Téhéran "sans frein"
Téhéran "sans frein"
(Vremia novosteï)
MOSCOU, 26 février - RIA Novosti. L'éventualité d'une attaque américaine contre l'Iran continue de faire les unes dans le monde.
Selon le très sérieux journaliste américain Seymour M. Hersh, les sites nucléaires et aussi l'infrastructure qui, d'après la Maison-Blanche, est utilisée pour porter assistance aux combattants chiites opérant en Irak, sont dans le collimateur.
Monsieur Hersh assure dans le New Yorker que ce plan militaire "pourrait être mis en oeuvre dans les 24 heures qui suivraient un ordre approprié donné par le président Bush". "Une opération militaire contre l'Iran est prônée au sein de l'administration américaine par un groupe très influent, conduit par le vice-président en personne, Dick Cheney. Celui-ci compte de puissants alliés parmi les responsables du Pentagone, notamment au Comité des chefs d'Etats-majors interarmes", a déclaré à Vremia Novosteï Vladimir Orlov, directeur du Centre russe d'études politiques.
Les partisans d'une opération sont convaincus que "les revers enregistrés par les Etats-Unis en Irak sont liés au non-règlement du problème iranien. Aussi pensent-ils que pour le régler il faut, après Bagdad, remplacer le régime à Téhéran". De l'avis de monsieur Orlov, "si une décision ad hoc est prise, elle le sera par un cercle étroit de personnes sans consulter la Russie ni même les alliés occidentaux de Washington, exception faite peut-être de la Grande-Bretagne. Les Américains agiront en toute autonomie". En attendant, aux Etats-Unis mêmes beaucoup de gens, y compris dans les milieux militaires, redoutent une telle évolution des événements. Dimanche le quotidien britannique Sundy Times a annoncé que pas moins de cinq généraux et amiraux américains étaient prêts à démissionner en cas de décision d'attaquer l'Iran.
Le rapport que le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed El-Baradeï, a rendu public vendredi dernier pourrait formellement être invoqué pour justifier des frappes contre l'Iran. En effet, il y est dit que l'Iran ne s'est pas plié à la principale exigence de la résolution 1737 du Conseil de sécurité de l'ONU en date du 23 décembre 2006, donnant à Téhéran 60 jours pour mettre un terme à ses activités d'enrichissement et de transformation d'uranium et stopper son réacteur à eau lourde.
Les démarches ultérieures à entreprendre dans les relations avec l'Iran sont envisagées ce lundi à Londres par les "directeurs politiques" des ministères des Affaires étrangères de la Russie, des Etats-Unis, de la Chine, de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne. Il y a quelques jours le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a souligné que les Six s'emploieront à parvenir aux objectifs communs, "visant à ne pas admettre une violation du régime de non-prolifération". Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a qualifié les négociations "de moyen permettant de trouver une formule acceptable dans le règlement du problème du dossier nucléaire iranien".
Recourant au langage imagé qu'il affectionne, le président Mahmoud Ahmadinejad a comparé son pays à "un train sans frein et sans marche-arrière". C'est la raison pour laquelle l'Iran, "maîtrisant la technologie de fabrication du combustible nucléaire, avancera sans s'arrêter". La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a répondu à Mahmoud Ahmadinejad en disant que ce qu'il fallait à l'Iran ce n'était pas une "marche-arrière, mais un signal d'alarme".
Sources Ria Novosti
Posté par Adriana Evangelizt