Corée : spéculatin sur l'imminence d'un essai nucléaire
La presse coréenne spécule sur l'imminence d'un essai nucléaire
Un essai nucléaire nord-coréen, comme promis mardi par le régime communiste, pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine, croit savoir un influent quotidien sud-coréen, tandis qu'un journal pro-Pyongyang estime qu'un tel essai est "inéluctable".
Le Dong-a Ilbo, qui ne cite pas ses sources, donne deux dates: le 8 octobre, jour-anniversaire de l'installation de Kim Jong-il à la tête du parti des Travailleurs (et donc du pays), et le 10 octobre, qui marque la fondation du parti.
"Il y a de grandes chances que (la Corée du Nord) entreprenne (un essai) à l'une de ces dates s'il veut renforcer l'unité nationale", écrit le Dong-a.
Le régime communiste pourrait également choisir le 9 octobre, date du déplacement à Séoul du nouveau Premier ministre japonais Shinzo Abe.
En tout cas, l'essai aura lieu avant le 7 novembre, date des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, prédit le quotidien à l'instar de nombreux experts.
Etant donné que l'essai nucléaire est destiné à attirer l'attention des Etats-Unis, "il est probable qu'il soit programmé avant les élections américaines de mi-mandat afin d'optimiser son impact sur l'administration de George W. Bush", explique le Dong-a.
Dans son communiqué annonçant mardi un essai nucléaire, la Corée du Nord a une nouvelle fois dénoncé les sanctions financières américaines imposées l'an dernier à certaines entités du Nord. Selon les observateurs, la menace d'un essai fait partie d'une campagne du régime communiste visant à obtenir la levée de ces sanctions.
La Corée du Nord s'est déjà déclarée puissance nucléaire en février 2005 mais sans jamais prouver qu'elle l'était par un essai.
"Il ne s'agit pas de verbiage", avertit le quotidien pro-Pyongyang Chosun Sinbo. "Etant donné que la RPDC (République populaire démocratique de Corée) a déclaré en février de l'an dernier qu'elle possédait l'arme atomique, un essai nucléaire représente la prochaine étape de développement inéluctable", écrit le journal sur son site internet.
"A moins que les Etats-Unis modifient leur attitude, le calendrier fixé par la RPDC afin de renforcer son pouvoir de dissuasion nucléaire sera appliqué sans changements", ajoute-t-il.
"Nous prenons des mesures en présumant qu'il y plus de probabilité que la Corée du Nord procède à un essai nucléaire" (plutôt qu'elle ne le fasse pas), avait déclaré mercredi le ministre sud-coréen de la Défense, Yoon Kwang-ung.
Le gouvernement de Séoul "croit qu'il y a une forte possibilité d'un essai nucléaire si les efforts pour reprendre les négociations à six échouent", avait renchéri le ministre de l'Unification, Lee Jong-seok.
Les négociations à six réunissent les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie. Ses interlocuteurs tentent en vain depuis 2003 de convaincre la Corée du Nord de renoncer au nucléaire mais le régime communiste les boycotte depuis novembre 2005.
Jeudi, les efforts diplomatiques se poursuivaient afin de tenter de dissuader le Nord de mettre sa menace à exécution. Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Ban Ki-moon, devait s'entretenir dans la soirée avec son homologue nippon Taro Aso, selon Séoul.
Le Japon prône la fermeté face à la Corée du Nord à la différence de Séoul, lancé depuis 2000 dans une politique de réconciliation avec sa voisine.
Le Premier ministre nippon a appelé les Nations unies à "faire en sorte que la Corée du Nord comprenne qu'elle s'exposera à des sanctions encore plus dures".
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit une nouvelle fois se réunir jeudi à New York, après une première réunion qui n'a pas réussi à établir une réponse commune face à la menace nord-coréenne.
Tokyo demande une résolution qui fasse appel au chapitre VII, qui prévoit notamment l'usage de la force.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt