1 - Cibler l'Iran : Discussion entre Seymour Hersh et Scott Ritter
Très intéressante discussion entre Seymour Hersh et Scott Ritter... où l'on apprend que l'Iran est fortement infiltré par les services secrets israéliens et qu'ils sont en connexion directe -mais on le savait- avec les MEK ou Moudjahidines du Peuple Iranien. N'oublions pas que ces derniers sont toujours en Irak et justement à la frontière iranienne. On peut d'ailleurs se demander ce qu'ils foutent là-bas. A quoi les occupe-t-on ? Tous les massacres et attentats ayant lieu en Irak, qui les commet vraiment ? Il y a des mercenaires de tous poils, certes mais pas que. On apprend dans cet article qu'ils étaient anti-Saddam, or c'est faux, c'est lui qui a fait leur fortune. Nous possédons même des vidéos prouvant que Radjavi tuaient des iraniens pour Saddam. Nous les diffuserons bientôt, elles ont été interdites sur Dailymotion. On voit même la très noble madame Radjavi donner des ordres de pilonnage. Les Moudjahidine du Peuple mais surtout leurs dirigeants autoproclamés président d'Iran rêvent de prendre le pouvoir dans leur pays et ne cessent d'interférer aux USA pour que le pays soit attaqué. Si les Radjavi prenaient le pouvoir, nous n'avons aucun mal à imaginer la politique qui y règnerait... elle serait pire que l'actuelle. Un peu comme l'Irak actuel qui est pire que Saddam.
Pour en savoir plus sur les Moudjahidines du Peuple voir notre catégorie...
Voir le site d'Alain Chevalerias et des extraits de son livre...
Voir aussi Halte à la Terreur, un site qui leur est consacré...
Cibler l’Iran : Discussion entre Seymour Hersh et Scott Ritter
Cibler l’Iran : Discussion entre Seymour Hersh et Scott Ritter sur les plans US de changement de régime à Téhéran.
Le porte avion Eisenhower et son escorte sont entrés dans le Golfe Persique le 11 décembre, un autre porte avion The Stennis doit partir le rejoindre d’ici un mois. L’armée américaine serait entrain de prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’Iran de bloquer le transport de pétrole du Golfe. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu la discussion entre Seymour Hersh et Scott Ritter.
Scott Ritter, ancien inspecteur d’armes en Irak pour le compte de l’ONU et auteur d’un livre "Target Iran : The Truth About White House’Plans for Regime Change" (Cibler l’Iran : la Vérité sur les plans de Changement de Régime de la Maison Blanche)
Seymour Hersh : journaliste d’investigation pour le magazine le New Yorker.
Seymour Hersh : ainsi, Scott, dans ton livre tu écris à un certain endroit - - tu fais la liste de - - tu tiens une comptabilité de certaines choses qui se passent en Iran actuellement. Tu dis qu’Israël et les US menaient - - c’est page 147 et suivantes - - menaient des opérations non stop pour essayer d’identifier et localiser des installations nucléaires à l’intérieur de l’Iran. Israël a utilisé massivement ses connections au Kurdistan irakien et en Azerbaïdjan pour mettre sur pied des cellules clandestines de renseignement à l’intérieur de l’Iran, dont le travail est supposé s’appuyer sur des opérations de commandos spécialement entraînés pour entrer en Iran déguisés en villageois locaux.
Les Etats-Unis ont mené des opérations identiques utilisant les forces d’opposition iraniennes, en particulier le MEK – la secte des Mujahideen qui est un groupe terroriste, qu’on a défini à l’époque comme un groupe anti Saddam et maintenant anti Iran, qui travaille en rapproché avec nous, malgré qu’ils soient sur la liste des groupes terroristes.
Et tu décris l’utilisation des forces d’opposition à l’intérieur de l’Iran et du MEK pour mener des opérations transfrontalières, supervisées par la CIA. Les US ont aussi utilisé leurs immenses capacités techniques de collecte d’informations, se concentrant sur l’imagerie, et les satellites espions d’écoute etc… opérant à la périphérie de l’Iran. Le problème c’était que ni Israël, ni les Etats-Unis n’ont pu détecté une quelconque signe pointant vers un endroit au sol où des activités secrètes nucléaires auraient lieu.
Quelques questions. Dis qui ? Je n’ai pas lu cela dans le New York Times. Tu ne donnes pas ta source. Quelle est la source ? Et qu’est ce que tu sais ? Et comment le sais tu ?
Scott Ritter : Bon, comme j’ai mentionné au dos, quand je parle de sources, la plupart de ces informations sont déjà disponibles dans la presse - - pas dans la presse américaine. Tu ne vas rien lire là-dessus dans le New York Times, ni dans le Washington Post, et tu ne le liras probablement pas non plus dans les principaux journaux de langue anglaise. Mais tu sais, on avait une organisation au sein de la CIA appelée FBIS, le Foreign Broadcast Information Service (Service de Diffusion d’Information Etrangère) qui traduisait les journaux de différents pays autour du monde pour vraiment donner une vue rapprochée, détaillée, de ce qui se passe dans le pays.
Ainsi si tu lis la presse Azérie, par exemple, tu trouveras que le Mossad israélien a accru ses efforts pour construire une station en Azerbaïdjan. Et la presse azérie approfondi le sujet. Pourquoi le Mossad veut-il construire une station opérationnelle ? Il y a plusieurs raisons. L’une, c’est que le Mossad travaille avec la population azérie. Tu sais qu’il y a une minorité juive en Azerbaïdjan qui a émigré en Israël. Et ainsi, il y a un certain nombre d’israéliens azéris que le gouvernement israélien ramène en Azerbaïdjan pour travailler sur cette affaire. Ceci est annoncé dans la presse azérie, donc si tu veux avoir une approche interne de ce qui s’y passe, lit la presse azérie. Lis la presse turque. La presse turque parle aussi de ce qui se passe en Iran et en Azerbaïdjan. Cela te donneras des pistes. Et puis, parce que je ne suis plus un officier d’active du renseignement, je prendrai ces pistes et j’appellerai des amis qui sont des officiers d’active du renseignement. Et, bien qu’ils ne aillent pas divulguer des informations classées secrètes, je leur dirai « Eh, j’ai lu quelque chose, où certaines activités sont en cours. Peux tu commenter ces informations ? On ira s’asseoir au dessus de quelques bières et ils commenteront. Et puis t’approfondis encore plus. Et je te dirai que j’ai écris le livre avant d’aller en Iran. Mais quand je suis allé en Iran, et que j’ai parlé avec des commandants de la Garde Révolutionnaire, ce qui m’a surpris, c’est qu’ils étaient au courant de tout cela. Les iraniens savaient très bien ce qui se passait dans le secteur azéri de l’Iran, dans le secteur kurde. Ils pouvaient citer, tu sais, en détail ce que la CIA et les israéliens entreprennent.
Mais tu sais, encore une fois, pourquoi finalement je ne note pas cela en bas de page ? Probablement pour les mêmes raisons que bon nombre de personnes, parce que si je m’engage à citer une source spécifique ayant donné une information spécifique, alors qu’en est-il d’une information spécifique dont je ne cite pas la source. D’où vient-elle ? Peut être bien d’une source humaine ? En fait, en la citant je faciliterais la tâche de ceux qui ne veulent pas que l’information concernant des faits tombent dans les mains des citoyens ordinaires américains, ceux qui veulent garder secrète la politique étrangère et la politique de sécurité nationale, pour la dissimuler à ceux qu’ils sont censés protéger. Ils pourchasseront ces personnes, et tu sais qu’ils les pourchassent. Et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour m’assurer que je ne les aiderai pas à faire du mal à ceux qui ont le courage de m’aider à essayer de faire connaître aux gens les faits de façon à ce qu’ils puissent en savoir plus sur ce problème que nous appelons l’Iran.
SH : Pourquoi mes collègues dans la presse américaine ne font –ils pas mieux avec cette histoire ?
SR : l’un des grands problèmes c’est - - et voilà la bombe - - Israël. Dés que vous mentionnez le mot « Israël », la nation Israël, le concept Israël, beaucoup dans la presse américaine se placent sur la défensive. Nous ne sommes pas autorisé à être très critique de l’état d’Israël. Et une autre chose que nous ne sommes pas autorisés à discuter c’est l’idée qu’Israël, et l’idée que les intérêts d’Israël pourraient en fait dicter ce que les Etats-Unis font, que ce que nous faisons au Moyen Orient n’est peut être pas dans l’intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis, mais dans celui de la sécurité nationale d’Israël. Mais, tu vois, on ne veut pas discuter de cela, parce que l’une des histoires à succès ici c’est le lobby pro israélien qui a permis avec succès de lier les deux ensemble de sorte que lorsque l’on parle des intérêts d’Israël, ils disent « Non, nous parlons des intérêts américains. »
C’est curieux que l’AIPAC et d’autres éléments du lobby israélien n’aient pas à s’enregistrer comme agents d’un gouvernement étranger. Ce serait bien s’ils le faisaient, parce que nous saurions quand ils parlent au nom d’Israël ou quand ils parlent au nom des Etats-Unis.
Je mets au défi le New York Times de s’asseoir et d’écrire une histoire critique sur Israël, sur le rôle de l’influence d’Israël, le rôle qu’Israël joue à influencer la politique étrangère américaine. Soyons clair. Les anglais ont cherché à influencer notre politique étrangère. Les français ont essayé d’influencer notre politique étrangère. Les saoudiens ont essayé d’influencer notre politique étrangère. La différence c’est que, quand il font cela et qu’ils font entrer dans le jeu des citoyens américains, ces américains, une fois qu’ils ont pris l’argent d’un gouvernement étranger et qu’ils font des recommandations de la part d’un gouvernement étranger, ils s’enregistrent comme agent de ce gouvernement, de sorte que nous savons d’où ils viennent. C’est tout ce que je demande aux israéliens de faire. Qu’on sache d’où vous venez, pour arrêter de semer la confusion auprès du public américain comme quoi les intérêts israéliens sont nécessairement les intérêts américains.
En fait, je dois dire qu’Israël a un souci sérieux, plausible, concernant le Hezbollah au sud Liban. Si j’étais un israélien, je m’inquièterais du Hezbollah, et je voudrais faire tout mon possible pour démanteler cette organisation. Comme américain, je vais te dire, le Hezbollah ne menace pas la sécurité nationale des US d’un iota. Donc nous ne devrions pas parler d’utiliser des forces armées militaires américaines pour s’occuper du problème du Hezbollah. C’est un problème israélien. Et, malgré cela, on voit le New York Times, le Washington Post, et d’autres medias confondre les problèmes. Ils veulent nous faire croire que le Hezbollah est un problème américain. Mesdames, Messieurs, ce n’en est pas un. Le Hezbollah a été crée 3 ans après qu’Israël ait envahi le Liban, et non pas 3 ans après que les Etats-Unis aient envahi le Liban. Et le seul but du Hezbollah c’était de libérer le sud Liban de l’occupation israélienne. Je ne suis pas ici pour faire preuve de tolérance ou louer les vertus du Hezbollah. Mais je suis ici pour vous dire qu’actuellement le Hezbollah n’est pas une organisation terroriste qui menace la sécurité des Etats-Unis.
SH : Ainsi dans ton livre, parlant d’Israël, c’est plutôt intéressant de lire ce qui y est écrit. Voyons. Tu décris surtout comment Israël voit l’Iran - - la notion d’une arme nucléaire iranienne comme une menace existentielle. Tu décris comment Israël collecte des renseignements - - nous pourrions appeler cela « espionner » - - sur l’AIEA. Tout cela constitue d’une certaine façon des données révélatrices - - pas la première partie, mais certainement cela, qu’Israël a pénétré et travaillé de manière très rapprochée avec des personnes à l’intérieur de l’AIEA, a des appartements, des maisons protégées dans Vienne, où il fait du biseness et opère politiquement à l’intérieur de l’AIEA.
Troisièmement, tu décris de façon très détaillée - - de nouveau, je pense avec beaucoup plus de détails que ce qui a été révélé publiquement jusqu’à maintenant - - à quel point les israéliens ont travaillé en lien très étroit avec le MEK, la secte, ce groupe terroriste qui est de nouveau en piste - - on y reviendra dans un instant - - n’ont seulement en le soutenant et en nous poussant, les US, à le soutenir, mais aussi la plupart des renseignements, la plupart de ce qui a été appris dans l’Administration sur les programmes nucléaires iraniens ont été annoncé par les responsables du MEK, depuis des années, en particulier en août 2002. Il y a eu une annonce majeure faite concernant les installations souterraines, un endroit que la plupart d’entre vous connaissent maintenant, Natans. Et c’est le MEK qui a rendu public l’étendue des travaux de creusement à l’intérieur de l’Iran. Et tu écris en le répétant dans ton livre comment Israël a été la source de ce renseignement et utilisait simplement le MEK pour convertir et faire la propagande aux Etats-Unis. Tu décris aussi, comme on l’a dit plus tôt, des opérations extrèmement actives d’Israël à l’intérieur de l’Iran, diriger des agents, etc., collecter des renseignements.
Donc, parles nous de toi et d’Israël. Es-tu antisémite ? Es–tu anti Israël ? Je sais que tu as servi là bas. Parles nous en.
SR : D’abord je ne suis pas antisémite et je ne suis certainement pas anti israélien.
SH : tu n’es certainement pas un juif qui se hait, que ce soit clair.
SR : Non, je pourrais être un goy qui se hais, mais, sauf s’il il a quelque chose dans mon passé que nous n’avons pas encore découvert.
SH : Comme pour certains sénateurs n’est ce pas ?
SC : Mais c’est hors sujet. Au fond de moi-même, je me considère comme un ami de l’état d’Israël. Je me considère comme un vrai ami du peuple d’Israël. Mais je définis l’amitié comme lorsque quelqu’un prend soin de son ami, qui ne fait pas que l’utiliser ou l’exploiter. Et puis, tu sais, il y a ce vieux dicton : « les amis ne laissent pas les amis conduire en état d’ivresse. » Nous avions l’habitude de l’utiliser dans les campagnes anti drogue, anti alcool. C’est comme cela que je vois mon amitié avec Israël. Et quand je vois un ami se préparant à conduire en état d’ivresse, ou faire quelque chose qui lui fera du mal, ou à moi, je dis , » Non », je dis « Stop. » Donc ma critique d’Israël ne vient pas de quelque haine du juif, d’un fond anti sémite, non.
Comme je le fais remarquer aux gens, j’ai passé plusieurs semaines en 1991 à travailler avec des gens pour empêcher les missiles balistiques irakiens d’atterrir sur le sol israélien. Dans cet effort, beaucoup de bons américains y ont perdu la vie, et nous avons pris cela sérieusement. J’ai passé 4 ans en Israël à travailler avec le gouvernement d’Israël sur le problème de l’Irak. J’étais très proche des renseignements israéliens, très proche du gouvernement israélien, et j’ai beaucoup de sympathie pour eux. Je sais comment ils travaillent. Je sais qui sont les acteurs.
Et je dirais ceci : si j’étais un israélien je ferais exactement ce qu’ils font. D’accord ? Ils ont un souci légitime dans ce cas. Ne nous abusons pas. C’est un très petit pays. Et si un engin nucléaire explose à l’intérieur de ce très petit pays, Israël cesse d’exister comme état nation viable. Ils ne peuvent pas se permettre un droit à l’erreur. Il n’y a pas de marge d’erreur là.
Maintenant l’Iran est un grand pays qui a mené un programme clandestin. Tu sais, disons le. Quand le MEK a fait son communiqué en août 2002, utilisant ce que beaucoup de gens ont dit être du renseignement israélien, devines quoi ? Ils avaient raison. Ne l’oublions pas. Ils ne sont pas venus raconter des mensonges. Ce n’était pas Ahmed Chalabi bluffant. C’est le représentant du MEK disant qu’il y a une installation à Natans impliquée dans l’enrichissement de l’uranium, gardée secrète aux yeux du monde. Et ils avaient raison. Donc un petit coup de chapeau au renseignement israélien pour avoir vu juste.
Mais il y a une différence entre obtenir une information juste et avoir une politique juste. Et je vais vous le dire franchement, les israéliens ont une mauvaise politique, parce qu’ils ont crée un système d’analyse qui dévie des leçons tirées de la guerre de Kippour. A la fin de la guerre de Kippour, ils ont simplement dit qu’il n’y aurait plus de « konseptsia » voulant dire par là qu’on va avoir un concept de ce que l’ennemi pense. On va concevoir ce que l’ennemi pense, prévoir ce que l’ennemi pense.
Et ils se sont trompés. Ils ont prévu que les égyptiens n’attaqueraient jamais aux dates dont les gens parlaient. S’en suit qu’on a la troisième armée égyptienne se déployant dans le Sinaï, et les israéliens en grande difficulté. Ils ont dit « ce sera une analyse basée sur des faits à partir de maintenant, et nous vérifieront deux fois, trois fois. » L’un des israéliens les plus intéressants que j’ai rencontré c’est Thomas le dubitatif. C’est un type - - un colonel. Toute information transmise au directeur des renseignements militaires passait par lui, toutes les estimations. Il s’asseyait et les étudiaient séparément. Et à la base, disait –il si vous faites une estimation « comment savez vous cela ? Si vous dites X, dit il « pourquoi ce n’est pas Y ? Et vous deviez lui répondre. Vous deviez revenir et lui expliquer cela, et alors seulement l’analyse était transmise au directeur des renseignements militaires, qui est le chef des estimations nationales en Israël. Il les transmet ensuite au premier ministre. Donc, imagines qu’étant le chef de l’état, il reçoit des renseignements qui ont été vérifiés deux fois, trois fois, questionnés, pour qu’il n’y ait pas de marge d’erreur.
Mais une chose intéressante s’est passée après la guerre du Golfe. Plusieurs personnalités se sont retrouvées à la direction. L’un en particulier, sur qui j’écris dans mon livre, Amos Gilad, alors brigadier général. Je crois qu’il a quitté alors général en chef. Mais Amos Gilad a réactualisé la notion de « konseptsia ». Tu vois, il a conçu l’idée de réseau Iran, Hezbollah, Hamas. Et il a dit qu’Israël était menacé. Tout cela est regroupé, et on doit s’en occuper en bloc. Et la tête qu’on doit couper, si on veut réussir, c’est l’Iran. L’Iran est une menace, l’Iran est un problème. On doit s’occuper de l’Iran. Et il a commencé à faire pencher les estimations des informations fournies au directeur des renseignements militaires cette fois du côté de ce que j’appelle l’analyse basée sur la croyance, son sentiment venant des tripes, sa croyance, mais pas les faits. Ce n’est pas une analyse simplement basée sur les faits. C’est une déviation. Et malheureusement les politiciens l’ont achetée.
Et une nouvelle fois, parce qu’il nous faut aujourd’hui séparer la formulation politique américaine lorsqu’elle implique Israël, séparer les intérêts israéliens des intérêts américains, le gouvernement israélien a utilisé avec succès le lobby pro israélien pour que les soucis israéliens, les points de vue israéliens, deviennent le point de vue américain. Et c’est ce qui s’est passé ici.
Mais, oui, Israël a des agents opérant en Iran. Il vaut mieux qu’ils aient des agents opérant en Iran. Je voudrais que nous ayons des agents opérant à l’intérieur de l’Iran pour en savoir un peu plus sur ce qui s’y passe. Peut on blâmer Israël parce qu’il se soucie d’armes nucléaires, pour essayer de se rapprocher de l’AIEA ? Nous le faisons. Pourquoi le monde est-il surpris qu’Israël le fasse ? Quand vous avez des inspecteurs qui vont dans un pays que vous jugez hostile, vous voulez savoir ce qu’ils savent. Vous voulez aussi les aider en les guidant. Israël l’a fait pour l’Irak. Et je dois dire que c’était très honorable ce qu’ils ont fait. Ils ne sont pas intervenus pour corrompre le processus d’inspection. Ils sont intervenus pour améliorer, pour rehausser le processus d’inspection.
Mais avec l’Irak, c’était une analyse basée sur des faits. C’est pourquoi en fin de compte le gouvernement israélien était prêt à accepter le fait que l’Irak avait été pratiquement totalement désarmé que presque toutes les ADM avaient été détruites. En 1998, c’était l’estimation. Merci à Amos Gilad, en 2003 les ADM de l’Irak étaient ressuscitées et il n’a pas eu à expliquer comment elles avaient ressuscités. C’était la « konseptsia ». C’était un sentiment venant des tripes. Elles étaient là, parce que Saddam est mauvais.
La même chose arrive avec l’Iran aujourd’hui. Les israéliens parlent de tunnels en Iran. Et, il y a des tunnels en Iran. Les iraniens ont travaillé avec les nord coréens ces dernières décennies pour perfectionner les techniques d’enfouissement en profondeur, et ils creusent le sol. On voit tous ces tunnels du Hezbollah au sud Liban qui ont été si efficaces contre les israéliens ? Ils ont été creusés par les iraniens avec l‘aide des nord coréens. Cela vient des iraniens eux –mêmes. Et ils font la même chose en Iran aujourd’hui. Et les israéliens détectent cette activité souterraine et ils envoient des agents en reconnaissance là-dessus, mais ils ne trouvent pas de preuve d’activité en relation avec le nucléaire, parce qu’il n’y en a pas en cours.
Mais de nouveau merci à la « konseptsia », Gilad, et la façon dont les israéliens font actuellement leurs estimations, immédiatement des tunnels profonds cela est l’équivalent d’un programme d’enrichissement d’uranium qui veut dire qu’il y a un programme secret d’armes nucléaires. Une analyse basée sur une croyance prévaut sur une analyse basée sur un fait, et parce que le lobby israélien a mis la pression sur les décideurs politiques américains, notre propre gouvernement a adopté ce point de vue. Et c’est très dangereux, Mesdames, Messieurs, parce que si nous acceptons pour argent comptant, sans poser de question, l’idée de programme d’armes nucléaires en Iran alors cela veut dire qu’il n’y a plus de débat. C’est fini, parce que l’Iran a un programme d’armes nucléaires qui fonctionne en violation de la loi internationale, c’est facile pour les décideurs politiques américains de parler de l’impératif d’y faire face.
Et si vous ne pouvez pas y faire face diplomatiquement avec succès, la seule option qui reste sur la table c’est l’option militaire. Et actuellement, c’est cette direction qu’on prend, parce que le débat est clos, apparemment, de savoir si oui ou non l’Iran a un programme d’armement nucléaire, même si l’AIEA a publiquement dit qu’il n’y aucune preuve pour confirmer les allégations de l’Administration Bush qu’un tel programme d’armement existe.
Notez que je n’ai pas dit que l’AIEA avait dit qu’il n’existait pas un tel programme - - ils ne peuvent le prouver.
Posté par Adriana Evangelizt