Remous : Moscou-Washington après le réquisitoire de Poutine

Publié le par Adriana Evangelizt

Remous Moscou-Washington après le réquisitoire

 de Poutine à Munich

Le président russe Vladimir Poutine, en s'en prenant samedi avec virulence devant la conférence sur la sécurité de Munich à la volonté de domination des Etats-Unis et à l'Otan, a provoqué des remous dans les relations russo-américaines.

»Nous sommes surpris et déçus par les déclarations du président Poutine. Ses accusations sont fausses. Nous comptons poursuivre la coopération avec la Russie dans les domaines importants pour la communauté internationale comme la lutte contre le terrorisme et la réduction de la menace des armes de destruction massive et de leur prolifération», a réagi un porte-parole du conseiller pour la sécurité nationale de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

Vladimir Poutine avait prononcé samedi devant la 43ème conférence sur la sécurité, cénacle très atlantiste, un véritable réquisitoire contre les Etats-Unis et l'Otan.

La mauvaise humeur de Moscou s'explique par un sentiment d'encerclement par l'Otan, pour lui tête de pont des Etats-Unis: projet de bouclier anti-missiles en République tchèque et en Pologne, candidature à l'Otan de la Géorgie, attitude très pro-américaine des nouveaux pays membres de l'Otan aux frontières de la Russie.

»Les Etats-Unis sortent de leurs frontières nationales dans tous les domaines et cela est très dangereux», a affirmé le chef de l'Etat russe, qui, devant le gratin des experts civils et militaires, s'en est pris aussi à l'Otan, qui viole, selon lui, les accords de réduction des forces conventionnelles en Europe.

Le chef de l'Etat russe a encore accusé: après la fin de la Guerre froide, le »monde unipolaire» dirigé par les Etats-Unis n'a jamais vraiment réussi sauf à »déstabiliser» davantage le monde, a-t-il dit.

Cette intervention s'est attirée aussitôt les vives critiques d'un sénateur américain présent, le républicain John McCain. Ce dernier, l'un des candidats possibles du parti républicain à la présidence en 2008, a répliqué sèchement que le monde est »multipolaire» et que »les Etats-Unis n'avaient pas gagné tout seuls la Guerre froide».

M. Poutine a pourtant tenu à assurer que les Etats-Unis et la Russie »ne seront jamais ennemis». »Le président des Etats-Unis, qui est mon ami (...), est un homme honnête», a-t-il concédé, faisant la différence avec la politique américaine.

Parmi les griefs, il a accusé l'Otan de stationner des milliers de soldats en Roumanie et en Bulgarie, au mépris des accords de désarmement passés. Quant à l'extension du bouclier anti-missiles américain en Pologne et en République tchèque, c'est selon lui un projet qui »n'a rien à voir avec les menaces actuelles dans le monde».

Washington avait officiellement demandé le 22 janvier à la République tchèque et à la Pologne de servir de bases européennes au bouclier anti-missiles américain pour parer à d'éventuelles attaques venues d'Iran ou de Corée du Nord.

Les milieux militaires et gouvernementaux russes ont parlé d'un »signal inamical» et d'un »sentiment de danger» pour la Russie, qui entendait en discuter avec les Etats-Unis et les pays européens.

»On se demande quand même ce qu'il y a derrière tout cela», a dit vendredi le ministre de la Défense Sergueï Ivanov, prévenant que son pays allait renforcer en réponse son système de missiles intercontinentaux.

Moscou avait demandé l'an dernier aux pays de l'Otan d'être associé à toutes les décisions que pourraient prendre les autres puissances pour leur défense contre les missiles balistiques.

Dernier contentieux: la Russie, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité, a souligné qu'elle n'accepterait aucune décision sur le Kosovo qui ne soit admise par ses alliés serbes.

Le ministre russe Ivanov avait réaffirmé vendredi l'opposition de Moscou à l'indépendance du Kosovo. »Il ne faut pas ouvrir la boîte de Pandore» de l'indépendantisme, avait-il averti, faisant allusion à une possible réaction en chaîne dans des territoires sécessionnistes de la Moldavie et de la Géorgie, de la Transdniestrie à l'Abkhazie.

Sources
Tageblatt

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Poutine Bush

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