Vladimir Poutine choisit Dmitri Medvedev comme successeur
Vladimir Poutine en choisissant Dmitri Medvedev n'a pas agi à la légère, on s'en doute. Comme nous le disons sur le blog qui lui est consacré -mais qui n'est pas tout à fait fini- le leader russe est un fin stratège. Il n'a pas travaillé dans l'espionnite pour rien. Il connaissait Medvedev avant d'être président. On peut même dire qu'il fait parti de ses proches mais en opposition avec les "hommes en uniforme". On peut dire aussi qu'il doit à Poutine d'être là où il est aujourd'hui. En chosissant Medvedev, Poutine opte pour quelqu'un de jeune -né en 1965- d'allure moderne qui contraste énormément avec ce que l'on peut trouver habituellement au Kremlin mais surtout de très brillant intellectuellement. Il ne nous étonnerait pas que -s'il est élu- Medvedev choisisse Poutine comme Premier Ministre. D'ailleurs, il le dit déjà. Ce qui prouve bien que tout est concerté. Car il ne faut pas oublier que Poutine ne laissera pas son pays sombrer maintenant qu'il l'a redressé. Cependant, il va encore étonner le monde par ses nouvelles réformes en faveur du Peuple. Et notamment dans la redistribution des richesses. L'Occident pourrait copier.

Vladimir Poutine choisit Dmitri Medvedev comme successeur
par Marie Jego

Le président russe, Vladimir Poutine, a levé un coin du voile sur sa succession en approuvant, lundi 10 décembre, la candidature du vice-premier ministre, Dmitri Medvedev à l'élection présidentielle du 2 mars 2008. Désigné candidat par quatre partis, dont Russie unie, Dmitri Medvedev a reçu l'onction du maître du Kremlin : "Je le connais très bien depuis dix-sept ans. J'ai travaillé avec lui pendant toute cette période. Je soutiens complètement et totalement sa candidature", a approuvé Vladimir Poutine.
L'annonce met un terme aux rumeurs échafaudées par la presse sur l'après-Poutine. La désignation de Dmitri Medvedev, un juriste de Saint-Pétersbourg aux manières policées et au discours libéral, a été bien reçue. "Salut Medvedev !", titrait, mardi matin, Vedomosti, le quotidien des affaires, tandis que le journal Nezavissimaïa Gazeta faisait sa "une" sur "Le triomphe des libéraux".
Cet ancien juriste, qui a commencé sa carrière dans le sillage de Vladimir Poutine à la mairie de Saint-Pétersbourg, dans les années 1990, est l'un des rares, dans l'entourage présidentiel, à ne pas être issu des services de sécurité. Son langage et son ouverture tranchent singulièrement avec la culture politique locale. "Avec lui, nous n'aurons plus droit au "buter jusque dans les chiottes" et autres expressions du même genre", se félicitait, lundi, un auditeur de Radio Svoboda.
Chargé de la première campagne présidentielle de Vladimir Poutine à l'hiver 1999-2000, Dmitri Medvedev a connu une ascension rapide, prenant la tête de l'administration présidentielle puis la présidence du conseil d'administration du géant Gazprom. Depuis deux ans, il parcourt les provinces pour mettre en place les "programmes d'action nationale" (santé, logement, éducation), conçus par le président pour redresser le pays et dotés de 10 milliards d'euros jusqu'en 2020.
Cette fonction lui vaut la sympathie du public. "C'est grâce à lui que nous avons désormais accès à Internet dans la plupart des écoles", dit Varvara, institutrice à Moscou.
"HOMMES EN UNIFORME"
Dmitri Medvedev est perçu comme le chef de file du clan libéral, en opposition à celui des "silovikis" issus des services de sécurité. Ces "hommes en uniforme", tenants d'un discours nationaliste et antioccidental, sont partisans d'une plus grande intervention de l'Etat dans l'économie. Ils forment un puissant réseau qui tire les ficelles en politique et en économie. La désignation de Dmitri Medvedev a été saluée par les milieux d'affaires, inquiets du poids pris par les "hommes en uniforme". Avec la création des "corporations d'Etat", ces mégastructures opaques chargées des secteurs stratégiques et des investissements structurels, l'aile libérale du gouvernement semblait mise en minorité.
L'arrestation récente du vice-ministre des finances, Sergueï Stortchak, accusé d'avoir détourné des fonds du budget, n'a fait que renforcer cette impression. Responsable du Fonds de stabilisation (148 milliards de dollars), ce haut fonctionnaire avait son idée sur la façon de l'utiliser. Lui et son patron, le ministre des finances Alexeï Koudrine, soucieux d'éviter l'inflation, bataillaient ferme contre le clan des "silovikis" pour que l'argent ne soit pas injecté massivement dans l'économie.
Un compromis a été trouvé : une partie du Fonds ira aux projets grandioses que les corporations d'Etat doivent mener à bien (construction de routes, du site olympique de Sotchi, développement de technologies de pointe), mais le vice-ministre reste en prison. Alexeï Koudrine n'a même pas eu l'autorisation de lui rendre visite.
La nomination de Dmitri Medvedev ne lève pas toutes les interrogations, notamment celle sur la place qu'occupera Vladimir Poutine après l'élection présidentielle. Certains commentateurs assurent que trois dossiers échapperont à l'autorité du successeur : la politique étrangère, les corporations d'Etat - gérées personnellement par M. Poutine, qui y a nommé ses proches - et le FSB. Selon la sociologue Olga Krychtanovskaïa, la faiblesse de la position de Dmitri Medvedev "est son principal atout".
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt