Le gouvernement afghan veut exclure tout marchandage sur les otages

Publié le par Adriana Evangelizt

Comme par hasard, ce qui a été fait pour libérer l'otage italien n'aura pas lieu pour les otages français... là aussi on peut se poser des questions sur les pseudos "ravisseurs"...

Le gouvernement afghan veut exclure tout marchandage sur les otages

Le gouvernement afghan a promis dimanche d'exclure à l'avenir tout marchandage avec les talibans sur les otages, parmi lesquels figurent un médecin afghan menacé d'être exécuté et deux Français dont les chefs talibans devaient décider du "sort" à la demande de leurs ravisseurs.

"Ce qui est important, c'est que nous devons essayer d'empêcher que les enlèvements ne deviennent une industrie pour les terroristes contre le gouvernement légitime afghan", a déclaré le ministre afghan des Affaires étrangères, Rangeen Dadfar Spanta, dans une conférence de presse à Kaboul.

"Si vous acceptez une première fois, deux fois, trois fois de répondre aux exigences des terroristes, cela devient une industrie comme une autre. Et cela n'aurait plus de fin", a ajouté le ministre.

"La République islamique d'Afghanistan, dans le cadre de limites légales et légitimes, j'insiste dans le cadre de moyens légitimes, fera tout ce qui est en son pouvoir pour libérer les otages", a toutefois assuré le responsable afghan.

Critiqué pour avoir cédé au chantage de "terroristes" après la libération le 19 mars du reporter italien Daniele Mastrogiacomo, dont l'interprète et le chauffeur afghans ont, eux, été tués, le président afghan Hamid Karzai avait assuré qu'un tel échange de prisonniers ne se répéterait plus.

Le président français Jacques Chirac avait appelé jeudi soir M. Karzaï afin de lui "demander son soutien pour assurer la libération des deux ressortissants français" travaillant pour l'ONG Terre d'enfance enlevés le 3 avril sur une route de la province de Nimroz, dans le sud-ouest de l'Afghanistan.

De leur côté, leurs ravisseurs ont fait une "proposition" sur leur "sort" à la direction des talibans dont ils attendent désormais les ordres, a annoncé dimanche à l'AFP Yousuf Ahmadi, qui se présente comme un porte-parole des talibans.

Les rebelles ont adressé une proposition à leurs dirigeants concernant les Français et attendent des ordres, a déclaré Yousuf Ahmadi dans un appel téléphonique passé à partir d'un endroit non précisé.

"Nous avons fait une proposition sur les otages français et l'avons soumise au Conseil de direction (des talibans, nldr). Les dirigeants prendront une décision sur le sort des otages", a affirmé ce porte-parole.

Les deux Français ont appelé à l'aide dans une vidéo dont des extraits ont été diffusés samedi par des télévisions.

La chaîne publique canadienne CBC avait montré des images fixes, apparemment tirées de la même vidéo que celle dont des passages ont été reproduits en Italie par la Rai Uno et la Rai Tre, présentant les deux otages, identifiés seulement comme "Eric" et "Céline". Ils y semblent très éprouvés et, selon CBC, ils disent craindre pour leur vie.

Aucune exigence n'a pour le moment été présentée publiquement par les talibans, qui, le seul mois dernier, ont enlevé une dizaine de personnes.

Les talibans menaçaient en outre d'exécuter dimanche un médecin afghan, enlevé le 27 mars près de Kandahar, dans le sud du pays, avec quatre autres employés des services provinciaux de santé.

Il s'agit, selon les talibans, d'un cousin du gouverneur de la province de Nangarhar, Gul Agha Sherzaï, originaire de Kandahar dont il a été aussi le gouverneur à la chute du régime intégriste des talibans fin 2001.

Les insurgés ont exigé la libération de certains de leurs militants prisonniers des geôles afghanes, comme ils l'avaient réclamé, avec succès, pour le reporter italien Daniele Mastrogiacomo, relâché le 19 mars, mais en vain pour l'interprète afghan de ce dernier, Adjmal Naqshbandi, décapité le 8 avril.

Les autorités afghanes n'ont fait aucun commentaire sur cette affaire.

Critiqué pour avoir cédé au chantage de "terroristes" après la libération de l'Italien, le président afghan Hamid Karzai avait assuré, deux jours avant la décapitation de Naqshbandi, qu'un tel échange de prisonniers ne se répéterait plus. "C'était une situation exceptionnelle qui ne se répétera pas. Il n'y aura plus d'accord de la sorte avec personne, ni avec aucun autre pays", avait-il assuré en niant que cet échange ait ouvert la voie à une multiplication des rapts en Afghanistan.

Mais le meurtre de Naqshbandi a relancé la polémique sur cet échange, certains médias afghans accusant les autorités d'accorder plus de valeur à la vie d'un étranger qu'à celle d'un Afghan. Le président français Jacques Chirac avait appelé jeudi soir son homologue afghan pour lui "demander son soutien pour assurer la libération des deux ressortissants français", avait rapporté vendredi la présidence afghane.

Cette prise d'otages intervient alors que des combats quotidiens opposent les talibans aux forces internationales dans le sud du pays, notamment dans la province d'Helmand, place forte des insurgés où les Français sont détenus, selon les autorités de Nimroz.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité

Publié dans AFGHANISTAN

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article