Un fin de non recevoir pour Rice en Egypte
L'Egypte a quand même "osé" dire ce qu'elle pensait au sujet du Hamas. Et la Rice, elle vient là et elle a pas honte de faire la morale et de traiter les autres de terroristes. Non, pas honte du tout. Elle parle du nucléaire iranien mais dès que Ahmed Aboul Gheit lui parle de l'arsenal israélien, là elle fait comme si elle n'était pas au courant... quelle bande d'hypocrites et de dissimulateurs.
L'Egypte refuse d'isoler le Hamas, imposant une fin de non recevoir à Rice
L'Egypte a demandé mardi de donner "du temps" au Hamas, imposant ainsi une fin de non-recevoir à Washington qui cherche à isoler le mouvement intégriste palestinien pour le contraindre à reconnaître Israël et renoncer à la violence. "Nous devrions donner du temps au Hamas", a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, à l'issue d'entretiens au Caire avec la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice.
"Je suis sûr que le Hamas va se développer, va évoluer. Nous ne devrions pas préjuger de l'issue" de ses discussions internes, a ajouté M. Aboul Gheit au cours d'une conférence de presse commune avec Mme Rice, qui entamait au Caire une tournée au Proche-Orient de cinq jours.
"Ce n'est qu'une question de temps", a insisté le chef de la diplomatie égyptienne.
M. Abbas a chargé mardi officiellement un dirigeant du Hamas, Ismaïl Haniyeh, de former un gouvernement, après la victoire écrasante du mouvement islamiste aux législatives palestiniennes face au mouvement Fatah du président de l'Autorité palestinienne.
"Nous sommes sûrs que les Palestiniens reconnaîtront les exigences de la situation", a poursuivi le ministre égyptien. Il a cité parmi ces exigences la Feuille de route, le plan de paix défendu par le Quartette international pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union Européenne, Russie, Onu) et "la nécessité de parvenir à un règlement pacifique entre Israéliens et Palestiniens".
Mme Rice a affirmé que le Hamas devait choisir entre "terrorisme et politique". "Vous ne pouvez pas avoir un pied dans le camp du terrorisme et un autre dans le camp de la politique", a-t-elle déclaré.
Les Etats-Unis, tout comme l'Union européenne et les autres pays donateurs des Palestiniens ont lié le maintien de leur aide à la reconnaissance d'Israël par le Hamas, son renoncement à la lutte armée et son acceptation des accords israélo-palestiniens passés, ce que le mouvement refuse de faire.
Les Etats-Unis ont demandé à M. Abbas de rembourser 50 millions de dollars déjà octroyés, de peur qu'ils ne tombent entre les mains du Hamas, qu'ils considèrent comme un mouvement terroriste.
Le chef de la diplomatie égyptienne n'a pas caché sa réprobation après la décision israélienne de geler des transferts de fonds dus aux Palestiniens, représentant 30% du budget de l'Autorité palestinienne
"Nous nous opposons à la politique du gouvernement israélien de priver les Palestiniens du droit de recevoir leur dû", a-t-il déclaré.
Les divergences entre M. Aboul Gheit et Mme Rice ont également éclaté sur les progrès démocratiques en Egypte, jugés insuffisants par Washington qui a suspendu les discussions sur un traité de libre-échange avec Le Caire.
Notant que depuis sa précédente visite au Caire en juin, "beaucoup de changements" s'étaient produits dans le pays, Mme Rice a affirmé qu'ils avaient été accompagnés de "déceptions et de reculs".
Soulignant s'exprimer "en amie et non en juge", elle a appelé le pays à poursuivre les réformes. "L'Egypte peut et sera le leader de l'ensemble de cette région. C'est une déclaration pas seulement d'espoir, mais de confiance dans notre amie l'Egypte", a-t-elle assuré.
Les deux pays ont également affiché des positions divergentes sur la question du nucléaire iranien.
M. Aboul Gheit a réaffirmé la nécessité pour Israël de rejoindre le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), plaidant pour un Proche-Orient libre de toute arme de destruction massive, s'abstenant de critiquer Téhéran.
Mme Rice a refusé de condamner l'Etat hébreu, qui n'a jamais reconnu posséder l'arme nucléaire, rappelant en revanche que le régime iranien "a menti pendant 18 ans" sur son programme nucléaire.
Sources : YAHOO FR