Constat affligeant en IRAK

Publié le par Adriana Evangelizt

Des signes du désarroi américain

par Gérald Papy

«Nous avons ouvert la boîte de Pandore» reconnaît l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Zalmay Khalilzad. L'occupation a fait quatre fois plus de morts, parmi les civils irakiens, que la guerre. La fermeture d'Abou Ghraïb n'a qu'une valeur symbolique.

«Nous avons ouvert la boîte de Pandore et la question qui se pose désormais, c'est: comment faire pour avancer?». Le propos n'émane pas d'un «irresponsable» opposant au camp de la guerre déclenchée il y a presque trois ans mais de l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Zalmay Khalilzad, dans un entretien il y a quelques jours au «Los Angeles Times». S'il n'est pas encore officiellement assumé par l'administration Bush, ce constat illustre en tout cas le désarroi grandissant dans lequel le bourbier irakien plonge les responsables américains.

Alors que les attentats et attaques ciblées tuent quotidiennement, un enlèvement sans précédent a ajouté au chaos qui gagne l'Irak. Ce sont finalement 33 employés de la société de sécurité privée al Rawafed, filiale de la société jordanienne Action Group qui assure la protection de la compagnie de téléphone mobile Iraqna, qui ont été pris en otages mercredi par des hommes vêtus en uniforme militaire. Dans l'Irak en proie à l'instabilité récurrente, le marché de la sécurité privée a fait florès pour la protection des ministres ou des puits de pétrole... Certains agents de ces sociétés avaient déjà été pris pour cibles des terroristes, tués lors d'attaques ou d'attentats, c'est la première fois qu'ils sont la cible d'une prise d'otages de grande ampleur.

Au-delà de cette nouvelle escalade, c'est le bilan en pertes humaines de l'occupation qui interpelle. D'après les statistiques de l'organisation anglo-américaine «Iraq Body Count», plus de 30000 civils irakiens (30260) seraient morts depuis la fin officielle de la guerre qui, elle-même, aurait coûté la vie à 7312 civils. Evolution éloquente, le nombre de victimes n'aurait cessé de grimper au fil des trois «années d'occupation» : 6331 tués entre mai 2003 et mars 2004; 11312 entre mars 2004 et mars 2005; 12617 entre mars 2005 et mars 2006 (lire tableau ci-contre).

Face à ce constat accablant, la puissance américaine fait mine de réagir. Jeudi, l'armée a annoncé la fermeture, probablement dans un délai de trois mois, de la prison d'Abou Ghraïb de sinistre mémoire, théâtre des exactions photographiées des soldats américains sur les prisonniers irakiens. Ses 4500 détenus seront transférés dans d'autres centres de détention en Irak. La décision ne changera sans doute pas le ressentiment d'une partie de la population à l'encontre des militaires étrangers et aura surtout une dimension symbolique.

Gouvernement d'union

Dans une démarche plus conséquente, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a exhorté une nouvelle fois jeudi à la formation rapide d'un gouvernement d'unité nationale toujours en attente depuis les élections du 15 décembre. «Il faut que les principales parties prenantes de ce pays reconnaissent la gravité de la situation, s'unissent pour former un gouvernement d'unité nationale qui gouvernera au centre et le fassent assez rapidement», a déclaré M. Rumsfeld. «C'est ce qui permettra de calmer un peu plus la situation», a-t-il enchaîné.

M. Rumsfeld a admis que les tensions communautaires étaient fortes en Irak après le dynamitage d'un mausolée chiite le 22 février à Samarra. C'est «la boîte de Pandore ouverte» reconnue par l'ambassadeur Zalmay Khalilzad. Elle n'est pas prête de se refermer.

Sources : LA LIBRE

Posté par Adriana Evangelizt

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