriminer les vrais coupables. C'est ce que nous pensons réellement...
Affaire Hariri - Brammertz a remis son rapport à Annan
La commission d’enquête confirme que l’attentat du 14 février 2005 avait des motivations aussi bien politiques que financières
Comme prévu, le président de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le juge belge Serge Brammertz, a remis hier matin (heure de New York) son rapport d’étape au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui l’a transmis à son tour aux représentants des pays membres du Conseil de sécurité. Le document fera l’objet d’un débat vendredi prochain au Conseil de sécurité.
Le nouveau rapport Brammertz est purement technique et ne comporte aucune révélation fracassante, notamment en ce qui concerne l’identité des commanditaires de l’assassinat de Rafic Hariri. Le document confirme, cependant, l’existence d’un lien entre l’explosion du 14 février 2005, qui avait coûté la vie à l’ancien Premier ministre, et les 14 autres attentats perpétrés au Liban entre le 1er octobre 2004 (tentative d’assassinat du ministre Marwan Hamadé) et décembre 2005 (assassinat de Gebran Tuéni). Le rapport confirme en outre que l’assassinat a été motivé par des considérations non seulement politiques, mais également économiques et financières. Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits du rapport :
Introduction
Malgré la situation sécuritaire qui a entravé le travail de la commission et entraîné l’évacuation temporaire de son personnel à Chypre, des progrès ont été réalisés à tous les niveaux.
La commission a élargi son assistance aux autorités libanaises dans leur enquête concernant les autres attentats perpétrés au Liban depuis le 1er octobre 2004, dans le but de trouver un lien commun avec le cas Hariri.
L’assistance des États continue d’être nécessaire au succès du travail de la commission. Durant la période du rapport, 27 demandes d’assistance ont été envoyées par la commission à 11 États et entités, en plus des requêtes envoyées au Liban. La coopération de la Syrie est une composante importante du travail, et a été satisfaisante de manière générale, durant les trois derniers mois. La commission a graduellement amélioré ses capacités et ses ressources dans le but de la prolongation
de son mandat jusqu’au 15 juin 2007.
1- La scène du crime et les éléments associés
Un total de 56 éléments de restes humains ont été découverts en juin 2006, ainsi que quatre autres qui n’ont pu être analysés en raison de leur mauvais état. Tous ces éléments avaient été disséminés sur une large zone autour de la scène du crime. L’analyse ADN menée sur ces restes a permis de produire 27 profils basés sur l’ADN mitochondrial et 14 autres basés sur l’ADN nucléaire.
Trois nouveaux profils ADN ont été extraits à partir de restes humains retrouvés sur la scène du crime. L’un provenait à partir de taches de sang relevées à l’intérieur de l’immeuble Byblos, le deuxième sur le toit de l’annexe de l’hôtel Saint-Georges. Le troisième profil ADN revêt une importance particulière du fait que l’échantillon provenait du mécanisme d’allumage principal dans le voisinage de « l’immeuble 367 », adjacent à l’immeuble Byblos, ce qui pourrait constituer un élément en rapport avec les indices étroitement associés à l’explosion.
En outre, la dent retrouvée sur les lieux du crime, juste après l’explosion, appartient à la même personne dont 27 restes avaient été préalablement retrouvés. Les examens pratiqués sur cette dent ont montré qu’il s’agit d’une incisive supérieure droite appartenant à un homme âgé d’une vingtaine d’années, probablement pas plus de 25 ans, et présentant une marque distinctive à la surface de la couronne rarement observée parmi la population libanaise. Une autre dent complète a été retrouvée en juin 2006 dans le même secteur. Des tests médico-légaux supplémentaires sont actuellement conduits afin d’établir, si possible, l’origine régionale de cette personne à partir de l’examen des dents.
De plus, cinq autres éléments de restes humains, ainsi qu’un certain nombre de fragments osseux crâniens, ont été également retrouvés dans le même secteur, tous correspondant au profil ADN de la même personne. En dépit du fait que ces restes étaient trop brûlés pour permettre une extraction de profil ADN, la commission pense qu’ils appartiennent à la même personne ayant actionné le détonateur de la bombe.
Par ailleurs, une reconstruction en 3D de la scène du crime, au-dessus et en dessous de la chaussée, est sur le point d’être finalisée et sera ajoutée à la base de données représentant l’inventaire des indices. Cet exercice a pour objectif de déterminer le lieu exact de la voiture piégée (i.e. le van Mitsubishi) ainsi que celui de la personne qui a actionné le détonateur.
Caractéristique de l’explosion
Des tests indépendants ont confirmé que l’explosion du 14 février est liée à la Mitsubishi blanche qui transportait une bombe équivalant à au moins 1 200 kilogrammes de TNT et qui a été détonnée par un homme (dont 32 morceaux de corps ont été identifiés) se trouvant dans ou juste devant le van. Toutes les analyses sur la forme de l’explosion et ses conséquences ont été corroborées. La commission étudie toutefois une nouvelle hypothèse relative à un lâcher aérien qui aurait causé l’explosion. La commission poursuit toutefois son étude de tous les paramètres de l’explosion pour aboutir à des conclusions définitives quant à la quantité d’explosifs utilisée et sa localisation.
Le trajet du convoi
Après avoir interrogé à de multiples reprises les membres de la sécurité de Rafic Hariri, la commission est parvenue à établir précisément le trajet du convoi. Certains interviewés ont insisté sur le fait que les procédures de sécurité liées au gouvernement avaient été réduites après la démission de Rafic Hariri du poste de Premier ministre. La commission étudie par ailleurs différentes hypothèses et informations selon lesquelles Rafic Hariri aurait pu être, avant le 14 février 2005, la cible d’une tentative d’assassinat par l’équipe à l’origine de l’opération du 14 février. La commission d’enquête dispose d’informations selon lesquelles un certain nombre d’opportunités de tuer Hariri auraient pu être saisies par l’équipe. Selon la commission, les mesures de sécurité adoptées par Rafic Hariri après sa démission ont pu le placer en situation de vulnérabilité accrue, ce qui aurait facilité l’opération menant à son assassinat. Par exemple, le 14 février, le chemin emprunté par le convoi était le plus évident pour que l’ancien Premier ministre arrive chez lui à temps pour son rendez-vous. Par ailleurs, l’équipe en charge de l’assassinat pourrait avoir été au courant de la technologie électronique utilisée dans le cadre de la sécurité de Rafic Hariri, et par là même pourrait avoir adapté sa méthode d’opération en fonction de ce paramètre. Le fait que le positionnement de la voiture de Rafic Hariri dans le convoi soit toujours le même durant le mois précédant l’attaque pourrait également avoir facilité la tâche de l’équipe.
Par ailleurs, la commission a écarté l’hypothèse selon laquelle une voiture aurait suivi le convoi depuis son départ du Parlement ou que les feux de signalisation auraient été trafiqués pour ralentir le convoi. Le modus operandi le plus probable de l’équipe en charge de l’explosion ne requérait pas un plan si complexe et précis que cela.
Selon la commission, le plan était assez professionnel dans son esprit et flexible dans son exécution pour que le timing précis du convoi ne soit pas essentiel.
Une analyse que renforce le fait que les actes de Rafic Hariri étaient difficilement prédictibles. Le fait qu’il s’arrête une quinzaine de minutes dans un café devant le Parlement aurait pu mettre tout le plan à terre. En outre, les communications entre les membres présumés de l’équipe à l’origine de l’explosion ont été coupées pendant ces 15 minutes et n’ont repris qu’une fois qu’il a pris la route vers sa résidence. Ce qui prouve la flexibilité du plan.
Témoins sur la scène de crime
La commission a mené des interviews avec plus de 25 témoins sur la scène du crime, ce qui lui a permis d’éclaircir certains points qui étaient auparavant obscurs, notamment les mouvements exacts et le positionnement du van Mitsubishi durant les dernières étapes de l’opération, à titre d’exemple.
Le rapport expose toutes les méthodes suivies pour déterminer si l’explosion était oui ou non souterraine. La commission va, par ailleurs, effectuer une simulation pour pouvoir déterminer à partir de la position des témoins au moment de l’explosion s’il y a eu vraiment une ou deux déflagrations au moment et immédiatement après l’explosion.
Le rapport souligne, en outre, qu’une dernière étape d’interrogations est nécessaire pour tirer au clair cet aspect de l’enquête. À ce stade, l’hypothèse privilégiée de la commission demeure celle d’une seule déflagration, le phénomène des deux déflagrations entendues par un certain nombre de témoins pouvant être scientifiquement expliqué.
L’emploi du temps de Rafic Hariri
La commission a étendu le champ de ses investigations pour inclure les derniers jours de Rafic Hariri. Des informations importantes ont surgi des interviews menées, à ce jour, auprès de quinze personnes qui ont été en contact avec Hariri au cours des derniers mois qui ont précédé son assassinat, que ce soit au Liban ou à l’étranger.
La commission retrace la vie de Rafic Hariri au cours de la période qui a précédé son assassinat en se basant sur les différents aspects de sa vie professionnelle et privée.
Les nouvelles pistes d’enquête
La commission a identifié un nombre considérable de nouvelles pistes liées à l’examen du lieu du crime et à ses environs et a entamé un travail d’analyse et d’enquête sur chacune d’entre elles.
2- Individus impliqués dans l’instigation au crime
Analyse des communications et enquête
La commission a mobilisé des ressources considérables pour l’analyse et l’enquête sur les communications effectuées le jour du crime. Ce travail a donné d’importants résultats permettant d’établir des liens qui, autrement, n’auraient pas été évidents. Ces liens démontrent l’existence d’un réseau de communications complexe entre un grand nombre d’individus concernés. L’analyse des communications donne aux membres de la commission une meilleure compréhension des aspects de la préparation de l’attaque. Le travail se poursuit sur ce plan et il s’agit d’un des nombreux domaines où l’analyse comparative avec les 14 autres attentats est pratiquée. À titre d’exemple, les informations sur les activités des six détenteurs de cartes SIM, qui sont des membres présumés de l’équipe qui a perpétré l’attentat, autant par leur présence sur les lieux que du point de vue des communications, sont devenues plus claires et plus détaillées.
Par ailleurs, la commission a également développé sa connaissance des liens directs et indirects entre plusieurs individus importants pour l’enquête et appartenant à des groupes disparates. L’intérêt de ces liens n’est pas, dans certains cas, immédiatement apparent, et la commission tente de comprendre leur lien avec le crime proprement dit.
Le rapport souligne également l’importance de la dimension internationale de l’analyse des communications qui a donné à la commission des indices lui permettant de développer sa connaissance concernant la complexité du réseau de communications internationales liées au crime. Jusqu’à ce jour, la commission a impliqué 17 pays dans ce travail.
Les communications considérées comme significatives, effectuées à partir du Liban ou de l’extérieur du pays par des individus que la commission voudrait interroger et sur lesquels elle continue d’enquêter, sont systématiquement réexaminées, fournissant des indices supplémentaires pour l’enquête. Par ailleurs, la commission continue d’analyser les liens locaux, régionaux et internationaux entre des numéros associés avec Ahmad Abou Adass et d’autres individus, certains d’entre eux présentant un intérêt particulier pour l’enquête.
Le rôle d’Ahmad Abou Adass
Des investigations et des analyses approfondies de différentes données ont permis de clarifier le profil et les activités d’Ahmad Abou Adass. Il semble qu’il ait davantage d’intérêts académiques et intellectuels et moins d’orientation technique. La commission continue d’examiner en détail chaque aspect de son implication dans le crime, dont la validité de la vidéocassette dans laquelle il revendique la responsabilité de l’attentat. Son enquête s’articule autour de deux axes : savoir s’il a participé de son propre gré au crime, ou s’il a été contraint d’enregistrer la vidéocassette.
L’enquête porte aussi sur tous les événements en rapport avec la remise de la cassette et les appels téléphoniques à l’agence Reuters et à la chaîne al-Jazira, après l’attentat.
La commission suit de près des individus qui ont opéré au Liban et dans la région dans un contexte de criminalité et continue d’évaluer leurs activités dans la perspective d’une éventuelle implication ou non dans ces crimes.
Connaissance du crime
La commission enquête auprès d’individus qui sont apparemment en possession de diverses informations substantielles sur l’attentat, avant qu’il ne soit exécuté. Les investigations portent sur deux catégories : il y a ceux qui ont su quelque chose au sujet de l’attentat mais qui n’ont rien fait ou dit ou qui n’ont pas été en mesure de dire quoi que ce soit ; et il y a ceux qui ont su quelque chose ou qui ont été informés de certains aspects de l’attaque et qui ont essayé d’avertir Hariri ou un de ses proches.
L’environnement politique, militaire, policier et des renseignements au Liban
La commission continue d’interroger et de réinterroger des représentants ou d’anciens représentants des instances gouvernementales libanaises et syriennes. Ce travail, qui se poursuivra à l’avenir, est capital pour comprendre la structure politique et l’environnement de sécurité qui existait au Liban au moment de l’attaque.
Les personnes qui ont commandité le crime
Les motifs de l’attaque
La commission a identifié différents motifs potentiels, pas nécessairement corrélatifs, qui ont pu sceller la décision d’assassiner Hariri – sachant qu’il est tout à fait possible qu’il y en ait d’autres et que certains de ces motifs pourraient être les mêmes que ceux qui ont sous-tendu d’autres assassinats, tentatives d’assassinat, ou attentats. Ces mobiles en question prennent racine dans des considérations variées (internationales, régionales, nationales) et sont liés à des questions politiques, économiques, financières ou relatives au monde des affaires.
La commission s’intéresse ainsi au contexte politique dans lequel existait Rafic Hariri avant et au moment de son assassinat, notamment les élections législatives à venir, les relations avec d’autres États de la région, l’affaire de la Banque al-Madina, des facteurs liés aux affaires ou aux médias, les rapports personnels de Hariri avec des acteurs politiques et d’autres individus concernés de près ou de loin par ce dossier. Encore une fois, la commission regarde d’un bon œil la possibilité qu’il y ait eu plus d’une raison ayant motivé le crime – cet aspect du travail des enquêteurs sera d’ailleurs très détaillé dans le prochain rapport.
L’assistance technique pour les autres attentats, assassinats ou tentatives d’assassinat
La commission a poussé plus loin son assistance technique aux autorités libanaises concernant les quatorze autres assassinats, tentatives d’assassinat ou attentats. Une équipe multidisciplinaire continue de travailler étroitement avec le procureur général libanais. La commission, qui a créé des dossiers analytiques pour chacun des quatorze cas, a transcrit plus de mille pages relatives à ces cas, et trois mille autres sont à venir.
La commission a axé son assistance technique, pour chaque cas, sur trois parties : l’expertise d’enquête et l’analyse ; la recherche au niveau des communications (l’analyse horizontale de chaque affaire a été notamment effectuée) ; les interrogatoires (les personnes choisies et les questions/réponses posées et obtenues pouvant éclairer un des cas en question aussi bien que mettre l’accent sur les corrélations avec le dossier Hariri).
Expertise
La commission prépare un plan destiné à optimiser les possibilités de l’expertise ; ce plan sera discuté avec le procureur général libanais et les juges d’investigation. Une fois qu’il y aura accord, la commission entamera une phase de collecte afin d’augmenter au maximum les éléments d’expertise pour chaque cas, sachant que les quatorze événements se sont déroulés en l’espace de neuf mois, il y a bientôt deux ans.
Le but ensuite sera de trouver des liens entre ces quatorze affaires. Pour cela, la commission étudie en ce moment toutes les images et photographies des sites où des explosions ont eu lieu ; des analyses sismologiques des signaux émis seront prises en compte, ainsi que des relevés d’empreintes et d’ADN, et le tout sera comparé avec les
équivalents relatifs au dossier Hariri. L’objectif de tout cela est d’établir des liens (d’expertise) horizontaux.
Communications
La commission a rassemblé des millions de données téléphoniques avant de séparer les appels téléphoniques qui l’intéressaient pendant une période donnée entourant chacun des 14 attentats. Le but de ce procédé était de repérer, parmi l’important flux de communications circulant à Beyrouth, les numéros de téléphones susceptibles d’être rattachés aux attentats ou en rapport avec d’autres numéros suspects.
À titre d’exemple, un individu utilisant à lui seul plusieurs numéros de téléphone mobiles dans un périmètre géographique précis et pendant une période de temps déterminée a été repéré lors de plusieurs attentats. Quatre autres personnes ont permis de remonter à cet individu dans quelques-unes des attaques.
La commission continuera ce travail d’analyse et assistera le procureur général en enquêtant et en suivant les pistes appropriées.
Entrevues
Après la prorogation du mandat survenue le 15 juin 2006, la commission d’enquête a effectué une série d’entretiens liés à six attentats. Ces entrevues ont mis en évidence des preuves très significatives et ont apporté plusieurs pistes qui méritent d’être suivies de près.
Un certain nombre d’entretiens sont en train d’être planifiés pour la période à venir. L’impact immédiat de ces entretiens est évident pour la commission, vu qu’ils ont fait apparaître des liens évidents entre deux attentats, voire plus. La nature de ces liens est en train d’être mise à jour et fait apparaître, comme cela a été mentionné dans le précédent rapport, une « superposition » de motivations ayant conduit aux attentats.
Les attentats peuvent ainsi tout aussi bien être justifiés au niveau individuel qu’au niveau collectif, d’après un schéma plus global.
La commission a en outre renforcé ses déclarations préliminaires qui ont conclu à un lien entre les 14 attentats. Ces 14 crimes n’ont pas été commis par 14 personnes indépendantes et disparates, avec des motivations différentes. Des preuves soulignant leur lien sont en train d’être mises à jour, permettant à terme de classer les différents auteurs en groupes distincts.
Coopération externe
Avec les autorités libanaises
Au total, 12 demandes écrites relatives à l’enquête ont été présentées, durant la période couverte par ce rapport. Des réunions ont eu lieu avec des juges civils et militaires, pour faire progresser l’enquête sur les liens entre tous les attentats examinés. La commission a partagé avec les autorités libanaises toutes les informations dont elle dispose, « à l’exception des informations pouvant compromettre la sécurité d’un témoin, ou la sécurité nationale d’un État ». En pareils cas, les informations ont été fournies de façon générale. La commission a fourni aux autorités judiciaires toutes les informations nécessaires au sujet de personnes détenues, et revoit toute la documentation nécessaire pour évaluer la crédibilité de témoins dans l’affaire.
Avec la République arabe syrienne
La coopération de la Syrie avec la commission est demeurée « continue et efficace ». Durant la période couverte par le rapport, onze personnes, dont des officiels syriens, ont été interrogées. En ce qui concerne « la qualité de la coopération syrienne », la commission « continue de contrôler la profondeur et la validité des réponses obtenues, et estime que des entretiens supplémentaires destinés à corroborer ces entretiens, doivent être menés ». Sur ce plan, la coopération de la Syrie a été jugée « variable ».
Conclusion
Dans l’établissement des faits, sur les lieux du crime, « la commission est parvenue dans une grande mesure à des critères d’évidence ». Ces données lui fournissent désormais des fils conducteurs d’une autre nature, à mesure que l’enquête s’approfondit.
Dans l’étape à venir, « l’objectif stratégique de la commission est de conduire près de 50 entretiens-clés » : de rassembler et d’analyser une grande quantité de données électroniques déjà disponibles, d’informations techniques et de documentation.
Elle va développer ses recherches sur les liens horizontaux et verticaux entre tous les attentats, poursuivre ses expertises.
Les enquêtes sur les 14 autres attentats situent ces attaques dans le contexte qui prévalait à l’époque et commencent à fournir des liens utiles pour identifier de possibles « motifs conjoints » pour ces attaques. Pousser l’analyse de ces liens pour atteindre des critères d’évidence constituera une priorité dans l’étape à venir.
À mesure que l’enquête restreindra ses objectifs méthodologiques et raffinera l’analyse de ses hypothèses, les progrès s’accélèreront grâce à de futurs témoins et à une connaissance interne du crime et des éléments qui y sont associés. « La commission installe en ce moment un mécanisme de protection des témoins, pour permettre à un plus grand nombre d’individus disposant d’informations, de se présenter et d’aider la commission. »
Sources : LORIENT LE JOUR
Posté par Adriana Evangelizt