Malheur aux vaincus

Publié le par Adriana Evangelizt

Nous vivons dans un monde de déshonneur et de barbarie. En se tournant sur notre Histoire, on comprend combien les moeurs de ceux qui gouvernent le monde se sont dégradés, viciées, diabolisées. Souvenons nous lorsque François 1er fut capturé par l'armée de Charles-Quint à la fameuse bataille de Pavie. En ce temps-là, les princes et rois de ce monde étaient en première ligne avec leurs hommes pour mener le combat. Leur sens de l'honneur et du sacrifice, leur courage étaient autre chose que la lâcheté d'un Bush se disant commandant des armées mais restant planqué dans son bureau de bourreau. Il se pare d'un titre qu'il ne mérite pas. François 1er s'est battu comme un forcené avec son épée  alors qu'il était assiégé de toute part par les soldats ennemis. Il a été légèrement blessé mais pas un seul combattant adverse n'aurait eu l'idée de lui asséner le coup fatal. Lorsqu'il s'est vu complètement cerné, il a déposé son épée. En ce temps là, les rois étaient des hommes d'honneur. Il existait des règles. Charles-Quint voulait François 1er vivant pour le faire prisonnier et demander -en échange de sa libération- diverses concessions... Suite à cette agression française, Charles-Quint aurait eu la possibilité de faire envahir la France, il ne l'a pas fait. Il ne l'a pas fait à cause d'un problème financier mais surtout parce que la révolte grondait chez ses soldats fatigués de guerres incessantes. Aujourd'hui, 3000 GI's sont morts pour le pétrole et le pillage mais Bush n'en a cure... autre époque, autres moeurs... mais malheureusement dans le pire pas dans le meilleur...

 

Malheur aux vaincus


par Marco D'Eramo





On nous l’avait montrée comme une pendaison sobre, réglée : la vidéo distribuée par le gouvernement irakien était muette.

Mais ensuite est arrivée la bande sonore dans laquelle les gardes et les spectateurs qui n’arrêtent pas de se foutre de Saddam Hussein ; comme des ultras de stade, ils lui crient le nom de Moqtada al-Sadr, ennemi implacable du dictateur ; lui hurlent « Va en enfer ! » ; lui entonnent une prière chiite, à lui qui est sunnite ; jusqu’à ce que, juste avant que ne s’ouvre la trappe, Saddam Hussein dise :
« Les vrais hommes ne se conduisent pas comme ça ».

L’exécution se révèle donc comme ce qu’elle était, une vengeance, vile, en plus, abjecte. Les médias anglo-saxons sont maintenant « scandalisés » : ils auraient voulu une exécution aseptisée. Aux Usa, sévit toujours l’idée que la peine de mort puisse être prescrite comme dans une salle d’opération, par le gaz, par l’électricité, par une injection, tout moyen pourvu que ça ne rappelle pas le sang. On se retrouve au contraire avec un assassinat de gangsters de rue qui arrivent finalement à mettre la main sur le boss enfin désarmé du gang rival. Et maintenant donc les puritains s’indignent. La Bbc est « choquée ». Le New York Times a la nausée. L’hypocrisie n’a pas de limite : la faute de l’opprobre retombe naturellement entièrement sur le premier ministre Nuri Al Maliki. Les Américains, eux, avaient essayé de tuer Saddam selon le protocole, mais ces barbares ont tout fait rater. Au malaise dégoûté des médias contribue aussi le nouveau seuil franchi par les pertes étasuniennes en Irak, qui ont maintenant dépassé le mur des 3.000 morts. C’est extraordinaire comme tout d’un coup certains chiffres deviennent des seuils. Personne dans les médias étasuniens n’avait pipé mot quand ils avaient dépassé les 1.000 morts, tout comme ils étaient aussi restés assez discrets pour les 2.000. Maintenant, tout d’un coup, la côte 3.000 devient une « pierre angulaire », comme l’est la mort de Saddam Hussein, selon Georges Bush le jeune. On ne voit pas encore très clairement pourquoi à partir de l’été dernier le système des médias s’est réveillé tout d’un coup, après des années de silence obséquieux, pour ne pas dire d’omertà, envers Bush. Les médias découvrent maintenant que la guerre est une affaire sale, que le sang se mêle toujours à la merde,
comme dans la pendaison dégoûtante de Saddam Hussein.

C’est dans ce contexte qu’un conseiller de Al Maliki a rabroué Romano Prodi, seul gouvernant européen à avoir exprimé son désaccord avec un peu plus que l’embarras maugréant des autres capitales. Le conseiller irakien a dit : « Que Prodi s’occupe de Mussolini, nous nous occupons, nous, de Saddam Hussein ; en concluant par une perle : « A la fin de la seconde guerre mondiale, Mussolini a été jugé en une minute seulement. Le juge lui a demandé son nom et, à la réponse « Benito Mussolini », il lui a dit : le tribunal vous condamne à mort, et la sentence a été exécutée sur le champ ».

Pas mal, comme imagination : il n’y a eu ni procès, ni juge, ni condamnation, Mussolini a été fusillé en même temps que sa maîtresse Claretta Petacci, à côté de Come, le 28 avril 1945, par des partisans qui les avaient capturés alors qu’ils essayaient de s’enfuir d’Italie. Ce fut un geste préjudiciable, mais totalement différent d’un procès farce qui s’est conclu en une exécution obscène. Il ressemble plus à la mort des deux fils de Saddam Hussein, Udai et Qusai, tués en juillet 2003 par des soldats étasuniens. La guerre c’est tuer l’ennemi, pas condamner le vaincu rien que parce qu’il a perdu. Il serait plus honnête de dire : « Malheur aux vaincus ».

Editorial de mardi 2 janvier 2007 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/02-Dicembre-2007/art1.html


Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Sources Global Research

Posté par Adriana Evangelizt

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