Poutine, le stratège
Poutine le stratège qui sait très bien que la confrontation aura bientôt lieu et qui noue ses alliances avec des pays étant dans le collimateur des USA... en espérant que la France fera le bon choix. Parce que sinon, on émigre et on va en Russie...
Moscou charme les capitales arabes
Conforté par ses importantes réserves en hydrocarbures et sa présidence du G8 cette année, la Russie est en train de revenir sur le devant de la scène au Proche-Orient - en compétition avec les Etats-Unis - pour la première fois depuis la chute de l’URSS en 1991.
Les gros contrats de ventes d’armements à l’Algérie annoncés vendredi montrent la détermination de Moscou à retrouver son influence dans le monde arabe, que ce soit par les livraisons d’armes, le nucléaire civil ou des contre-propositions face à la diplomatie occidentale. Le dernier signe de cette politique ardemment mise en oeuvre par le président Vladimir Poutine est venu avec sa visite vendredi en Algérie, où la Russie a fait état de contrats d’un montant de 7,5 milliards de dollars (6,3 milliards d’euros) avec Alger. Des contrats qui marquent un peu plus le retour de la Russie à des niveaux d’exportations d’armes dignes de l’époque soviétique. En 2005, la société publique d’exportations d’armes, Rosoboronexport, avait ainsi annoncé ses meilleurs niveaux de vente depuis des années, à 6,1 milliards de dollars, essentiellement à destination de la Chine, de l’Inde et d’anciens clients de l’Union soviétique dans le monde arabe, comme l’Algérie. Le fait que la visite de M. Poutine à Alger a été l’occasion d’annoncer simultanément l’effacement de l’ensemble de la dette algérienne envers la Russie, estimée à 4,7 milliards de dollars, révèle la nature politique de ces ventes d’armes, selon les analystes à Moscou. «Il n’y a jamais eu d’accord comme celui-ci dans l’histoire de la coopération militaro-industrielle russe », commentait le journal des affaires Kommersant samedi, consacrant sa Une à la visite de M. Poutine à Alger. Evgueni Satanovski, président de l’Institut du Proche-Orient à Moscou, juge que la visite de M. Poutine a été «très bien préparée ». «Pendant une longue période, nous n’avons fait que suivre la politique du monde occidental. Maintenant la situation est différente. C’est très positif », dit-il. «Cette visite fait partie de la politique générale de la Russie au Proche-Orient, qui tend à se réaffirmer comme une puissance indépendante », souligne l’analyste Alexeï Malachenko, du Centre Carnegie de Moscou. Une politique lancée en avril 2005 avec la visite de Vladimir Poutine en Israël et dans les territoires palestiniens et qui va aujourd’hui de l’invitation récente du mouvement radical palestinien Hamas à Moscou à la tentative de s’imposer comme l’artisan incontournable d’un plan de sortie de crise pour le nucléaire iranien. «La politique russe au Proche-Orient est devenue très active. Nous y revenons, car pour un temps la Russie s’en était évaporée. Alors, Moscou ne faisait que soutenir les initiatives occidentales », ajoute M. Malachenko, rappelant que la Russie venait alors de «perdre la guerre froide ». «Maintenant, la stratégie géopolitique a changé. Le rapprochement avec l’Occident est fini. La Russie a pris sa propre voie. Désormais (elle) voit son rôle dans la médiation entre l’Occident et le monde musulman », ajoute-t-il. L’invitation du Hamas à Moscou a été fraichement accueillie en Occident, et l’Iran n’a toujours pas accepté de renoncer à ses propres activités d’enrichissement en contrepartie de la proposition d’enrichir son uranium en Russie. Autant d’offensives diplomatiques qui peuvent s’avérer risquées et conduire Moscou à l’isolement en cas d’échec, met en garde M. Malachenko. Une autre cible des critiques occidentales, la Syrie, doit être au centre des efforts diplomatiques russes la semaine prochaine, avec la venue à Moscou du chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem. Sources : LA LIBRE Posté par Adriana Evangelizt