76 morts, 185 blessés dans un attentat en Irak
Attentat suicide dans le nord de l'Irak :
au moins 76 morts, 185 blessés
Au moins 76 personnes ont été tuées et 185 blessées lundi dans un attentat suicide à la voiture piégée visant le bureau d'un parti politique kurde dans la ville pétrolière de Kirkouk, dans le nord de l'Irak.
Cette attaque risque d'accentuer les tensions ethniques dans la troisième ville du pays, que les leaders kurdes aimeraient voir rejoindre la région autonome du Kurdistan, alors que les Arabes et les Turcomans y sont farouchement opposés.
"La plupart des blessés, dont des femmes et des enfants, sont dans un état critique en raison de brûlures", a déclaré le chef de la police de Kirkouk, Bourhan Habib Tayyeb.
Après l'attentat, qui visait des locaux de l'Union patriotique du Kurdistan, le parti du président irakien Jalal Talabani, des véhicules de police ont parcouru les rues désertées de la ville en appelant la population à donner du sang.
Des témoins ont raconté que la plupart des bâtiments proches du lieu de l'explosion s'étaient effondrés, tandis que les secours ont retiré nombre de corps des décombres.
Des habitants se sont précipités dans les hôpitaux pour obtenir des nouvelles de leurs proches.
Un peu plus d'une heure après cet attentat, une voiture piégée a explosé près d'un marché de la ville, blessant une personne, tandis qu'une troisième attaque contre une patrouille de police au sud de Kirkouk a tué un officier et blessé trois autres policiers.
Le bâtiment visé par la plus violente attaque abrite aussi des organisations locales non gouvernementales, dont le comité olympique local, qui représentent un symbole du pouvoir kurde dans cette ville multiethnique.
Depuis l'invasion américaine de l'Irak en 2003, Kirkouk, où cohabitent des Arabes, des Kurdes et des Turcomans, a été bien plus épargnée par les violences que Bagdad.
Avant les attentats de lundi, des officiers américains avaient évoqué "un niveau de violence acceptable" dans la région de Kirkouk: explosion d'engins piégés, enlèvements et échanges de coups de feu, mais jamais d'attaque de l'ampleur de celle de lundi.
Ces attentats portent la marque des insurgés d'Al-Qaïda, qui se sont enracinés dans les villages sunnites de la région, où nombre d'entre eux ont un ressentiment vis-à-vis de ce qu'ils considèrent comme une domination kurde.
"La ville est une énorme ville pétrolière, mais les Kurdes contrôlent tout: les forces de sécurité, le gouvernement, le pétrole, tout", avait déclaré la semaine dernière à l'AFP un paysan sunnite arabe vivant au sud de Kirkouk.
Les tensions se sont accrues au cours des derniers mois en raison d'un article de la Constitution irakienne prévoyant un référendum avant de la fin de l'année sur l'adhésion ou non de la ville au gouvernement régional autonome du Kurdistan.
Après la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, nombre de Kurdes qui avaient fui les persécutions de l'ex-dictateur sont revenus à Kirkouk et contrôlent maintenant le gouvernement local et la plupart des forces de sécurité.
A Bagdad, deux attentats à la voiture piégée ont fait 11 morts et 20 blessés. L'un a visé une patrouille de police, tuant trois fonctionnaires et un civil, et blessant 20 personnes. La seconde voiture a explosé dans un quartier du centre de la capitale, tuant sept personnes dont trois enfants.
Par ailleurs, des milliers de soldats américains et irakiens ont lancé une vaste offensive contre les bastions d'Al-Qaïda au sud de Bagdad, en vue d'arrêter l'afflux d'armes dans la capitale irakienne, selon l'armée américaine.
L'opération "Marne Avalanche" cible les insurgés dans et autour de la ville sunnite de Jourf al-Sakhr, située entre la province d'Al-Anbar, à l'ouest, et la province centrale de Babylone, a précisé une porte-parole, le commandant Alayne Conway.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt