Empoisonnement : une multitude de moyens
Empoisonnements: une multitude de moyens
La mort de l'ex-agent russe Alexandre Litvinenko a engendré une vague de discussions d'abord sur le thallium et puis sur le polonium 210, leurs procédés de production et d'utilisation. Cependant, note le quotidien Rossiïskaïa gazeta, ces deux éléments ne sont pas les poisons de prédilection des empoisonneurs.
L'arsenic peut être sans aucun doute classé parmi les poisons connus les plus anciens. On empoisonnait à l'arsenic les pharaons égyptiens, il y a des milliers d'années, et cette substance a été ensuite utilisée avec succès dans le courant de l'histoire.
L'assassinat de Grigori Raspoutine par le prince Félix Ioussoupov, en 1916, est certainement une des histoires d'empoisonnement les plus connues de la Russie tsariste. Le "mauvais génie" de la famille impériale a mangé des gâteaux farcis au cyanure de potassium, mais le poison n'a produit aucun effet sur lui, et Ioussoupov a dû utiliser une hache et des pistolets pour finalement le noyer dans un canal de la Neva.
La Russie soviétique avait de nombreux ennemis, ce qui a poussé les nouveaux organes de répression de la république ouvrière et paysanne à s'armer de poisons des services secrets étrangers. Le général Piotr Wrangel, un des leaders du mouvement anti-bolchevik pendant la guerre civile en Russie, est mort empoisonné en Belgique, le 25 avril 1928.
En 1959, un agent secret soviétique a tiré une balle empoisonnée dans le corps de Stepan Bandera, chef de l'organisation des nationalistes ukrainiens. Sa mort aurait pu rester une énigme si l'agent ne s'était pas rendu lui-même à la police allemande.
L'assassinat du dissident bulgare Gueorgui Markov à l'aide d'un parapluie empoisonné au ricin, à Londres en 1978, est une des opérations les plus célèbres des services secrets.
La mort du banquier russe Ivan Kivelidi, décédé dans des circonstances mystérieuses en 1995, après que le combiné téléphonique du banquier eut été recouvert d'une substance toxique, a ouvert une nouvelle série d'empoisonnements dans l'histoire récente. Le poison, dont la nature n'a jamais été établie, était toxique au point qu'un seul coup de téléphone a tué non seulement le banquier, mais également sa secrétaire.
En septembre dernier, un influent entrepreneur pétersbourgeois, Roman Tsepov, est mort dans des circonstances mystérieuses. L'affaire n'a jamais été élucidée. Les médecins n'ont fait qu'émettre des hypothèses prudentes concernant l'empoisonnement au moyen d'une quelconque substance radioactive. La dose de radiation détectée dans son organisme dépassait la norme tolérée d'un million de fois.
Cependant, les empoisonneurs préfèrent d'habitude des moyens beaucoup plus primitifs. Le cas le plus médiatisé (bien que pas le plus évident) est sans doute la maladie du président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, qui prétend avoir mangé un plat empoisonné. Les médecins ukrainiens supposent qu'il s'agit de la dioxine. M.Iouchtchenko est resté défiguré après cette maladie.
Un empoisonnement retentissant, organisé par les services secrets russes, a eu lieu il y a deux ans en Tchétchénie. Le terroriste influent Khattab a été éliminé à l'aide d'un poison inconnu enduisant une lettre prétendument adressée à Khattab par un cheikh arabe. Le mercenaire est mort deux jours après, le toxique à agi en se mêlant à la sueur de ses mains.
Le premier ministre géorgien Zourab Jvania a été retrouvé mort dans un appartement de Tbilissi, en 2005. Selon toute apparence, il s'agissait d'un accident, le chef du gouvernement ayant été intoxiqué au monoxyde de carbone à la suite d'une erreur de maniement d'un appareil de chauffage. Cependant, une enquête menée par les services secrets américains a donné un résultat différent: Zourab Jvania aurait été empoisonné au pentacarbonyle de fer mêlé à son vin. Il s'agit d'un produit chimique particulièrement dangereux qui se diffuse et se décompose très vite dans l'organisme en formant du monoxyde de carbone.
Sources Ria Novosti
Posté par Adriana Evangelizt