Pas d'alibi pour "Scooter Libby"
On voit là la mentalité fourbe de Cheney. Il était tellement pressé de faire assassiner l'Irak qu'il a usé de tous les mensonges possibles et inimaginables. Comment un tel individu peut-il être dans un gouvernement ? Ses pratiques répugnantes en font l'être le plus vil du gouvernement Bush. Et les démocrates n'ont même pas été capables de le faire éjecter. Depuis le départ, c'est lui le danger. Qu'un Peuple, le Peuple Américain soit sous sa férule montre que le 11 septembre est signé. Parce que des types pareils n'en ont rien à foutre du Peuple. Ils sont capables de tout pour arriver à leurs fins. En attendant, personne n'est dupe. Libby est jugé coupable mais tout le monde sait que le coupable c'est Cheney.
Pas d’alibi pour "Scooter" Libby
par Alex Margot-Duclot
Lewis « Scooter » Libby Jr., ancien directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, a été reconnu coupable de quatre chefs d’inculpation dans l’affaire Plame, où l’identité d’un agent de la CIA avait été divulguée en représailles des positions anti-guerres adoptées par son mari ambassadeur. Retour sur un scandale qui mêle les coups bas de l’administration Bush aux raisons fallacieuses avancées pour attaquer l’Irak.
La tempête gronde toujours plus autour de la Présidence de George Bush : le scandale de l’hôpital militaire de Walter Reed, le plus violent attentat de l’année perpétré mardi 6 mars contre des pèlerins chiites sur la route de Kerbela... Inutile de dire que l’administration n’avait nul besoin de voir Lewis « Scooter » Libby, ancien directeur de cabinet du vice Président Dick Cheney, condamné le même jour dans un des plus gros scandales auquel fait face aujourd’hui le clan Bush-Cheney. Au passage, Libby est devenu le plus haut responsable politique américain condamné par la Justice depuis l’affaire des « Contras » sous Ronald Reagan, il y a plus de vingt ans.
L’affaire Libby va très loin : elle révèle les pratiques utilisées par la Maison Blanche pour convaincre les Américains de la nécessité d’intervenir en Irak, fût ce au prix de mensonges et de coups bas sordides.
Tout commence par un rapport et un article. Joseph C. Wilson, ambassadeur des Etats-Unis, est chargé en 2002 par la CIA, d’enquêter sur un éventuel transfert d’uranium entre le Niger et l’Irak. L’agence de renseignement américain veut savoir si Saddam Hussein essaye de se procurer le fameux combustible dans le but de fabriquer des armes atomiques. Après enquête, Wilson remet son rapport dans lequel il répond par la négative à ces supputations, malgré l’insistance de certains membres de la présidence américaine : pas la moindre trace de commerce d’uranium entre les deux pays.
Qu’à cela ne tienne. En janvier 2003, trois mois avant l’intervention militaire, Georges Bush déclare lors du traditionnel Discours sur l’Etat de l’Union que l’Irak cherche à « acquérir du combustible nucléaire en provenance du Niger », comme l’atteste, selon lui, le rapport remis par Wilson. Outré, ce dernier écrit un éditorial dans le New York Times en mars où il défend ses conclusions et dénonce les arguments mensongers avancés par le président pour rentrer en guerre… C’est à ce moment que les ennuis commencent.
Une campagne de presse est lancée contre Wilson et, le 14 juillet 2003, sous la plume de Robert Novak, commentateur conservateur, le public apprend ainsi que Valérie Plame, sa femme, travaille pour la CIA et l’aurait elle même chargé de l’investigation au Niger. La divulgation d’une telle information (l’identité d’un agent fédéral) est un crime grave aux Etats Unis, et la carrière de Valerie Plame s’arrête aussitôt : elle est « grillée » comme on dit dans le jargon. Une enquête est alors ouverte par Patrick Fitzgerald, le procureur spécial chargé de comprendre d’où viennent les fuites. Ce premier procès s’est clos le mardi 6 mars.
Le Jury a donc reconnu Libby coupable d’avoir entravé l’action de la justice et d’avoir menti sous serment. Plus que d’avoir orchestré cette affaire ou d’avoir répandu les fuites, le procureur et les jurés ont condamné Libby pour avoir cherché à ralentir l’instruction et à étouffer l’affaire.
Comme l’a déclaré le procureur Fitzgerald à l’issu du procès, « l’ombre de Cheney plane sur toute cette affaire ». Kenneth Adelmann, ancien officiel de la Maison Blanche, connaissait bien Libby et Cheney et pense la même chose. Il commente dans le New York Times : « Il est clair que Libby agissait au nom de Dick Cheney dans l’affaire Plame. Limpide. C’était clair d’après les mémos présentés au procès, que Cheney voulait attaquer Wilson et sa femme. Libby n’est pas ce genre de personne. Ce n’est pas un vindicatif. »
La sympathie suscitée par Libby a en effet ému le Jury. Un des jurés, Collins, déclarait comme l’avocat de Libby voir en lui le « bouc émissaire » d’une affaire qui atteint les plus hautes sphères de la Présidence américaine. « Où est Karl Rove ? » demande-t-il. « Où sont les autres gars ? ». Lors du procès, Libby a évoqué une entrevue au cours de laquelle le vice président Cheney a demandé en personne à George Bush de déclassifier certains rapports pour que lui (Libby) puisse en faire part à des journalistes « sympathisants ». D’autre part, des mémos rédigés par Dick Cheney ont été présentés au cours du procès, le premier annotant l’article de Wilson et le second faisant part de son inquiétude de voir « Libby payer pour les incompétents »…
Libby risque au maximum 35 ans de prisons et 1,25 millions de dollars, la sentence sera connue le 6 juin. Il devrait faire appel. Quant à Dick Cheney, Wilson a annoncé son intention de l’attaquer en justice. L’affaire continue donc, même si la fin du procès mené par le procureur spécial Fitzgerald tourne une page importante. Reste que les députés américains pourraient s’en emparer en décidant l’ouverture d’une enquête parlementaire.
Sources Marianne
Posté par Adriana Evangelizt