La Pologne hausse le ton sur le bouclier antimissile américain

Publié le par Adriana Evangelizt

"Les mouches ont changé d'âne" comme disait notre grand-mère. Donald Tusk n'a rien à voir avec le jumeau Jaroslaw Kaczynski pro-américain en diable, le nouveau Premier ministre Polonais se rend le 8 février à Moscou et il écoutera sûrement avec attention le sieur Poutine lorsqu'il lui démontrera que le fameux bouclier anti-missile n'a rien à voir avec l'Iran. On notera la franchise de Tusk... "Je suis responsable de la sécurité des Polonais et non pas de la sécurité des Etats-Unis..." ou encore "Ce n'est pas un projet polonais mais américain. Nous ne nous sentons pas menacés par l'Iran". Mais Sean Mac Cormack reste malgré tout convaincu de parvenir à un accord, arguant "C'est dans l'intérêt de nos deux pays. (..) C'est dans l'intérêt d'autres pays européens", on se demande où est l'intérêt des européens là-dedans. On penserait même que c'est plus une nuisance qu'autre chose.

La Pologne hausse le ton sur le bouclier antimissile américain


Le nouveau gouvernement polonais a haussé le ton mercredi face à Washington en exigeant des Etats-Unis que la sécurité de la Pologne soit renforcée si des éléments du bouclier antimissile américain sont installés sur son sol.

"Notre accord sur l'installation d'éléments du bouclier américain est lié à la possibilité de renforcer la sécurité de la Pologne", a déclaré le Premier ministre Donald Tusk.

Il a fait cette déclaration à la veille de multiples consultations sur le sujet avec les Etats-Unis, la Russie, très hostile au projet, et la République tchèque, qui négocie aussi avec Washington sur la possibilité qu'elle accueille d'autres éléments du bouclier.

"Pour l'instant, au cours des négociations menées par nos prédécesseurs (les conservateurs de l'ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczynski), nous n'avons pas reçu d'assurances, ni de garanties que sa mise en place augmenterait le niveau de la sécurité du pays", a déclaré M. Tusk.

"Je suis responsable de la sécurité des Polonais et non pas de la sécurité des Etats-Unis, avec tout le respect que je porte à notre allié", a-t-il dit.

La Pologne, membre de l'Otan depuis 1999, dispose de systèmes de défense aérienne obsolètes, conçus par les Soviétiques du temps où elle était un pays satellite de l'URSS.

En retour de son feu vert pour le bouclier, la Pologne souhaiterait la fourniture par les Etats-Unis d'un système de défense de dernière génération contre les missiles à courte ou moyenne portée (de type Patriot PAC-3 ou THAAD).

Le ministre polonais de la Défense, Bogdan Klich, présentera ces exigences mardi à Washington au secrétaire américain à la Défense Robert Gates.

Le gouvernement précédent de Jaroslaw Kaczynski, qui était très favorable au projet, comptait parvenir à un accord sur le bouclier avant même la fin de l'année écoulée. Mais sa défaite aux élections anticipées du 21 octobre a tout remis en question.

Les négociations avaient été entamées en mai 2007 et poursuivies malgré les vives protestations de la Russie, qui voit dans le projet américain une atteinte directe à sa sécurité.

Le gouvernement de centre-droite de Donald Tusk, qui cherche à renouer les relations avec la Russie après deux ans de paralysie sous le gouvernement Kaczynski, veut écouter les arguments de Moscou. Jeudi, un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak, vient à Varsovie avant un déplacement de Donald Tusk à Moscou le 8 février.

Auparavant, Donald Tusk se rend jeudi à Prague pour discuter des mêmes questions avec le président tchèque Vaclav Klaus et le Premier ministre Mirek Topolanek.

Les Etats-Unis voudraient installer en Pologne dix missiles intercepteurs et un radar ultra-perfectionné en République tchèque pour parer à une éventuelle menace de la part de l'Iran.

"Nous n'avons pas encore pris de décision. Ce n'est pas un projet polonais mais américain. Nous ne nous sentons pas menacés par l'Iran. Mais lorsqu'un allié important nous fait une demande importante, nous la traitons très sérieusement", a déclaré samedi le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski.

Jusqu'à présent, les Etats-Unis se sont abstenus de critiquer ces signaux de réticence.

"Nous restons confiants dans la possibilité de parvenir à un accord", a déclaré lundi le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. "C'est dans l'intérêt de nos deux pays. (..) C'est dans l'intérêt d'autres pays européens", a-t-il déclaré.

Mais la Pologne va probablement retarder sa décision jusqu'à l'élection d'un nouveau président américain en novembre. "Le pire scénario, ce serait un accord pour le bouclier de la part de la Pologne, qui en supporterait tous les frais politiques, alors que la base (abritant les missiles, ndlr) ne serait pas construite en raison d'un changement de gouvernement aux Etats-Unis", a déclaré M. Sikorski.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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