Opération Anfal : « Ali le Chimique » condamné à mort
Les assassins continuent d'assassiner. Ali le Chimique va bientôt rejoindre son ami Saddam mais il nous semble qu'il devrait y en avoir d'autres au bout de la corde. Qui a fourni l'arsenal chimique à Saddam Hussein ? Les coupables sont connus. Mais eux n'ont pas l'insigne honneur d'être pendu. Ce qui n'est pas fait dans cette vie-là le sera dans une autre. "Celui qui tue par l'épée périra par l'épée." Et celui qui fait pendre aura aussi ce privilège. C'est ainsi que se passent les choses.
Peine capitale pour deux anciens dignitaires, prison à perpétuité
pour deux autres, un accusé acquitté faute de preuves
Opération Anfal : « Ali le Chimique » condamné à mort
«Ali le Chimique », cousin et proche collaborateur de Saddam Hussein, a été condamné à mort par pendaison hier à Bagdad, avec deux autres dignitaires de l’ancien régime irakien, pour le massacre de 182 000 Kurdes d’Irak en 1988. Les trois hommes étaient jugés avec trois autres hauts responsables du régime pour leur rôle dans une campagne d’exécutions de masse et de bombardements chimiques menée au Kurdistan irakien, dans le nord du pays, et baptisée opération « Anfal ». Le haut tribunal pénal irakien les a condamnés à la peine capitale pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Deux autres accusés ont été condamnés à la réclusion à perpétuité et le sixième acquitté faute de preuves.
Principale figure de ce procès, Ali Hassan al-Majid, surnommé « Ali le Chimique », a été le dernier à connaître son sort. L’homme, âgé de 66 ans, avait l’air épuisé et a écouté en silence la lecture du verdict. Le tribunal l’a reconnu coupable d’avoir ordonné aux forces de sécurité d’utiliser des armes chimiques contre les Kurdes. « Merci Dieu », a-t-il seulement lâché en quittant le tribunal après l’énoncé du verdict. L’ancien directeur adjoint des opérations militaires, Hussein Rachid al-Tikriti, lui aussi condamné à mort, n’a exprimé aucun remord. « Merci Dieu d’être exécuté au nom de la courageuse armée irakienne, longue vie à l’Irak et longue vie à la courageuse armée irakienne », a-t-il dit au moment où un vigile l’évacuait. L’ancien ministre de la Défense, Sultan Hachem al-Tai, a, quant à lui, clamé son innocence : « Je ne dirai rien de nouveau et je vous laisse à Dieu. Je suis innocent », a-t-il affirmé au moment où un vigile s’approchait du box des accusés pour l’emmener. Et le président du tribunal d’expliquer au cours de l’audience : « La peine est la pendaison pour avoir commis des crimes avec préméditation et tué des gens dans des circonstances cruelles. C’est un crime contre l’humanité. » Deux autres accusés, Farhan al-Joubouri et Sabir al-Douri, anciens dirigeants des puissants services du renseignement militaire, ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Enfin, le sixième accusé, Taher al-Ani, ancien gouverneur de Mossoul, a été acquitté pour « manque de preuves », comme l’avait demandé le parquet. Le ministère public avait en revanche requis la peine de mort pour les cinq autres.
Les défenseurs des anciens dignitaires s’apprêtent à faire appel, a annoncé à l’AFP le chef de l’équipe d’avocats basée à Amman, Khalil al-Doulaimi, bien que résigné. « Il est inutile de tenter de quelconques démarches légales contre les verdicts, mais nous avons l’intention de faire appel quoi qu’il en soit », a-t-il estimé. La Chambre d’appel doit recevoir les dossiers du procès dans un délai de 10 jours. Statuant sur la forme et non le fond, elle se prononce en général assez rapidement. Si l’appel est fondé, un nouveau procès doit avoir lieu. Dans le cas contraire, les peines doivent être appliquées dans un délai de 30 jours.
Réagissant à la décision du tribunal, le gouvernement régional du Kurdistan a estimé que l’aboutissement de cette procédure était « un triomphe pour l’État de droit et les pratiques démocratiques absentes sous l’ancien régime, mais que les autorités judiciaires s’efforcent de remettre en place dans l’Irak d’aujourd’hui ». En outre, de nombreux Kurdes sont descendus dans la rue pour exprimer leur joie, certains en agitant des banderoles et d’autres en dansant au son de la musique traditionnelle. Pour sa part, le député kurde Mahmoud Othman a affirmé que ce procès était « incomplet parce qu’à aucun moment il n’a été dit qui a aidé Saddam à fabriquer les armes chimiques, quels pays et quelles sociétés l’ont aidé à les utiliser contre nous ». Le parlementaire redoute par ailleurs que ce procès n’accentue encore les divisions intercommunautaires dans le pays, comme ce fut le cas après l’exécution de Saddam Hussein.
Sources Lorient le Jour
Posté par Adriana Evangelizt