Le sacrifice de Saddam Hussein n'aura pas sauvé George Bush
LE SACRIFICE DE SADDAM HUSSEIN
N’AURA PAS SAUVE GEORGE W. BUSH
par Kai Littman
Le verdict contre l’ex-dictateur de l’Iraq est tombé. Mais quel verdict ! La peine capitale par pendaison. Pendant que la presse américaine et une partie de la presse européenne se réjouissent de la barbarie judiciaire suprême qu’un Etat peut infliger (The Sun : «Il n’y a pas de meilleure peine pour ce criminel devenu politique»), s’interroger sur la fonction réelle de ce procès ne paraît pas superflu.
Ce qui semble relativement clair est que celui-ci n’avait nullement pour but d’apaiser un pays en pleine guerre civile et sous occupation américaine. Si tel en avait été l’objectif, nul doute ou presque que la Cour se serait réunie à La Haye, comme ce fut le cas dans l’affaire Milosevic. Non, le seul qui aurait semble-t-il pu profiter de cette justice spectacle n’est autre que George W. Bush. Le timing du rendu de la sentence plaide d’ailleurs en ce sens, son rapprochement calendaire avec les élections américains de mi-mandat n’étant sans doute guère fortuit à l’heure où la l’hôte de la Maison Blanche ne semble recueillir que 35% d’opinions favorables auprès de sa population. Mieux, si le 14 décembre 2005, le président américain avait dû se résigner à admettre devant les caméras que l’ensemble des raisons avancées par son administration pour intervenir en Irak s’étaient avérées fausses («I must admit that most of the intelligence was wrong…»), ce verdict aurait sans doute pu lui apporter quelques voix supplémentaires de dernières minute. Stratégiquement, la chose n’est d’ailleurs pas absurde.
Mais voilà : l’histoire connaît parfois ses propres raisons. Le timing du procès Saddam n’aura pas à lui seul réussi à sauver l’avenir politique de George W. Bush et des Républicains. Les démocrates ont repris la Chambre des représentants et, à l’heure actuelle, la bataille reste encore indécise au Sénat. Un coup de balai qui, souhaitons-le, posera les fondations d’une nouvelle politique américaine, moins belliqueuse et plus orientée vers un vivre ensemble.
Sources Europe&US
Posté par Adriana Evangelizt