Elections au Congrès : le suspense reste entier

Publié le par Adriana Evangelizt

Elections au Congrès américain: le suspense reste entier

Par Vladimir Simonov

RIA Novosti - Dans un spot publicitaire diffusé à la télévision américaine, une blonde à l'opulente poitrine genre Marilyn Monroe susurre, un sourire aguicheur aux lèvres: "J'ai rencontré Harold lors d'une soirée organisée par Playboy".

Harold Ford Jr. est un candidat démocrate au Sénat, mais surtout c'est un Noir. Conçu par le Parti républicain, le spot publicitaire vise apparemment à le discréditer en spéculant sur les préjugés racistes face aux mariages mixtes.

A quelques jours des élections partielles au Congrès américain, programmées pour le mardi 7 novembre, tout devient permis dans la course électorale. L'enjeu est trop gros: les 435 sièges de la Chambre des représentants, 33 sièges au Sénat (actuellement répartis entre 17 démocrates et 15 républicains) et 36 des 50 mandats de gouverneur.

Le Capitole, où après la "révolution" républicaine de 1994 le parti des Bush père et fils règne sans partage, semble aujourd'hui une forteresse plus vulnérable que jamais en prévision d'un éventuel assaut démocrate.

La possibilité même pour un parlement de se renouveler tous les deux ans a de quoi effrayer les élus de la Douma (chambre basse du parlement russe) habitués à vivre au rythme d'un escargot. Si la Russie adopte un jour le système des élections partielles, il est certain que l'hémicycle de la Douma sera nettement moins dépeuplé, et que le rendement des activités législatives sera bien meilleur. Nul ne sait si les auteurs de la Constitution des Etats-Unis ont suivi la même logique, mais ils ont établi pour le bien de leur peuple un système efficace de remaniement régulier, quoique partiel, des autorités.

Cette fois-ci, les Américains semblent prêts à une nouvelle "révolution", désormais démocrate.

La raison est simple: les élections partielles promettent de tourner en plébiscite au sujet de la guerre en Irak. Lindsay Graham, influent sénateur du Parti républicain, a récemment fait une description laconique des états d'esprit dominants dans le pays: "Nous sommes au bord du chaos, alors que le programme existant ne fonctionne pas".

Bien sûr, George W. Bush ne pouvait pas modifier sa politique irakienne à la veille des législatives: c'eût été reconnaître sa propre défaite. Résultat, le président américain s'est lancé au cours de ces dernières semaines dans une campagne de propagande, étonnante par son intensité, pour faire l'éloge des succès de son administration dans la lutte contre le terrorisme tantôt en promettant de "maintenir le cap" en Irak, tantôt en laissant entendre la possibilité de "changements tactiques".

Toutefois, si cette campagne a pu redonner espoir aux fidèles du Parti républicain, les indécis, soit 25% à 30% de l'électorat, se sont confortés au contraire dans leur scepticisme.

Le bilan statistique reste décourageant pour l'administration américaine. Selon un sondage qui vient d'être réalisé par la chaîne de télévision CNN, seulement 20% des Américains continuent de croire à la victoire en Irak, alors qu'il y a un an les optimistes étaient deux fois plus nombreux. Un républicain sur trois est prêt à voter démocrate. Le pays se fait progressivement à l'idée que la vie des soldats américains vaut plus que l'Irak. En effet, le nombre des soldats morts en Irak s'approche de la barre effroyable des 3.000, sans oublier les 655.000 Irakiens tués.

Les Etats-Unis n'auraient pas dû s'immiscer dans la guerre irakienne, idée qui promet d'alourdir l'ambiance dans les bureaux de vote, le 7 novembre.

Mais, quelque probable que soit la revanche démocrate dans au moins une chambre du Congrès, le résultat final reste entre les mains du Seigneur.

Sur le plan purement arithmétique, le tableau est des plus simples. A la Chambre des représentants, les républicains détiennent 231 sièges, contre 201 sièges démocrates, sans oublier un élu indépendant et deux sièges vacants. Pour acquérir la majorité, le Parti démocrate doit obtenir aux élections 15 nouveaux sièges. Au Sénat, où 33 sièges sont en jeu, les démocrates ont besoin de 6 nouveaux sénateurs.

On pourrait avoir l'impression que la tâche s'annonce facile, avec en toile de fond la guerre en Irak et plusieurs scandales scabreux. Il suffit de rappeler l'histoire du député républicain Mark Foley qui a tenté de séduire plusieurs jeunes lycéens employés au Congrès comme coursiers. Mais tout n'est pas aussi simple.

Aux Etats-Unis, un député en exercice dispose de leviers d'influence sur l'électorat qui sont inaccessibles aux candidats, sans oublier d'autres facteurs liés à la loyauté traditionnelle des Américains vis-à-vis de leur élu précédent, quel que soit son parti, et à la nouvelle répartition des sièges à la Chambre des représentants après le recensement de 2000.

Enfin, pour beaucoup d'Américains, la guerre en Irak est reléguée au second plan face aux problèmes sociaux sensibles, dont l'immigration clandestine, les mariages homosexuels ou encore l'IVG sur mineure sans le consentement des parents.

Ainsi, le Parti démocrate devra se saigner aux quatre veines pour faire bouger l'opinion publique en sa faveur. Et il serait prématuré de prédire sa victoire même à la veille du scrutin.

Dans tous les cas, Vladimir Poutine n'a pas à s'en inquiéter. Quel que soit le résultat des élections, son ami George sera toujours là. D'autant plus que la politique internationale des Etats-Unis a peu de chances de subir des changements radicaux, si les démocrates obtiennent la majorité au Congrès. Après tout, l'échiquier politique repose sur les pierres angulaires telles que la lutte contre le terrorisme, l'Iran et la Corée du Nord, problèmes qui laissent une marge de manoeuvre très étroite, même pour les démocrates américains.

Sources RIA NOVOSTI

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité

Publié dans Elections

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article