LIran: le Moyen-Orient au bord du chaos
Escellente analyse... ainsi la très nébuleuse nébuleuse Al Qaïda aurait prévenus les sunnites de s'éloigner des sites nucléaires iraniens... Monsieur Azim pose la question : "Où ce groupe a-t-il obtenu ces informations hautement secrètes ? Qui se cache derrière la source ?"... il est désormais clair qu'Al Qaïda est comme l'ONU... un instrument entre les mains du Haut Sionistan et des Etats-Unis... et si cet avertissement est lancé c'est que les protagonistes savent très bien qu'il va y avoir des bombardements sur les sites nucléaires iraniens. Allons plus loin... Bush et Gates n'arrêtent pas de nous bassiner en disant qu'ils ne vont pas attaquer l'Iran ? Pourquoi alors tout ce déploiement de navire ? Nous pensons effectivement que ce ne sont pas les USA qui vont attaquer les premiers mais Israël. Et l'arsenal présent dans le Golfe Persique et ailleurs n'a qu'un seul but. Dès que les bombes israéliennes vont commencer à tomber, les USA vont coordonner leurs frappes pour contrer la riposte iranienne et appuyer les Israéliens... simple comme bonjour.
L’Iran: le Moyen-Orient au bord du chaos
Written by Mohamed Abdel Azim*
L’appel d’Al-Qaïda aux sunnites d’Iran à s'éloigner des sites nucléaires iraniens invite à la réflexion. Où ce groupe a-t-il obtenu ces informations hautement secrètes ? Qui se cache derrière la source ? En dehors des questions métaphysiques sur le sens de ce message, il est important de poser la question de la visée de cet appel. Il est évident que nous entrons dans une zone de manipulation et de confusion. Cette situation rappelle une autre : celle qui a précédé l’invasion de l’Irak en 2003. A l’époque, il n’y avait pas la fissure sunnite/chiite qui risque, aujourd’hui, de mettre la région à feu et à sang.
Cet appel, lancé le 4 février 2007, arrive dans un contexte régional particulier dans lequel il est souhaitable de le replacer. D’abord, il est délivré par l'émir d'une alliance sunnite de la guérilla irakienne, liée à la branche locale Al-Qaïda en Irak. Cette branche appelle et demande aux sunnites, d’un pays à majorité chiite, à s'éloigner des sites nucléaires. Puis, ce groupe affirme s'attendre à des frappes américaines limitées contre ces sites. Enfin, le message est un enregistrement audio mis en ligne comme d’habitude sur Internet. Attaquer l’Iran est une question qui fait couler beaucoup d’encre. Le fait que ce soit AL-Qaïda qui l’annonce est une première dans ce cas bien précis.
"Je lance mon appel aux sunnites en Iran : éloignez-vous, dès aujourd'hui, des grands sites militaires, et en particulier (les sites) nucléaires", déclare cheikh Abou Omar Al-Baghdadi, l'émir de l'"Etat islamique d'Irak" autoproclamé. Il ajoute que "le jour de la défaite de votre ennemi (ndlr: l'Iran) est proche".
Cet appel intervient le jour de l’attentat le plus meurtrier en quatre ans, qui a fait plus de 140 morts dans un quartier populaire chiite. Le jour même de cet appel a lieu aussi la visite d'une délégation de pays Non-alignés sur le site nucléaire d'Ispahan.
La veille de cet appel, un rapport officiel américain souligne que l'Iran contribue aux tensions en Irak en soutenant les chiites, mais que cela ne fait pas de lui un facteur majeur de violences chez son voisin. Deux jours auparavant, l’Agence de Vienne annonce que l'Iran a installé des centrifugeuses sur le site nucléaire de Natanz, et qu’il compte en utiliser 3.000 pour enrichir de l'uranium.
Dans le même temps, le secrétaire à la Défense Robert Gates déclare que la décision de renforcer la présence militaire américaine dans le Golfe constituait un message à la fois aux amis et aux "adversaires potentiels" des Etats-Unis, tout en niant que Washington prépare une guerre contre l'Iran.
De son côté le président George W. Bush durcit le ton au cours des dernières semaines
contre l'Iran, considéré avec la Syrie, comme les bêtes noires des Etats-Unis dans la région. Le président américain accuse Téhéran d'ingérence en Irak. Or, le rapport du Renseignement américain rendu public début février 2007, sur la situation en Irak, souligne que l'implication de l'Iran et de la Syrie dans les affaires irakiennes "n'est probablement pas un facteur majeur de violences". Ce rapport souligne que ces violences sont plutôt dues aux affrontements confessionnels entre sunnites et chiites Irakiens.
Depuis le lancement début janvier d'un nouveau plan pour l'Irak, M. Bush ne cesse de répéter sa détermination à employer tous les moyens nécessaires pour protéger les soldats américains contre les agissements iraniens en Irak. Alors que l'opposition aux Etats-Unis à la nouvelle stratégie de M. Bush concernant l'Irak se renforce, ce dernier épingle constammemt le rôle joué par les Iraniens dans ce pays.
La décision d'envoyer un deuxième porte-avions dans le Golfe a réveillé chez les adversaires démocrates de M. Bush, désormais majoritaires au Congrès, le souvenir de l'escalade qui avait précédé la guerre en Irak. Entre 2001 et 2002, le discours de Bush visait Al-Qaïda. Les discours du président Bush contenaient systématiquement le lien entre la guerre contre le terrorisme et Al-Qaïda. Peu à peu le terrain glisse et le lien entre Al-Qaïda et Saddam Hussein est introduit dans le discours de Bush, puis, dès l’été 2002, le lien entre Saddam et le terrorisme. La guerre a lieu quelques mois plus tard.
Sémantiquement parlant, une analyse discursive montre qu’on commence à retrouver des phrases-types déjà utilisées en 2002 avant la guerre en Irak. "Nous ne sommes pas en train de préparer une guerre contre l'Iran", a assuré le secrétaire à la Défense, Robert Gates. "L'intention est simplement de souligner auprès de nos amis, ainsi que nos adversaires potentiels dans la région, que les Etats-Unis considèrent le Golfe persique et la stabilité dans la région comme un intérêt national américain vital", déclare M. Gates.
Lorsque la guerre en Irak commence, la région vivait dans une relative stabilité apparente. Depuis la guerre, la région vit au rythme des perturbations guerrières. Un conflit supplémentaire provoquera un état de chaos sans précédent. Dans les scénarios d'un éventuel conflit militaire avec l'Iran, Téhéran peut bloquer les acheminements de pétrole, qui représentent une part considérable des approvisionnements mondiaux. C’est le dilemme pour Washington.
Depuis l’invasion américaine de l’Irak, le monde assiste aux ravages causés par le feu de l’instabilité qui ronge peu à peu les pays de la région. C’est le cas au Liban depuis 2005. La situation s’est aggravée depuis la guerre entre Israël et le mouvement chiite du Hezbollah l’été dernier. Le pays des cèdres traverse actuellement une crise politique majeure et se trouve au bord d’une catastrophe économique et sociale majeure. Du côté palestinien, depuis l’élection du Hamas à la tête de l’exécutif en 2005 les territoires occupés se trouvent privés de l’aide financière occidentale. Ces dernières semaines, la situation s’aggrave avec l’affrontement et les combats entre le Hamas et le Fatah. Sans parler de la difficulté majeure des forces de l’OTAN en Afghanistan face aux Talibans.
L’Irak est de plus en plus assis sur une fissure mettant en évidence la faille sunnite/chiite, non visible avant l’invasion américaine de l’Irak. Le Liban peut imploser du jour au lendemain et les territoires occupés risquent de sombrer dans la guerre civile. Sur les écrans de télévision nous n’arrivons plus à distinguer les images des victimes de guerre ou des explosions de voitures. La conflictualité se généralise en Afghanistan, au Liban, à Gaza, en Somalie ou encore au Darfour.
L’Amérique n’arrive plus à faire face aux zones de conflits. C’est aussi le cas de l’ONU. Les Nations unies n’ont pas pu empêcher le déclenchement de la guerre en Irak et l’Amérique n’arrive pas à trouver une issue à la situation chaotique dans ce pays. Les forces de l’OTAN ne parviennent pas, depuis 2001, à mettre fin à la guerre contre les Talibans afghans. Une attaque contre les installations nucléaires iraniennes interviendrait dans un contexte régional assez trouble. Les armes de destruction massive irakiennes n’ont jamais été trouvées. Washington a depuis perdu sa crédibilité. Si les Etats-Unis déclenchent, après l’Afghanistan et l’Irak, une troisième guerre dans la région, elle pousserait inévitablement cette région, déjà au bord du gouffre dans le chaos. Il faudrait alors plus d’un demi siècle pour retrouver la stabilité précaire dans laquelle cette région se trouvait avant le déclenchement de la guerre en 2003. Les stratèges le savent, il est facile de déclencher un conflit mais il n’est jamais facile d’y mettre fin.
*Mohamed Abdel Azim est docteur en Science politique, journaliste à EuroNews il est l’auteur du livre : Israël et la bombe atomique, la face cachée de la politique américaine, Paris, l’Harmattan, 2006.
Sources Neweuropeans
Posté par Adriana Evangelizt