Bouclier antimissile US : Moscou veut exploiter la méfiance du Congrès
Bouclier antimissile US :
Moscou veut exploiter la méfiance du Congrès
(Kommersant)
RIA Novosti. Moscou qui s'oppose au déploiement en Europe du bouclier antimissile américain a obtenu, contre toute attente, le soutien du Congrès des Etats-Unis. La commission aux forces armées du Congrès a décidé de réduire de 764 millions de dollars les dépenses de défense antimissile tout en refusant de financer l'installation de missiles intercepteurs en Pologne. La Russie compte exploiter à son profit le conflit entre le Congrès et l'administration Bush.
Les désaccords dans les milieux dirigeants américains profitent à Moscou qui explique l'initiative de déploiement du bouclier antimissile en Europe de l'Est par le souci de Washington de rapprocher ses missiles plus près des frontières russes. Beaucoup de responsables politiques russes ne cachaient pas leur jubilation face à la décision du Congrès. "Enfin il y a des gens au Congrès qui sont prêts à entendre la voix de la raison", a déclaré Andreï Kokochine, député à la Douma (chambre basse du parlement russe) et ancien secrétaire du Conseil de sécurité russe. "La plupart des responsables politiques américains ont toujours accueilli avec méfiance le projet de bouclier antimissile. Nombreux sont ceux qui comprennent que le bouclier antimissile n'est qu'une sorte de paravent pour dépenser le budget. Tout compte fait, l'élite américaine est très divisée", a pour sa part estimé, peu avant le vote au Congrès, le président du comité international du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Mikhaïl Marguelov.
Très prochainement, Moscou entend mettre cette situation à profit. "Le dossier du bouclier antimissile sera au centre de la visite à Moscou de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice les 14 et 15 mai prochain", a indiqué une source au ministère russe des Affaires étrangères. "Il est curieux de savoir ce que dira Mme Rice dans le contexte d'une réduction aussi sensible des dépenses pour le programme en question", a poursuivi la source, l'air narquois.
Moscou a, certes, de quoi être optimiste. Le sous-secrétaire d'Etat américain pour l'Europe et l'Eurasie, Daniel Fried, a ainsi proposé aux autorités russes de tenir en septembre prochain des négociations bilatérales au niveau des ministres des Affaires étrangères et des ministres de la Défense autour des dossiers militaires suscitant les préoccupations russes: le bouclier antimissile, le traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), le traité START-1 et la modernisation des ogives pour les missiles Trident. Les diplomates russes comprennent le dessein de Washington qui consiste à obtenir les concessions de Moscou sur le bouclier antimissile dans le cadre d'un accord en bloc. Or, M. Fried a avancé sa proposition bien avant le refus du Congrès de financer en totalité le déploiement du bouclier antimissile en Europe. Désormais, Washington sera amené à payer un plus grand prix pour les concessions de Moscou.
Sources Ria Novosti
Posté par Adriana Evangelizt