La Banque mondiale étudie la question du maintien de Wolfowitz à sa tête

Publié le par Adriana Evangelizt

Il y a quand même quelque chose d'étonnant dans cette histoire et qui prouve comme la comptabilité de la Banque Mondiale est bien tenue. Wolfowitz a accordé une augmentation de salaire à son amie. L'argent, il fallait bien qu'il sorte de quelque part. Il a bien fallu qu'il donne l'ordre à quelqu'un pour que ce transfert de fonds s'effectue. Et personne ne s'en est rendu compte. Il doit donc y avoir d'autres complicités occultes dans l'organisation, c'est certain. Il n'a pas procédé tout seul à cette manoeuvre. Cette institution peut donc employer l'argent fourni par les pays membres à des fins peu avouables sans que nul ne s'en aperçoive. Sans complicité, c'est impossible. Et maintenant, le comité tergiverse pour virer tout simplement un voleur. Imaginez qu'un quidam fasse la même chose dans n'importe quelle banque ordinaire, il prendrait de suite la porte. Mais là, non. De surcroît, ils vont voter pour savoir s'il est maintenu ou non. Comme si la question d'éthique n'était pas sérieusement lézardée. Personne n'ose dire le fond de sa pensée ouvertement. On voit là combien les pauvres -dont est sensée s'occuper la BM- sont le cadet de leurs soucis.

La Banque mondiale étudie la question du maintien

 de Wolfowitz à sa tête

Un comité de la Banque mondiale a placé Paul Wolfowitz au pied du mur en concluant qu'il avait violé les règles de la BM en accordant à sa compagne d'importantes augmentations et demandé au Conseil d'administration de l'institution d'examiner la question de son maintien à la tête de la Banque.

Les conclusions du comité ad hoc nommé par le Conseil d'administration publiées lundi soir sont sans équivoque. Paul Wolfowitz a bien violé les règles de l'institution en accordant à sa compagne Shaha Riza, également salariée de la Banque, d'importantes augmentations de salaires.

Mais plus grave encore, ce comité ad hoc recommande au Conseil d'administration dans ses conclusions de "considérer si M. Wolfowitz est capable d'exercer le leadership nécessaire pour assurer que la Banque puisse continuer à fonctionner au mieux de ses capacités pour remplir son mandat".

Le Conseil d'administration a indiqué lundi soir qu'il se réunirait mardi à 17H00 locales (21H00 GMT) et qu'il entendrait à cette occasion Paul Wolfowitz, 63 ans, à la tête de l'institution depuis juin 2005.

Le Conseil a le pouvoir de renvoyer le président mais cela ne s'est encore jamais produit dans l'histoire de la Banque, créée aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale pour lutter contre la pauvreté dans le monde.

Selon des sources diplomatiques s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, la tactique retenue est plutôt de tenter de contraindre Paul Wolfowitz à démissionner face aux preuves réunies contre lui sans qu'il soit nécessaire de procéder à un vote formel du Conseil.

Paul Wolfowitz, 63 ans, jouit toujours du soutien de l'administration américaine qui l'a nommé à ce poste. Les Etats-Unis, en vertu d'une régle non écrite, nomment le président de la Banque mondiale et les pays européens celui de l'institution soeur, le Fonds monétaire international (FMI).

L'affaire remonte à l'été 2005, lorsque M. Wolfowitz --précédemment numéro deux du Pentagone et à ce titre l'un des architectes de la guerre en Irak-- a pris la présidence de la Banque.

C'est lui-même qui a alors prévenu les instances dirigeantes de l'institution de la relation qui l'unissait à Mme Riza, elle-même employée de la BM. Celles-ci avaient alors estimé que cette dernière devait être détachée au sein d'une autre administration, en l'occurrence le département d'Etat, mais c'est Paul Wolfowitz lui-même qui avait pris la décision de lui accorder d'importantes augmentations de salaire dans le cadre de ce détachement.

Sa ligne de défense a toujours été de dire qu'il avait pris cette décision sur les instructions de fonctionnaires de la Banque.

Mais le comité ad hoc a affirmé dans son rapport que "M. Wolfowitz pense que la responsabilité de la situation concernant Mme Riza incombe à d'autres. Il est présenté comme le nouveau venu au sein de l'institution qui obéissait simplement aux indications données par d'autres".

"Le Comité ad hoc trouve ce raisonnement troublant pour ce qu'il révèle d'un homme choisi pour diriger une institution dont le rôle central est la lutte contre la pauvreté", ajoute le rapport dont le ton d'ensemble est très dur à l'encontre du président de l'institution.

Depuis que cette affaire a éclaté il y a environ un mois, les associations du personnel de la BM et certains de ses cadres dirigeants ont réclamé la démission de M. Wolfowitz ainsi que certains Etats membres comme l'Allemagne.

Principal actionnaire de la BM avec environ 16,4% des voix, les Etats-Unis auraient besoin du soutien d'autres pays, en cas de vote, pour empêcher un renvoi du président.

Le Comité ad hoc souligne dans son rapport que c'est également la question de l'ensemble de la bonne gestion de la Banque que le Conseil d'administration doit aussi examiner.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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