Liban : L'opposition appelle à une grève générale
Là aussi, au Liban, il est fort à craindre que l'opposition de Nasrallah au gouvernement de Sinioura ne doit pas être apprécié de l'axe sionisto-américain. Il faut s'attendre à un coup fourré pour essayer de lui couper l'herbe sous les pieds...
L'opposition annonce une grève générale au Liban
L'opposition libanaise a appelé samedi à une grève générale mardi, au lendemain de l'annonce par le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah d'une escalade "très importante" pour faire tomber le gouvernement de Fouad Siniora appuyé par l'Occident.
Cependant, responsables et analystes au Liban ont dit douter de l'efficacité des actions de l'opposition qui accuse le cabinet Siniora d'être responsable de la crise politique et financière et réclame un gouvernement d'union nationale, après la démission en novembre de ses six ministres.
"Face à l'entêtement du pouvoir (...), l'opposition appelle sa base populaire à une escalade de ses protestations pacifiques et démocratiques, et l'ensemble des Libanais à observer une grève générale le mardi 23 janvier", selon un communiqué.
Dès vendredi soir, cheikh Nasrallah, dont le parti est le fer de lance de l'opposition regroupant aussi des formations chrétiennes et pro-syriennes, a fait état dans un entretien télévisé d'une escalade "efficace et très importante", sans la préciser, et appelé les Libanais à y participer en masse.
La Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), proche de l'opposition, a également appelé à une grève générale mardi.
Cette escalade interviendra 48 heures avant la conférence internationale d'aide économique au Liban prévue jeudi à Paris.
"Le peuple n'observera pas de grève!" a martelé le ministre de la Communication Marwan Hamadé. "N'est-il pas honteux que des parties qui se prétendent libanaises par dessus tout menacent de saboter une chance rare d'aider les gens?"
La conférence, à laquelle assistent une trentaine de pays et d'institutions internationales, doit aider le Liban dont la dette publique atteint environ 41 milliards de dollars US, soit 180% du PIB, à redresser son économie notamment après la guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël (12 juillet-14 août).
Si elle dit appuyer le principe de cette conférence, l'opposition rejette le plan de réformes économiques que le gouvernement présentera à Paris et qui prévoit des privatisations et une hausse de la TVA.
Pour M. Hamadé, une grève générale "ne servira qu'à cacher l'échec cuisant de la première phase" dans l'action de l'opposition, qui avait commencé le 1er décembre par un sit-in dans le centre de Beyrouth.
En plus de ce rassemblement, qui commence à perdre haleine de l'avis de plusieurs observateurs, la CGTL avait organisé cette semaine une série de manifestations anti-gouvernementales qui n'avaient pas rassemblé grand monde.
"L'opposition est dans le pétrin après 51 jours de sit-in, et les menaces qu'elle brandit de paralyser l'aéroport et les ports la mettent dans une position identique à celle d'Israël", qui a bombardé l'aéroport de Beyrouth en juillet, l'obligeant à fermer, a estimé le député Ammar al-Houri, proche du gouvernement.
Pour l'analyste Michael Young, l'opposition réalise que "personne n'est prêt aujourd'hui à perdre un jour de travail" et ses menaces s'inscrivent dans le cadre d'une "guerre d'usure" visant à pousser le cabinet à céder sur certains points.
Cheikh Nasrallah, dont le parti est appuyé par la Syrie et l'Iran, a durci les demandes de l'opposition, en posant désormais des législatives anticipées comme une condition sine qua non au dialogue, en plus d'un gouvernement d'union.
"Ce n'est pas une demande sérieuse. Il a haussé la barre, pour pouvoir dire qu'il a fait des concessions si jamais il accepte une solution arabe", indique M. Hamadé.
Cheikh Nasrallah s'est en effet déclaré ouvert à une médiation arabe, notamment saoudienne, après qu'un haut responsable iranien Ali Larijani a dit oeuvrer avec Ryad au règlement de la crise au Liban.
"Maintenant, l'Arabie saoudite agit comme médiateur et c'est bien. Nous approuvons ce rôle comme celui de tout pays ami", a dit le chef du Hezbollah.
AFP
Posté par Adriana Evangelizt