Irak: la colère des villageois kurdes chassés par les obus turcs

Publié le par Adriana Evangelizt

Irak: la colère des villageois kurdes chassés par les obus turcs

par Patrick Kamenka




«Les Turcs se comportent comme Saddam Hussein, ils nous bombardent et nous chassent de nos terres», raconte très en colère Khalwat Rachit, qui a fui Nezouri, un petit village du Kurdistan irakien, menacé par les tirs de l'artillerie turque.

Une quinzaine de familles de cette bourgade, à 60 km au nord-est de Zakho, ont trouvé refuge à Begova, une localité voisine qui abrite paradoxalement une base militaire turque, en vertu d'un accord passé en 1997 entre le parti de l'actuel président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, et Ankara.

«Raja, ma petite fille, n'en pouvait plus de ces tirs. Elle pleurait, elle faisait des cauchemars, alors nous avons décidé de fuir», poursuit cette villageoise de 50 ans, vêtue d'une longue robe traditionnelle kurde, les cheveux cachés par un foulard blanc.

«Nous n'avons plus rien, nous avons dû tout abandonner», poursuit-elle, appelant le gouvernement régional à l'aide.

L'ancien dictateur irakien «Saddam Hussein avait brûlé nos maisons pour nous chasser et nous avons dû fuir. Après la chute du tyran, nous sommes revenus à Nezouri et avons tout reconstruit avec l'aide de notre gouvernement», raconte encore la mère de famille.

«Et maintenant, c'est une autre dictature qui nous fait fuir de nos terres, de nos maisons», lance-t-elle, n'hésitant pas à comparer les autorités turques au régime du Baas irakien.

«Nous demandons à notre président (ndlr, Massoud Barzani) de nous aider car la vie ici est très dure, mon mari est handicapé, nous n'avons aucun salaire», lance Khalwat Rachit, la voix étranglée par l'émotion.

Pour sa part, le maire de Nezouri, Khalil Mirmeh, en costume traditionnel kurde, affirme que les maisons de son village ont été détruites par les bombardements turcs.

«Le pont du village a été détruit, ce qui isole totalement trois autres villages voisins où il est impossible de se rendre même à pied», assure-t-il, entouré de ses petits enfants.

«Mon frère a déjà été tué par les Turcs il y a 10 ans alors qu'il était dans son champ en train de travailler», se souvient ce sexagénaire.

Mais il se dit déterminé face à l'adversité: «Même s'ils viennent, nous sommes les plus forts, nous défendons nos terres, nos villages, et nos familles».

Montrant des bandes d'enfants courant dans les rues de la bourgade, autour des maisons abritant les déplacés, le maire de Nezouri s'exclame: «Il faut dire au monde entier que les Turcs doivent cesser ces bombardements contre des innocents».

Une délégation représentant huit ONG kurdes s'est rendue à Begova pour «témoigner des souffrances de ces réfugiés» et va «transmettre à l'ONU un rapport sur la situation», affirme Moussa Ahmed, l'un des dirigeants de ce groupe.

Quant au représentant du maire de Begova, Abdel Fayçal, il confirme que sur les 15 villages frontaliers de cette zone, cinq ont été bombardés par l'artillerie turque et trois de ces hameaux ont été évacués de leurs habitants, qui viennent se réfugier dans sa bourgade.

Sources Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt



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Publié dans TURQUIE

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