L’ONU demande à tous les pays d’ouvrir leurs portes aux réfugiés irakiens

Publié le par Adriana Evangelizt

Huit millions de personnes font face à une « crise de survie », selon les Nations unies


L’ONU demande à tous les pays d’ouvrir leurs portes aux réfugiés irakiens

 

La communauté internationale doit ouvrir ses portes aux réfugiés irakiens toujours plus nombreux à fuir les violences, a plaidé l’ONU hier lors de la première conférence internationale consacrée à ce drame humanitaire.


Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui préside la rencontre de deux jours à Genève, chiffre à près de 4 millions le nombre d’Irakiens ayant fui leur domicile. Deux millions d’entre eux sont réfugiés dans les pays voisins, principalement en Syrie et en Jordanie, et les autres sont déplacés à l’intérieur de leur pays.


Chaque mois, 50 000 personnes sont arrachées de chez elles selon le HCR, qui affirme que les besoins d’aide sont « exponentiels ». Pour le responsable de l’ONU pour les Affaires humanitaires, John Holmes, ils sont huit millions à faire face à « une crise de survie » à l’intérieur du pays à cause de la récente violence religieuse et des années de négligence, des sanctions et de la guerre qui ont détruit les infrastructures du pays.


Dans un message vidéo, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a averti que le drame « ne va pas se résoudre tout seul » et demandé aux pays voisins de « laisser leurs frontières ouvertes et de ne pas procéder à des retours forcés ». Selon M. Ban, « cela signifie pour eux assurer l’accès aux services de soins et d’éducation. Pour les autres pays, cela signifie continuer de donner asile ou de fournir d’autres formes de protection ». Le haut-commissaire pour les Réfugiés, Antonio Guterres, qui en a appelé aux pays industrialisés, a rappelé qu’en 2006, « les Irakiens sont devenus le groupe le plus important de demandeurs d’asile » dans ces pays. Environ 95 % des Irakiens exilés sont réfugiés au Moyen-Orient, mais le nombre de ceux qui ont fui dans les pays industrialisés a augmenté de 77 %en un an, à 22 200 personnes.


L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a exigé un effort particulier de la part des États-Unis et du Royaume-Uni, à l’origine d’une guerre « qui a causé directement des milliers de morts, semé la terreur et provoqué souffrances et déplacements forcés », « Cela a précipité un conflit religieux qui a causé d’autres violences, persécutions et déplacements à grande échelle », a argumenté Bill Frelick, directeur de HRW chargé des Réfugiés, faisant allusion notamment à l’attentat contre le mausolée chiite de Samarra en février 2006 qui a déclenché une vague de violences sans précédent entre sunnites et chiites. Depuis, plus de 800 000 personnes sont parties de chez elles, selon le HCR. Les États-Unis pourraient accueillir jusqu’à 25 000 réfugiés irakiens cette année, a déclaré en marge de la
conférence Ellen Sauerbrey, secrétaire assistante au bureau de la population, des réfugiés et des migrations du département d’État américain.


L’Organisation mondiale des migrations (OIM) s’est inquiétée pour sa part de signes de fermetures aux communautés déplacées à l’intérieur de l’Irak. « Les gouvernorats de Babylone, Bassora, Kerbala, Muthanna et Thi-Qar n’accueillent aujourd’hui les personnes déplacées que si elles proviennent de ces régions », a indiqué l’OIM. L’organisation relève ainsi que « certaines jeunes femmes sont obligées de se marier dans les familles d’accueil ou parmi les rebelles afin de permettre à des familles déplacées de rester ». M. Ban a demandé au gouvernement irakien « de reconnaître les besoins de ces populations vulnérables et travailler sans relâche pour créer les conditions d’un retour en sécurité » des personnes déplacées ou réfugiées.


En outre, la France et l’Allemagne vont débloquer deux millions d’euros en faveur des réfugiés irakiens, a-t-on appris de source diplomatique à Genève. Les deux pays vont contribuer chacun à hauteur d’un million d’euros au programme du HCR, a-t-on indiqué de source française. La
moitié de la somme doit permettre d’aider la Jordanie et la Syrie à accueillir ces réfugiés dans ces deux pays, a-t-on précisé à la mission de la France auprès de l’ONU. L’autre moitié est destinée aux déplacés irakiens restés à l’intérieur même de leur pays. En matière d’accueil, la France a refusé de s’engager sur un chiffre.


Soixante pays participent à la conférence de Genève, dont l’Irak, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Hoshiyar Zebari. Ce dernier a annoncé que son pays va donner 25 millions de dollars pour soutenir les besoins de sa population réfugiée dans les pays voisins. «
Nous allons apporter un soutien aux infrastructures de santé et d’éducation des pays hôtes », a affirmé M. Zebari, à l’issue de la première journée de la conférence de l’ONU. « Nous n’abandonnerons pas nos citoyens où qu’ils se trouvent », a-t-il insisté. Le ministre irakien a en outre prévenu que « si l’Irak tombait, si le gouvernement tombait, il y aurait un désastre majeur dans la région. Les répercussions ne se limiteraient pas aux frontières du pays ».Pour M. Guterres, les États participants ont apporté au cours de la première journée « un clair soutien aux pays hôtes » des migrants. « Les pays d’asile, principalement la Syrie et la Jordanie, se sont engagés à continuer de garantir une protection aux réfugiés irakiens », a également souligné le haut-commissaire.

Sources Lorient le jour

Posté par Adriana Evangelizt

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