Critiques aux USA contre le programme de reconstruction en Irak

Publié le par Adriana Evangelizt

Critiques aux USA contre le programme

de reconstruction en Irak




WASHINGTON - En septembre dernier, les médias avaient salué le travail en Irak de Kiki Munshi, une diplomate américaine chevronnée sortie de sa retraite pour conduire une équipe de reconstruction en Irak et apporter sa pierre à la stabilisation de ce pays.

Aujourd'hui, Kiki Munshi est revenue aux Etats-Unis pour dire son indignation face aux erreurs des "décideurs" et sa conviction que la "nouvelle stratégie" de George Bush, qui prévoit de faire passer de dix à vingt le nombre de ces "Provincial Reconstruction Teams" (PRT), tout en envoyant des renforts militaires sur place, est vouée à l'échec.

Les PRT, composées d'une cinquantaine de personnes, des civils et des militaires, sont chargées d'aider la population irakienne à reconstruire les infrastructures du pays. Ces équipes dépendent du département d'Etat.

"Malgré le travail magnifique et parfois même héroïque fait là-bas par beaucoup de gens vraiment merveilleux, les PRT ne marchent pas. Les obstacles sont trop grands", a déclaré Munshi cette semaine à Washington, où elle rendait compte de son expérience au département d'Etat et au Congrès.

"Une nouvelle fois, nous nous fondons sur des informations inexactes. Une nouvelle fois, les fantasmes des 'décideurs politiques' conduisent à des initiatives qui n'ont que peu de rapport avec la réalité sur le terrain", a précisé l'ancienne diplomate, qui a pris sa retraite en 2002 après avoir été en poste notamment en Roumanie, en Inde et au Sierra Leone.

"LES FANTASMES DES DECIDEURS"

Un audit de l'Inspection générale du département d'Etat publié en octobre dernier signalait les mêmes problèmes que ceux mis en avant par Munshi, notamment "une situation sécuritaire totalement instable, la difficulté d'amalgamer personnels civils et militaires et les désaccords sur les besoins et les responsabilités des PRT".

Les membres du Congrès, qui est aujourd'hui dominé par les démocrates, ont également critiqué ces PRT qui, dès le début, ont révélé leurs insuffisances - difficulté d'attirer du personnel civil, conflits de compétence entre le département d'Etat et celui de la Défense, notamment.

Le gouvernement américain a rejeté les attaques de Munshi et défendu les projets du président Bush qui visent, a-t-il souligné, à donner plus de poids sur le terrain aux personnalités irakiennes modérées.

"Nous sommes tout à fait conscients des problèmes que les dirigeants des PRT nous signalent. Nous travaillons à les réduire", a assuré Barbara Stephenson, coordinatrice adjointe des affaires irakiennes au département d'Etat.

Mais Munshi n'en démord pas: pour elle, les PRT sont mal conçues, mal financées, elles manquent de personnel et les menaces d'attentats les empêchent de fonctionner normalement.

Pour lui répondre, le département d'Etat a diffusé les interviews de deux autres responsables de ces équipes de reconstruction dans d'autres secteurs qui, tout en reconnaissant les difficultés, soulignent que leur travail n'est pas vain.

Stephanie Miley, qui dirige la PRT de Tikrit, au nord de Bagdad, affirme ainsi que son équipe arrive à rencontrer les dirigeants locaux irakiens cinq ou six fois par semaine, des réunions qui toutefois ne peuvent durer trop longtemps pour des raisons de sécurité.

"Mais j'espère que les gens comprendront que les choses ne peuvent pas se faire en une nuit", dit-elle.

Sources Maroc Annonces

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans IRAK

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