Face à face sur l'Irak entre le Congrès et Bush
Il a l'intention de passer outre le Congrès et d'envoyer quand même les hommes. D'ailleurs 3000 sont déjà partis. Quant à Hillary Clinton elle fait tout pour éclipser Obama...
Face-à-face sur l'Irak entre le Congrès et Bush
par Richard Hétu
Près de quatre ans après le début de la guerre en Irak, le Congrès des États-Unis s'apprête à procéder à un premier vote contre la gestion militaire du président, dont la nouvelle stratégie irakienne prévoit le déploiement de 21 500 soldats supplémentaires.
Deux sénateurs démocrates et un républicain ont déposé hier un projet de résolution qui dénonce l'envoi de renforts en Irak en l'estimant «contraire à l'intérêt national». Selon le texte à l'étude, les États-Unis devraient plutôt «transférer au gouvernement irakien et aux forces de sécurité irakienne, dans le cadre d'un calendrier fixé rapidement, la responsabilité en matière de sécurité intérieure».
Une telle résolution, qui ne devrait pas être adoptée avant la semaine prochaine, n'obligerait pas le président à modifier sa stratégie. Elle aurait cependant un impact symbolique considérable, surtout si elle obtient l'appui de plusieurs sénateurs républicains, une possibilité qui inquiète la Maison-Blanche.
«Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour stopper la politique du président comme il l'a définie mercredi soir (dernier)», a déclaré le sénateur républicain Chuck Hagel lors d'une conférence à laquelle ont participé les deux autres auteurs du projet de résolution, les sénateurs démocrates Carl Levin et Joseph Biden.
«Je pense qu'elle (la politique du président) est dangereusement irresponsable», a ajouté le sénateur du Nebraska, candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2008.
Depuis la prise de contrôle des démocrates au Congrès, les sénateurs Levin et Biden sont respectivement présidents des commissions des Forces armées et des Affaires étrangères.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, a affirmé que le président passera outre la résolution du Sénat si elle est adoptée.
«Le président a des obligations en tant que commandant en chef. Et il les honorera», a-t-il dit.
Projet de loi d'Hillary Clinton
La Maison-Blanche craint néanmoins qu'un certain nombre de sénateurs républicains se joignent à Chuck Hagel. Aussi le président a-t-il rencontré hier quelques-uns d'entre eux qui pourraient être tentés d'appuyer la résolution.
Sept sénateurs républicains se sont déjà prononcés publiquement contre l'envoi de renforts en Irak. Outre le sénateur Hagel, le groupe est composé de Sam Brownback (Kansas), Norm Coleman (Minnesota), Gordon Smith (Oregon), George Voinovich (Ohio), Susan Collins (Maine) et Olympia Snowe (Maine).
D'autres sénateurs démocrates ont déposé hier ou déposeront sous peu des projets de loi dont l'impact ne serait pas seulement symbolique. Candidate potentielle à la Maison-Blanche, Hillary Clinton a notamment annoncé le dépôt d'une mesure pour plafonner les effectifs militaires à leur niveau du 1er janvier dernier. Cette mesure exigera que le président commence à redéployer les troupes américaines «hors de Bagdad, puis hors de de l'Irak».
«L'équipe du président poursuit une stratégie ratée en Irak pendant que le pays se rapproche de l'effondrement», a déclaré la sénatrice de New York lors d'une conférence de presse qui a mis fin à une journée où elle a accordé des entrevues à deux chaînes de télévision et une station de radio.
Du matin au soir, l'ex-First Lady a non seulement fustigé la stratégie irakienne du président mais également plaidé pour un renfort militaire en Afghanistan. En multipliant ainsi ses interventions médiatiques, elle a réussi à limiter l'attention sur la candidature éventuelle de son collègue Barack Obama à la Maison-Blanche. La veille, le sénateur de l'Illinois avait fait un premier pas vers une candidature à la présidence en formant un " comité exploratoire ".
Sources Cyberpresse
Posté par Adriana Evangelizt