Rafael Correa, anti-américain, élu président de l'Equateur

Publié le par Adriana Evangelizt

Et un de plus en Amérique du Sud qui n'ira pas dans le sens de la politique américaine...

Equateur: l'anti-américain de gauche Rafael Correa

élu président




Pour la première fois depuis près de trente ans, un candidat nationaliste de gauche anti-américain, l'économiste Rafael Correa, a été élu officiellement président de l'Equateur.

Compte tenu de résultats officiels portant mardi sur 90% des voix, cet ami du président vénézuélien Hugo Chavez et ancien ministre de l'Economie recueille 57,88% des voix et ne peut plus mathématiquement être rejoint par son rival, le magnat de la banane Alvaro Noboa, crédité de 42,12% des suffrages.

L'élection de Rafael Correa à la présidence de ce petit pays sud-américain renforce l'axe de gauche en Amérique latine où les Etats-Unis voient leur influence remise en question.

Son rival Rafael Noboa, un homme d'affaires à la tête de 120 entreprises, ce qui fait de lui la première fortune de l'Equateur, avait immédiatement après l'élection dénoncé une conspiration à son encontre.

Mardi matin, ce milliardaire conservateur n'avait toujours pas admis sa défaite alors que Correa, qui prendra ses fonctions le 15 janvier, est considéré par la presse et les chefs d'Etat des pays voisins comme le président élu.

Le nouveau président de l'Equateur a annoncé mardi lors d'une rencontre avec la presse étrangère qu'il avait reçu des félicitations et des invitations de nombreux chefs d'Etat de la région, dont le Brésil, le Chili, l'Argentine et la Colombie.

Interrogé sur ses premiers déplacements à l'étranger, M. Correa a indiqué "qu'il visitera la Colombie", le pays de la région le plus proche de Washington, avec lequel règne une tension permanente provoquée par la présence d'une guérilla sur leur frontière, et le Brésil qualifié de "partenaire stratégique".

"J'irai en Colombie pour démontrer les excellentes relations que nous avons toujours eues avec ce pays", a-t-il dit, précisant que Quito ne s'impliquerait pas dans le conflit du pays voisin.

"En fait, le seul qui ne m'ait pas invité est Hugo Chavez", a ajouté M. Correa en plaisantant.

Pour l'ambassadeur du Venezuela à Quito, M. Oscar Navas, le président Chavez a "gagné un nouvel allié" avec l'élection de Correa. "Ici en Equateur, il n'y aura pas de nouveau Lula, de nouveau Chavez ou de nouveau Bush", a répliqué Correa.

Se basant sur le principe du "respect mutuel", il a annoncé une série de mesures contre les Etats-Unis, pays qu'il a à plusieurs reprises qualifié "d'hégémonique".

Faisant écho à son allié vénézuélien, M. Correa a averti qu'il rejetterait tout traité de libre échange avec les Etats-Unis. Il a aussi annoncé qu'il ne prolongerait pas en 2009 l'accord de 1999 permettant à Washington de bénéficier d'une base militaire sur le sol équatorien, à Manta, tête-de-pont de sa lutte contre la drogue dans le Pacifique, également utilisée contre la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - marxiste).

Les relations des Etats-Unis avec l'Equateur "dépendront de la politique suivie par le gouvernement (de Quito) et du fait de savoir si cette politique sera conforme à nos objectifs", a affirmé à Washington le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

Dès dimanche soir à Guayaquil, dans le sud-ouest du pays, dans le bastion politique de son rival, Correa avait déjà proclamé et fêté sa victoire au son de musiques à la gloire du militant révolutionnaire Che Guevara.

Geste symbolique, M. Correa avait annoncé qu'il réduirait de moitié, dès sa prise de fonctions, le salaire présidentiel, aujourd'hui de 8.000 dollars.

Quelque 9,16 millions d'électeurs ont voté dimanche dernier pour élire leur nouveau président.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Venezuela

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