Le comité d'éthique met Paul Wolfowitz dans une impasse
Banque mondiale:
le comité d'éthique met Paul Wolfowitz dans une impasse
Le maintien de l'Américain Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale paraît plus que jamais compromis, le comité d'éthique s'étant prononcé "sans ambiguïté" contre le président de l'institution multilatérale accusé de népotisme.
"Le comité a conclu sans ambiguïté que M. Wolfowitz n'a pas respecté les règles", a appris mardi l'AFP de source européenne.
L'ancien numéro deux du Pentagone est accusé d'avoir ordonné l'avancement de sa compagne, Shaha Riza, employée au service communication de l'institution.
Le conseil d'administration, chargé par les 185 pays membres de la Banque de trouver une issue à ce scandale qui dure depuis près d'un mois, a chargé un petit nombre d'administrateurs d'examiner dans les détails ces accusations.
Ils ont fini leurs travaux en fin de semaine dernière et transmis leurs conclusions à l'intéressé qui avait jusqu'à mardi pour y répondre.
"Le rapport a été communiqué à M. Wolfowitz dimanche soir : il a jusqu'à aujourd'hui pour y répondre. Les deux documents seront ensuite transmis aux administrateurs", qui seront appelés à se prononcer dans un délai encore inconnu, a-t-on précisé de même source.
Pour sa défense, M. Wolfowitz répète qu'il a agi dans la plus grande transparence vis-à-vis du conseil d'administration et dénonce une "campagne calomnieuse" destinée à l'évincer de la présidence de la Banque pour des raisons politiques.
Cette affaire, qui a fait une première victime lundi avec la démission de l'un des plus proches conseillers de M. Wolfowitz, Kevin Kellems, divise les 24 membres du conseil d'administration.
Ancien journaliste, Kevin Kellems avait été nommé par M. Wolfowitz dès que ce dernier était arrivé à la tête de l'institution multilatérale, en juin 2005.
Si plusieurs pays européens comme l'Allemagne, la Norvège, la France et la Grande-Bretagne souhaitent le départ de M. Wolfowitz, les Etats-Unis, qui l'ont désigné pour ce poste, le soutiennent.
Mardi, le ministre néerlandais des Finances Wouter Bos a estimé que le rapport du comité d'éthique augmentait la pression sur Paul Wolfowitz pour qu'il démissionne.
Interrogé sur cette question à son arrivée à une réunion des ministres européens des Finances à Bruxelles, M. Bos a répondu "oui".
"C'est impossible pour la Banque mondiale d'aller parler partout de la bonne gouvernance sans qu'il y ait une bonne gouvernance à l'intérieur de la Banque", a par ailleurs jugé le ministre belge Didier Reynders.
De son côté la Maison Blanche a renouvelé son soutien à l'ancien faucon de l'administration Bush, tout en prenant pour la première fois ses distances.
"Nous continuons à soutenir le président Wolfowitz", a dit le porte-parole de la présidence américaine Tony Snow.
Il a toutefois éludé la question lui demandant si le président George W. Bush continuait à insister pour que M. Wolfowitz reste à la tête de la Banque mondiale.
"C'est vraiment à la Banque mondiale que ces discussions se tiennent. Le président n'est pas directement, personnellement impliqué à ma connaissance", a dit M. Snow.
"Les discussions en ce moment ne se tiennent pas entre l'administration américaine et la Banque mondiale, elles se tiennent entre M. Wolfowitz et la Banque mondiale et je crois qu'il est approprié de laisser le processus se dérouler plutôt que d'essayer de nous en mêler", a-t-il ajouté.
La Maison Blanche soulignait jusqu'alors "l'entière confiance" de M. Bush en M. Wolfowitz, un des concepteurs néoconservateurs de la doctrine ayant conduit à l'invasion de l'Irak.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt