Ahmadinejad libère les marins en "cadeau" au peuple britannique
Iran: Ahmadinejad libère les marins en "cadeau"
au peuple britannique

Le président Mahmoud Ahmadinejad lors de sa conférence de presse à Téhéran le 4 avril 2006
Le président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé en personne mercredi la grâce et la libération des 15 marins britanniques capturés par l'Iran, qu'il a présentées comme un "cadeau" au peuple britannique, apparemment offert sans contrepartie.
M. Ahmadinejad a serré la main à certains des marins, vêtus pour l'occasion de costumes civils, à l'issue de la conférence de presse au cours de laquelle il avait fait son annonce.
"Je suis content de vous rencontrer. Nous sommes très reconnaissants pour cette grâce", a déclaré l'un des marins.
"C'était un voyage forcé", a plaisanté le président en parlant à un autre marin, qui a répondu: "je ne le dirais pas de cette façon mais vous pouvez le dire comme cela".
Les captifs, arrêtés par les forces iraniennes dans le Golfe le 23 mars, quitteront le pays jeudi matin à partir de l'aéropport Mehrabad de Téhéran, a indiqué à la presse un proche du président.
M. Ahmadinejad avait annoncé qu'à l'issue de sa conférence de presse, "ils pourront aller à l'aéroport et retourneront chez eux aujourd'hui". Il a présenté la grâce accordée aux marins comme "un cadeau au peuple britannique".
A Londres, un porte-parole du gouvernement a salué "ce que le président a dit à propos de la libération des quinze membres de notre personnel".
Le ministère russe des Affaires étrangères y a vu pour sa part "un geste de bonne volonté". Quant au président américain George W. Bush, il a "salué la nouvelle", selon la Maison Blanche.
L'annonce de la libération a d'autant plus surpris qu'elle suivait une remise de décoration par le président au commandant, Abolkhassem Amanghah, de l'unité de marine du corps des Gardiens de la révolution ayant capturé les marins.
Cette interpellation, et la détention qui s'en est ensuivie, avaient provoqué une grave crise entre l'Iran et le Royaume-Uni.
Elle paraissait d'autant plus insoluble que Téhéran avait initialement exigé des excuses de Londres et la reconnaissance que ses marins se trouvaient dans les eaux iraniennes, alors que Londres soutenait qu'ils avaient été capturés dans les eaux irakiennes.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad rencontre les marins britanniques le 4 avril 2006 à Téhéran
M. Ahmadinejad n'a fait aucune allusion mercredi à des excuses des autorités britanniques. Selon lui, le "gouvernement britannique, dans une lettre, s'est engagé à ne pas recommencer de tels incidents".
Il a aussi démenti toute rumeur de tractations mettant en jeu les cinq Iraniens capturés en Irak en janvier par les forces américaines.
Les marins "ont été graciés par la République islamique et cela n'a rien à voir avec les analyses des médias et il a été décidé de les libérer de manière unilatérale", a dit le président.
Pour leur part, les Etats-Unis ont nié mercredi tout lien entre la libération des marins britanniques et l'accès consulaire brusquement accordé à Téhéran pour rendre visite à ses ressortissants.
M. Ahmadinejad s'est appesanti en revanche sur ce qu'il a qualifié de "voie du tapage médiatique" suivie, selon lui, par le gouvernement de Tony Blair.
Il a notamment reproché au Premier ministre britannique "d'avoir envoyé le dossier au Conseil de sécurité (de l'ONU) et ce Conseil, sans accepter toutes les demandes britanniques, a publié une déclaration et l'Union européenne a condamné l'Iran et a demandé la libération" des marins.
Le Conseil de sécurité avait soutenu les appels à une libération urgente des marins, mais c'est surtout l'Union européenne qui avait adressé le message le plus ferme à Téhéran, en le menaçant d'adopter des "mesures appropriées" et en apportant un soutien "inconditionnel" au gouvernement britannique.
Téhéran avait mal pris ces déclarations, et décidé en mesure de représailles de retarder la libération de la seule femme faisant partie du groupe de marins.
C'est la deuxième crise de ce genre entre l'Iran et le Royaume-Uni. Huit soldats britanniques avaient été capturés le 21 juin 2004 dans les eaux territoriales iraniennes du Chatt al-Arab, fleuve frontalier avec l'Irak, et relâchés trois jours plus tard après avoir subi un simulacre d'exécution.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt