LE TEMOIN A CHARGE EMBARRASSE MEHLIS
Les choses ne vont pas tout à fait se goupiller comme tout le monde l'avait prévu. On remarquera dans l'article de l'Express ci-dessous, le parti-pris affiché. La Syrie est automatiquement pointée du doigt, accusée de fourberie et de mensonges. Les journalistes qui sont sensés nous informer ne font aucune enquête. Ils suivent le courant. Fini le bon vieux temps où les scoops inédits venaient rompre la monotonie de l'ordre établi. On donne à gober aux moutons français ce qu'il doit entendre et non ce qui est. Les médias de gauche comme de droite sont une honte pour notre pays.
Dans ce document soumis en octobre au Conseil de sécurité, le procureur allemand estime que l'attentat au camion piégé en février contre le cortège de Hariri n'aurait pu être commis sans l'assentiment de certains responsables de la sécurité libanaise, incarcérés depuis, et syrienne, qu'il doit entendre une nouvelle fois la semaine prochaine.
Le quotidien An Nahar rapporte l'étonnement de Mehlis en constatant que les autorités syriennes ont exhibé Hossam à la télévision sans que la commission d'enquête nationale mise sur pied par la Syrie à la demande de l'Onu ait même demandé à l'entendre.
De source autorisée syrienne, on a, sur ce point, déclaré à Reuters que, "contrairement à ce qui a été publié, Hossam a été interrogé en Syrie et le procès-verbal de son interrogatoire a été adressé à M. Mehlis mardi".
Toujours selon la presse libanaise, Mehlis n'a pas exclu de demander à interroger d'autres responsables syriens que les cinq qu'il entendra selon son voeu du 5 au 7 décembre dans les locaux de l'Onu à Vienne - un lieu extraterritorial qui a fait l'objet d'âpres négociations de la part de Damas.
Mehlis, qui avait demandé initialement à interroger six responsables de la sécurité syrienne, dont le général Assef Chaoukat, chef des services de renseignement et beau-frère du président Bachar Assad, a démenti avoir passé avec Damas un marché épargnant à certains de répondre à ses questions.
"Nous interrogerons qui nous voulons interroger. Soit la coopération est totale, soit ce n'est pas de la coopération. Si les investigations commandent des arrestations, la commission réclamera ces arrestations et les autorités syriennes devront s'exécuter", a-t-il martelé.
Mehlis doit remettre son rapport final le 15 décembre au Conseil de sécurité, qui a laissé entrevoir d'éventuelles sanctions contre la Syrie si elle ne collaborait pas pleinement à l'enquête.
Selon Ibrahim Gambari, sous-secrétaire général de l'Onu pour les affaires politiques, l'enquête devrait continuer au-delà de cette échéance "avec ou sans Mehlis". "Il est très clair qu'il aura besoin d'une prolongation et le gouvernement libanais se dit prêt à approuver une telle prolongation", a-t-il estimé mercredi.