Mobilisation à Bagdad pour retrouver les otages britanniques
Mobilisation à Bagdad pour retrouver les otages britanniques
Les autorités irakiennes et l'armée américaine tentaient mercredi de répliquer à l'audacieux enlèvement la veille de cinq Britanniques, en plein jour à Bagdad, par une bande d'hommes armés portant des uniformes de policiers, dans une ville qui rechute dans le chaos.
Cette opération, en plein coeur de la capitale, porte un coup sérieux au plan de sécurité lancé à la mi-février et qui comprend un dispositif de plus de 85.000 hommes, Américains et Irakiens, déployés dans Bagdad.
Dans la rue Palestine, les riverains étaient encore mercredi sous le choc de l'enlèvement, perpétré dans un bâtiment officiel du ministère des Finances.
"Quatre camionnettes remplies d'hommes armés sont arrivées. Ils portaient des uniformes des commandos de la police, ils étaient très polis, ils ont bouclé les issues et les magasins environnants", a raconté le propriétaire d'une boutique qui a requis l'anonymat.
"L'un d'entre eux avait le grade de commandant, un autre portait un costume. Ils sont entrés à l'intérieur, ils sont restés 15 minutes. Ils ont fermé la rue à la circulation et ensuite fait sortir les cinq étrangers de l'immeuble".
"Un fonctionnaire m'a raconté que le commandant avait demandé à l'intérieur +Où sont les étrangers ?+, avant de les menotter. Je n'ai entendu qu'un seul coup de feu et c'était probablement une erreur de manipulation", a ajouté le témoin.
"Aussitôt après leur départ, tous les employés du bâtiment sont sortis en courant, c'était l'hystérie, une vraie panique. Ils hurlaient qu'il y avait un enlèvement, que cinq Américains avaient été kidnappés", se souvient Saad Mohammed, qui travaille sur le parking du bâtiment.
A Londres, le Foreign Office a confirmé que les cinq personnes enlevées étaient toutes de nationalité britannique.
Il s'agit de quatre employés de la société de sécurité canadienne Garda World et de leur client, salarié de l'entreprise américaine de management BearingPoint, qui travaille en sous-traitance pour le gouvernement américain afin de relancer l'économie irakienne sinistrée.
Le site était gardé par 26 hommes du service de protection des installations.
"Quand ils sont arrivés, ils se sont présentés comme les membres de l'unité anti-corruption, ils ont pris des photos et ont assuré qu'ils avaient des ordres officiels", a expliqué l'un des gardes.
"Ils ont ensuite enlevé les étrangers mais l'un d'eux a réussi à se cacher dans les sous-sols".
Une vingtaine de gardes auraient été arrêtés par les forces américaines pour être interrogés, selon lui.
Cette opération a coïncidé avec deux nouveaux attentats qui ont fait 33 morts à Bagdad.
Le plan de sécurité lancé en février était destiné à lutter contre les violences, en grande partie confessionnelles, qui ensanglantent la capitale et y ont tué plus de 16.000 civils en 2006, selon les Nations Unies.
Le courant du chef radical chiite Moqtada Sadr a démenti toute implication dans l'enlèvement, présenté par certains comme une réponse à la mort d'un chef de l'armée du Mahdi, la milice sadriste, à Bassorah, au cours d'une opération des forces irakiennes et britanniques.
D'après plusieurs témoins, le convoi des ravisseurs s'est ensuite dirigé vers le quartier populaire chiite de Sadr city, bastion des milices radicales.
"C'est un mensonge, qui ne nous surprend pas étant donné que nos positions hostiles aux forces d'occupation sont bien connues. Même si les ravisseurs se sont dirigés vers Sadr city, cela ne veut pas dire qu'ils en sont originaires. Et le gouvernement irakien a de toute façon autorité sur tout le pays", a déclaré à l'AFP Nassar al-Roubaïe, un député du courant sadriste.
"C'est une accusation sans fondement. Cet enlèvement s'inscrit en faux contre la position pacifique annoncée par Moqtada Sadr", a souligné Salah al-Oubaïdi, porte-parole du courant Sadr dans la ville sainte chiite de Najaf.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt