ABRAMOFF, L'HOMME QUI FAIT TREMBLER L'AIPAC
Voilà donc la suite des tribulations d'Abramoff dont nous avons parlé récemment... mais le Monde ne dit toujours rien sur les relations sionistes américano-israéliennes dont Abramoff était le porte-valise. Ni Libération non plus comme vous pourrez le constater. Et pourtant l'homme fait trembler l'Aipac plus que tout le reste. Car s'il balance tous les parlementaires que l'Organisation pro-israélienne a généreusement rétribué pour bloquer nombre de votes en faveur d'Israël, croyez-nous, ça va faire du bruit. Il nous étonnerait fort qu'Abramoff puisse aller à son procès. Nous lui recommandons encore de bien s'entourer de gardes du corps car sa vie est sérieusement menacée.
L'affaire Abramoff révèle l'ampleur de la corruption au sein du parti républicain
par Alain Salles
La majorité républicaine n'a de cesse, ces derniers jours, d'essayer d'atténuer les effets du scandale Abramoff, "l'homme qui a acheté Washington", selon le titre de l'hebdomadaire Time. Le président de la Chambre des représentants, Dennis Hastert, a annoncé, dimanche 8 janvier, qu'il allait durcir les règles qui régissent les relations entre les parlementaires et les lobbyistes.
Jack Abramoff, lobbyiste flamboyant et républicain convaincu, a plaidé coupable, mardi 3 janvier à Washington et mercredi 4 janvier à Miami, pour escroquerie, fraude fiscale et corruption de responsable public dans le cadre de deux enquêtes, qui jettent une lumière crue sur ce que les démocrates, mais aussi l'ancien président républicain de la Chambre, Newt Gingrich, appellent une "culture de corruption".
M. Hastert lui-même fait partie des parlementaires qui ont bénéficié des faveurs de Jack Abramoff. Il a déclaré qu'il allait reverser à des organismes caritatifs les 60 000 dollars reçus de cet homme d'influence. Au moins une vingtaine d'hommes politiques ont fait de même, ainsi que la Maison Blanche qui va rendre les 6 000 dollars directement versés par M. Abramoff et ses proches pour la campagne présidentielle de 2004. Des démocrates, comme le chef de la minorité au Sénat, Harry Reid, ont également eu leur part des largesses du lobbyiste.
"Plusieurs démocrates peuvent se trouver dans une situation politique délicate, mais le problème atteint l'ensemble du Parti républicain, affirme Thomas Mann, de l'Institut Brookings. La majorité républicaine au Congrès a construit une formidable machine politique, s'appuyant sur de très proches relations avec les lobbyistes et le monde des affaires" explique-t-il. En outre, l'ascension de Jack Abramoff a accompagné la prise de contrôle des principaux leviers du pouvoir par le Parti républicain qui s'est transformé en une machine de guerre capable de lever des montagnes d'argent, sous l'impulsion de l'ancien chef de la majorité à la Chambre des représentants, Tom DeLay, aujourd'hui englué dans les scandales qui ont provoqué sa démission.
LE PROJET K STREET
M. DeLay a mis en place le Projet K Street, du nom de la rue de Washington, où la plupart des cabinets de lobbying sont installés. Ce projet consistait à la fois à faire entrer des républicains dans ces bureaux et à faire passer le message que verser des contributions au Parti républicain était le meilleur moyen de se faire entendre de l'administration.
Tom DeLay est la première victime de l'affaire Abramoff. Il a annoncé, samedi 7 janvier, qu'il renonçait définitivement à son poste stratégique de chef de la majorité à la Chambre. Mis en examen en septembre 2005, pour blanchiment d'argent dans le cadre de campagnes électorales au Texas, M. DeLay s'était alors retiré "temporairement", en annonçant qu'il reviendrait bientôt. Ce ne sera pas le cas, et il prive ainsi le gouvernement Bush d'un allié essentiel — auquel le président n'a cessé d'accorder des témoignages de confiance — dans une période tourmentée pour la Maison Blanche. Mais celui qui est surnommé "le marteau" est devenu trop encombrant, à quelques mois d'une campagne législative, qui peut mettre en péril la majorité républicaine.
Un seul parlementaire est, pour l'instant, cité comme "le représentant numéro un" dans le témoignage de M. Abramoff. Il s'agit d'un républicain de l'Ohio, Robert Ney, qui, selon M. Abramoff, a bénéficié de nombreux voyages, contributions financières et invitations à des événements sportifs, pour l'inciter à agir dans l'intérêt de ses divers clients (tribus indiennes propriétaires de casinos de jeux, entreprises pétrolières russes ou une société de télécommunications israélienne).
Selon plusieurs enquêtes de presse, M. DeLay aurait également bénéficié de nombreux voyages payés par M. Abramoff et ses clients. Mais les liens entre le Texan et le lobbyiste vont au-delà. Plusieurs anciens proches de Tom DeLay, de son porte-parole à son chef de cabinet, ont également travaillé pour M. Abramoff et sont mis en examen. Le scandale Abramoff ne fait que commencer, puisqu'il s'est engagé à collaborer à l'enquête, ce qui donne des sueurs froides à de nombreux parlementaires.
Il ne semble pas y avoir de liens directs entre M. Bush et le lobbyiste, mais l'affaire a déjà atteint la Maison Blanche, en septembre 2005, avec la mise en examen pour obstruction de justice de David Safavian, ancien collaborateur de M. Abramoff, qui était alors responsable de la politique d'achats de l'administration fédérale.
Sources : LE MONDE
Jack Abramoff, le lobbyiste qui fait peur à Bush
Poursuivi pour corruption, il pourrait faire des révélations.
Lorsqu'il s'est rendu au tribunal, mardi à Washington, pour plaider coupable de fraude, évasion fiscale et corruption active, le lobbyiste Jack Abramoff avait revêtu sa plus belle tenue de gangster : trench-coat noir et borsalino assorti. Le lendemain, coiffé d'une casquette, il était en Floride pour plaider de nouveau coupable, dans une affaire concernant le rachat frauduleux de bateaux-casinos.
Abramoff, 46 ans, naguère l'un des plus puissants et flamboyants lobbyistes républicains au Congrès, est maintenant considéré sur la colline du Capitole comme une grenade dégoupillée. Car il ne tombera pas seul. S'il a plaidé coupable, c'est à la suite d'un compromis négocié avec la justice. Pour obtenir une peine réduite à une dizaine d'années de prison (il en risquait trente) il s'est engagé à fournir aux procureurs des preuves concernant la corruption de parlementaires. Dans les documents présentés à la cour, un seul représentant (Bob Ney, de l'Ohio) est mentionné. Mais un déballage est attendu. «On est probablement en présence du plus grand scandale parlementaire de l'histoire», prédit Melanie Sloan, directrice de Citizens for Responsability and Ethics, une organisation basée à Washington. Entre 1994 et 2004, Abramoff, qui représentait plusieurs tribus indiennes (qu'il volait au passage), s'était lié à des républicains, à commencer par le Texan Tom DeLay, ex-leader de la majorité à la Chambre, qui a démissionné l'an dernier après son inculpation dans une affaire de financement électoral. Pour les républicains, l'affaire est le premier coup dur de l'année. La représentante de Californie, Nancy Pelosi, qui dirige la minorité démocrate à la Chambre, a dénoncé la «culture de corruption», pendant que Howard Dean, le président du parti démocrate, a pris à partie Bush, l'invitant à rendre les fonds levés par Abramoff pour sa dernière campagne, soit 100 000 dollars. La Maison Blanche a assuré que le Président «ne connaissait pas» Abramoff. Bush compte reverser à l'American Heart Association, qui lutte contre les maladies cardiaques, les 6 000 dollars donnés par Abramoff et ses clients. Mais pas les 100 000 dollars que le lobbyiste avait levés.
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt