Dans les faits, il ne faut pas s'attendre à de grands changements

Publié le par Adriana Evangelizt

Notamment en Irak. Le bourbier est tel qu'il est très difficile de s'en sortir et les démocrates ne feront sans doute pas mieux que les autres...

 

«Dans les faits, il n’y a pas de politique de rechange»

par BERNARD BRIDEL

Spécialiste des Etats-Unis, Nicole Bacharan commente le résultat des élections.

Nicole Bacharan (*) connaît très bien les Etats-Unis où elle a vécu.

Chercheur à la Fondation Nationale des Sciences Politiques à Paris, elle ne pense pas que la victoire des démocrates va bouleverser la politique étrangère américaine, notamment en Irak.

- Peut-on dire que les regards sont désormais rivés sur la présidentielle de 2008 ?

- Oui, sans hésitation. Les candidats, même s'ils ne se sont pas encore déclarés, sont tous déjà en campagne. Hillary Clinton, par exemple, a dépensé plus de 30 millions de dollars pour sa réélection. Une réélection assurée d'ailleurs. Mais elle voulait un raz-de-marée – qu'elle a obtenu avec 67% des voix – pour se mettre en lice pour 2008. Le sénateur démocrate afro-américain Barack Obama a, lui, publié un livre pour mesurer sa popularité lors de sa tournée de promotion. D'autres enfin ont démissionné de leur poste pour se consacrer à leur campagne.

- Que va pouvoir faire le «lame duck» (canard boiteux) Bush durant ses deux dernières années à la Maison-Blanche, notamment sur l'Irak?

- La fin d'un second mandat est toujours difficile. C'est une période d'affaiblissement pour un homme qui ne peut pas se représenter et donc auquel son parti tourne le dos alors qu'il est encore en place. Mais George Bush est encore plus affaibli qu'un autre car le Congrès sera d'un autre bord et qu'il y a la guerre en Irak. Je pense que sur la question irakienne, il tentera d'aller vers des ouvertures bipartisanes.

- C'est-à-dire?

- On le verra dès décembre, avec la parution du rapport sur l'Irak de la commission Baker. Les conclusions de cette commission bipartisane devraient permettre au président de réduire, sans perdre la face, les ambitions de cette guerre : qu'il soit moins question de démocratie et plus d'un semblant de stabilité sur le terrain pour préparer le retrait. Car au fond, républicains et démocrates sont d'accord sur le fait qu'il faut quitter l'Irak. Ils cherchent la porte de sortie. Mais ils ne sont pas sûrs que George Bush soit le meilleur pour la trouver.

- En résumé, George Bush est un canard boiteux avec en plus un gros boulet irakien?

- Oui, parce que la guerre en Irak est sa guerre, qu'il l'a voulue, qu'elle n'était pas indispensable, qu'il l'a lancée sur des bases plus que douteuses et menée d'une manière franchement incompétente.

- Les démocrates n'ont-ils pas gagné trop tôt?

- Ce n'est pas une victoire sans inconvénients pour eux. Mais s'ils n'avaient pas gagné, ils seraient plombés pour 2008. Une défaite aurait cassé leur énergie qui vient bien plus de leur critique de Bush que de leur programme. Donc c'est beaucoup mieux pour eux d'avoir gagné. Néanmoins, le Congrès est très mal noté auprès des Américains, les congressmen ayant une cote encore plus basse que celle de la Maison-Blanche. Les démocrates courent le risque d'être accusés de ne pas être efficaces, de ne pas tenir leurs promesses. Et puis, on attend d'eux qu'ils poussent au retrait d'Irak, et ça, c'est un guêpier terrible.

- Pourraient-ils diminuer les crédits militaires?

- Non, sauf accord avec le président. En revanche, ils peuvent contrôler la manière dont l'argent est dépensé, et là, il semble qu'il y ait beaucoup à redire. Et puis, il y a les commissions d'enquêtes qui, sur l'Irak, les débuts de la guerre, la conduite de la guerre, etc., peuvent être redoutables.

- L'image de l'Amérique dans le monde pourra-t-elle changer d'ici à 2008?

- J'ai envie de dire qu'elle pourrait s'améliorer à cause des illusions que la victoire démocrate peut susciter. Mais il est vrai que George Bush est un pôle d'attraction pour l'hostilité antiaméricaine dans le monde et que plus il sera sur le départ, plus l'image de l'Amérique pourra s'améliorer. Mais dans les faits, il n'y a pas de politique de rechange.

(*) Dernier ouvrage publié: Américains et Arabes, L'Affrontement. Nicole Bacharan avec Antoine Sfeir. Editions du Seuil

Sources 24 h

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Publié dans Elections

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S
Va donc gémir ailleurs, ça nous fera des vacances !
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A
Quel tissu de mensonges que ce blog qui ose citer Nicole Bacharan!Si tu avais pris le temps de lire l'ouvrage que tu cites et, accessoirement, de te renseigner sur les travaux de ce professeur tu saurais à quel point elle contredit tes propos ineptes sur les génocides en veux-tu en voilà...Je ne pensais pas que l'on pouvait être aussi productif dans l'amalgame et l'absurde. Visiblement, je me suis trompé avec ton blog...
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