Paris suggère un retrait pour 2008, Washinton rejette
Il faut noter que depuis quelques temps Jacques Chirac se démarque nettement de Washington en ce qui concerne notamment l'Iran. Ses propos ont d'ailleurs créé une polémique outre-atlantique... et il a raison d'aller dans ce sens. Nous supposons qu'il sait très bien ce qui se prépare.
Irak: Paris suggère un retrait en 2008 mais Washington rejette
La France a estimé mardi soir que la seule solution pour sortir de la guerre civile en Irak était un retrait des forces américaines et de ses alliés de ce pays "à l'horizon 2008". Cette possibilité a ausitôt été rejetée par la Maison Blanche, tandis que Londres a indiqué vouloir maintenir son engagement tant qu'il sera "nécessaire".°
Le Premier ministre français Dominique de Villepin, puis le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, ont tour à tour appelé à un retrait dans un an et critiqué durement l'échec américain en Irak.
Jusqu'à maintenant, la France avait toujours souhaité un "horizon" de retrait mais s'était gardée de fixer une date.
Dans un entretien publié mardi soir sur le site internet du "Financial Times", M. de Villepin a déclaré que "si l'on ne dit pas que, dans un an, il n'y aura plus de soldats américains et britanniques sur le sol irakien, rien ne se passera en Irak, si ce n'est davantage de morts et de crises".
Il a estimé qu'"aujourd'hui, la présence militaire est considérée comme illégitime par les Irakiens". "Dire que les troupes étrangères quitteront le pays quand l'Irak sera démocratique et pacifié est absurde. Ca ne se produira jamais", a souligné le Premier ministre.
Il faut "définir un calendrier qui stipule à quelle date ces troupes quitteront (le pays)", a précisé M. de Villepin.
Intervenant mardi soir sur le plateau de la chaîne de télévision française I-Télé, M. Douste-Blazy a renchéri: "la seule solution (...) c'est qu'à l'horizon 2008, il y ait un retrait des forces étrangères", a-t-il dit.
MM. de Villepin et Douste-Blazy ont dressé tous deux un bilan catastrophique de la guerre en Irak.
"Le diagnostic est cruel", a jugé le Premier ministre. "Les Etats-Unis ont échoué en Irak. Plus de 3000 soldats américains ont été tués depuis 2003 et 12.000 civils irakiens sont morts en 2006".
Réagissant immédiatement, la Maison Blanche a estimé, par la voix du porte-parole du Conseil de la sécurité nationale, Gordon Johndroe, que "ces propos étaient dans la logique de leurs déclarations antérieures".
"Un calendrier de retrait avant que les forces de sécurité irakiennes ne soient capables d'assurer la protection des Irakiens conduirait à une augmentation de la violence en Irak et ce n'est pas quelque chose que nous pouvons permettre", a-t-il commenté.
De son côté, la Grande-Bretagne a rappelé mardi sa position consistant à rester "engagée" en Irak tant que cela s'avérera "nécessaire".
Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a estimé que "la position du Royaume-Uni n'avait pas changé. Nous sommes engagés en Irak aussi longtemps que le gouvernement irakien jugera que la coalition est nécessaire pour fournir la sécurité et assister les forces de sécurité irakiennes jusqu'à ce qu'elles soient en mesure de prendre la responsabilité de leur propre sécurité et (jusqu'à) ce que le pays soit stabilisé", a-t-il ajouté.
Sources : Bluewin
Irak : La France est pour un retrait militaire américain
dans un délai d’un an
Le règlement du conflit en Irak, où les Etats-Unis "ont échoué", exige une date de retrait proche et précise des forces étrangères stationnées dans le pays, déclare Dominique de Villepin, qui juge "absurde" l’hypothèse d’un départ des troupes américaines et britanniques une fois l’Irak "démocratisé et pacifié".
"Je ne dis pas que les troupes étrangères doivent partir demain. Je dis que nous devons définir un calendrier qui précise à quelle date les troupes se retireront et en fonction de cette échéance, nous engageons le changement en établissant un calendrier national, régional et international", déclare le Premier ministre dans une interview réalisée le 2 février 2007. "Si on ne dit pas que, dans un an, il n’y aura plus de troupes américaines et britanniques en Irak, rien ne se passera en Irak, si ce n’est davantage de morts et de crises", souligne celui qui fut le fer de lance diplomatique de l’opposition française à une intervention militaire en Irak en 2003.
"Dire que les troupes étrangères se retireront quand l’Irak sera démocratique et pacifique est absurde. Ça ne se produira jamais", souligne Dominique de Villepin dans cet entretien réalisé en français et traduit en anglais. "Nous avons besoin d’un horizon clair pour le départ des troupes étrangères et le retour de l’Irak à une pleine souveraineté. Tant que cela ne sera pas clairement formulé -les étapes et l’objectif d’un retrait total- les choses ne s’amélioreront pas", estime l’ancien ministre des Affaires étrangères. "Le diagnostic est cruel. Les Etats-Unis ont échoué en Irak. Plus de 3000 soldats américains ont été tués depuis 2003, 12000 civils irakiens en 2006. (...)
La question maintenant est : "comment stopper la spirale ?". Je pense qu’il est très important que nous travaillions tous dans la même direction pour franchir une nouvelle étape", déclare Dominique de Villepin. "La réponse doit être graduelle et globale". Le premier stade, juge Dominique de Villepin, passe par une "mobilisation interne" en Irak, une "prise de responsabilité interne" à l’Irak. "Nous devons engager une réconciliation nationale, ce qui signifie donner une place à chacun, ce qui n’est pas le cas en ce moment". La deuxième phase se joue au niveau régional, selon le Premier ministre. "Nous devons renforcer le dialogue avec les Etats voisins de l’Irak et créer des conditions telles que ces Etats trouvent un intérêt à la paix en Irak et dans la région". La "troisième mobilisation" se situe au "niveau international". "C’est le point de départ du redressement en Irak". "Quand vous voulez régler une crise dans le monde, vous n’avancez pas sans calendrier. La communauté internationale manque d’ambition et de solidarité, mais il lui manque par dessus tout un objectif clair et précis", déplore Dominique de Villepin.
"Quel que soit le niveau des troupes étrangères en Irak, les choses continueront de se détériorer. Ce n’est pas une question de chiffres, c’est une question de principes", dit-il. "Aujourd’hui, la présence militaire (étrangère) est considérée comme illégitime par les Irakiens, aussi devons-nous changer les choses. (...) C’est la pierre angulaire de la crise. Si on ne règle pas cela, on ne règlera pas la crise irakienne. C’est la barrière qu’il nous faut lever", insiste le chef du gouvernement français.
Sources Intérêt Général
Posté par Adriana Evangelizt